Résumé

Faits et gestes d'un bataillon de mobiles… (1871)

La population de Paris, si avide de spectacles, a une belle occasion de se divertir les yeux et elle en profite ; les promeneurs font la haie sur notre passage, ce qui nous flatte passablement; ils nous acclament, ce qui nous flatte énormément ; disons-le sans vergogne, le bataillon remporte un succès fou ; les Parisiens s'extasient sur notre brillante musique; ils admirent la tournure martiale de nos mobiles, leur entrain et leur bonne humeur, et regardent curieusement les sacs ornés de tous les effets de campement, de haches, de scies, de marmites, de gamelles et du classique pain rond.
Source : Gallica

Faits et gestes d'un bataillon de mobiles… (1871)

Notre artillerie crible d'obus les batteries de Pont-Iblon et de Blanc-Mesnil. Le bataillon débouche sur le lieu de l'action et prend position derrière l'artillerie. Toute la journée, on se canonne; toute la journée, nous restons en place, grelottant de froid, car le temps a changé : il gèle à pierre fendre. Au plus fort de la canonnade, un lièvre et une compagnie de perdreaux
viennent tomber au milieu de nos mobiles, comme la manne dans le désert : pas un ne leur échappe. Vers quatre heures du soir, on nous envoie creuser une tranchée devant le Bourget.
Source : Gallica

Faits et gestes d'un bataillon de mobiles… (1871)

L'ennemi retient aux portes de Paris tous les défenseurs dévoués de la capitale et les écrase de ses obus ; ainsi se trouve sans cesse diminué le nombre des troupes opposables à l'insurrection ; ainsi se trouve facilitée la glorieuse tâche des communistes. Quant à l'amour de la patrie, ils n'y restent pas insensibles, mais leur amour est d'une nature particulière : ils aiment la patrie comme le prodigue aime un sac d'écus ; ils souhaitent de conquérir le pouvoir, afin de prendre l'argent dans les poches de tout le monde et de ne se refuser aucune douceur.
Source : Gallica

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