Jacques Normand

Résumé

Jacques Normand Contes à Madame (1890)

La jeune fille se dresse sur ses genoux et, montrant le bien-aimé étendu :
— Vous l'avez tué, mon père, et j'en meurs !
... Un regard autour d'elle, un faible soupir... et elle retombe morte, sur le corps de celui qui n'est plus.
A se faire pardonner cette double mort le baron de Malaunay employa tout le reste de sa vie.
Sur le rocher même, au prix de peines infinies, il fit construire — lui, le mécréant maudit — un superbe prieuré, et dans ce
prieuré un tombeau de marbre et d'or où l'on ensevelit Geneviève et Baudouin, côte à côte, afin qu'ils fussent unis dans l'éternité.
Source : Gallica

Jacques Normand Contes à Madame (1890)

Le bonheur, le grand bonheur ne serait-il pas, au contraire, de vivre, heureux soi-même, parmi des gens idéalement heureux?
Paf!... au diable les réflexions philosophiques ! Le bouchon saute en l'air et le vin de Champagne coule dans nos verres. Il faut que la petite « noce » soit complète, — et pas de « noce » complète sans la présence de cette bonne madame veuve Clicquot ! Bébé s'amuse des légers globules montant du fond du liquide doré à la surface, vifs, serrés, comme animés
chacun d'une vie propre, vie follette, d'une seconde, s'évaporant à l'air, dans un imperceptible crépitement.
Source : Gallica

Jacques Normand Contes à Madame (1890)

Il nous semblait qu'il était encore
là, dans ce grand lit aux rideaux fermés, ou dans ce fauteuil qu'il affectionnait, ou près de cette table sur laquelle il étendait son journal, faisait ses comptes avec cette saine ponctualité qu'il apportait dans les moindres choses de la vie.
Un domestique, nouveau venu dans la maison, ouvrit les volets brusquement, indifférent à une émotion qu'il ne pouvait comprendre. D'un coup, la lumière du dehors inonda toute la pièce, et avec elle une grande nappe d'air frais, apportant le brouhaha de la rue. La mort laissait entrer la vie.
Source : Gallica

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