Amédée Achard,
Les Récits d’un soldat
“ A mon arrivée à Châlons, la gare et les salles d’attente, les cours, les hangars, étaient remplis d’écloppés et de blessés couchés par terre, étendus sur des bancs, s’appuyant aux murs. Là étaient les débris vivans des meurtrières rencontres des premiers jours : dragons, zouaves, chasseurs de Vincennes, turcos, soldats de la ligne, hussards, lanciers, tous hâves, silencieux, mornes, traînant ce qui leur restait de souffle. Point de paille, point d’ambulance, point de médecins. Ils attendaient qu’un convoi les prît. Des centaines de wagons encombraient la voie. ”
