Paul Reveilhac

Résumé

Paul Reveilhac Étapes d'un mobile parisien (1886)

Dès sept heures du soir, les troupes arrivent bruyamment se masser derrière la gare, derrière la batterie de Clamart, dans la grande tranchée du chemin de fer, dans la petite tranchée qui relie Vanves à Issy. Sacs et bidons ont été emportés par le soldat, absolument comme si l'on avait l'intention de lui faire percer les lignes prussiennes.
Le froid est intense. Les hommes battent la semelle. Les bidons, les quarts, les sabresbaïonnettes s'entre-choquent et font une musique qui rappelle vaguement quelque ranz des vaches.
Source : Gallica

Paul Reveilhac Étapes d'un mobile parisien (1886)

Là-haut, c'est Châtillon. Derrière la montagne, vous devinez Robinson, Fontenay-aux-roses, cette première étape de la vie, pour vous, anciens élèves de Sainte-Barbe. A gauche, voici Bagneux et son bois, où il fait si bon cueillir la fraise, à deux, dit la chanson ; en face de nous, Glamart ; puis, sur la droite, le val Fleury, Meudon, la Seine, Saint-Cloud!
Perdus au milieu de vignes et de bois, villas, châteaux, palais s'étagent sur les flancs de ces coteaux pleins de poésie et de richesses, que
commencent à cuivrer les premiers jours d'automne.
Source : Gallica

Paul Reveilhac Étapes d'un mobile parisien (1886)

Il faut gagner le cimetière d'Issy, qui est là, à cent mètres. Une tranchée y conduit : comment la suivre? Une boue liquide la remplit à moitié et entrave la marche. Autant prendre à travers champs. Le péril n'est guère plus grand : peu de projectiles éclatent sur cette terre molle, où le dégel a passé. Le danger est surtout là derrière : ces mouches, grosses comme des papillons, qui voltigent devant les yeux, qui
bourdonnent aux oreilles, sont tout simplement des éclats d'obus!
Source : Gallica

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