Jacques Normand

Résumé

Jacques Normand Revue des Deux Mondes

La Terre en effet ne fut pas toujours un astre éteint et obscur ; jadis toute bouillonnante et fluide, et vierge encore de l’humaine souillure, elle rayonnait autour d’elle la chaleur et la lumière dans l’ardente splendeur de sa vie inorganique. Maintenant, une écorce froide et rigide enferme comme en un dur cercueil les dernières palpitations du feu intérieur dont elle fut radieuse. L’humanité n’est apparue sur elle que lorsque déjà sa surface avait pris la frigidité et la rigidité cadavériques.
Le froid au contraire, si intense qu’il soit, ne détruit pas la vie.
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Jacques Normand Revue des Deux Mondes

Si le soleil nous arrache tant d’hymnes reconnaissans, c’est que nous en sommes par bonheur assez loin ; si nous gravitions non pas à 150 millions, mais à quelque dix millions de kilomètres de lui, on ne pourrait verser ici-bas nulle larme de tendresse sur les bienfaits de l’astre du jour, car les larmes à la fois et les pleureurs seraient réduits en vapeurs. Il n’est pas en effet d’êtres vivans qui résistent à quelques cent degrés au-dessus de zéro, c’est-à-dire à une chaleur en somme assez faible, puisque nous avons trouvé des étoiles dont la température avoisine 40 000 degrés.
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Jacques Normand Revue des Deux Mondes

S’il est vrai, comme l’a dit Claude Bernard, que la science a pour but, non pas de nous rendre compte de la nature, mais de nous en rendre maître, il est peu de choses qui soient plus importantes dans la science que les récens travaux sur les basses températures.
La naïve intuition qu’on retrouve si souvent dans le langage populaire semble avoir entrevu ces vertus du froid. Ne célèbre-t-on pas le sang-froid, la froide raison ? Mais le froid n’est pas seulement utiles, il est aussi générateur de beauté. C’est pourquoi l’hiver mérite d’être aimé
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