Résumé

Dodillon La mobile de Provins : impressions et souvenirs (1872)

C'est le plus hideux tableau de la guerre que l'œil humain puisse contempler, que l'imagination puisse rêver !
Un peu avant que nous quittions le parc, les hommes du dépôt de Courbevoie, qui avaient reçu l'ordre de rejoindre le bataillon, nous étaient arrivés. Ce ne furent pas les moins émus, eux que rien n'avait encore habitués à voir sans frémir un spectacle pareil.
Bientôt nous longeons la Marne et passons sous le viaduc de Nogent. Une pluie fine commence à tomber; elle rend la marche très-pénible, le sol étant gras et glissant.
Source : Gallica

Dodillon La mobile de Provins : impressions et souvenirs (1872)

Une impression que je n'oublierai pas de constater est celle-ci : un jour nous fûmes relevés, aux travaux du moulin, par diverses compagnies du ier bataillon de notre régiment, ce bataillon de Fontainebleau qui avait combattu à la Malmaison. On les regardait défiler avec un sentiment qui n'était, si l'on veut, ni de la déférence, ni de l'envie, ni de l'admiration ; mais on leur sentait une certaine supériorité consacrée par le baptême du feu, et on ne pouvait s'empêcher de se considérer comme n'étant, à côté d'eux, que de simples conscrits.
Source : Gallica

Dodillon La mobile de Provins : impressions et souvenirs (1872)

Pauvres artilleurs! qu'ils ont été éprouvés ce jour-là! Leur infériorité numérique les oblige à recevoir plus de coups qu'ils n'en peuvent rendre. Dieu sait pourtant combien ils se multiplient; on les voit s'avancer sous la mitraille et manœuvrer dans ce tourbillon de fer et de feu. Mais, hélas ! il faut reconnaître que le tir ennemi est plus rapide, et par suite plus efficace; la différence est bien de trois coups contre deux des nôtres.
A quatre heures, la lutte tire à sa fin, et le commandant du détachement vient chercher les compagnies réfugiées dans la tranchée.
Source : Gallica

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