“ Laissons là l’égotiste ; le grand écrivain nous reste. Sachons découvrir et dégager le beau partout où Dieu l’a mis pour nous. Une riche veine de poésie originale n’est pas un des moins précieux trésors dont il nous ait dotés. Que nous importe l’argile grossière qui enveloppait le filon d’or ? Serons-nous follement désappointés parce que nous n’avons pas trouvé ici-bas la perfection ? Non certes, car nous ne l’avions pas même espérée. Nous n’avons pas cette adoration naïve qui déifie dans le poète plus que le poète. S’il a le vrai génie, qu’y a-t-il donc à lui demander encore ? ”
Y…
Élements biographiques
Y…, figure singulière de la critique littéraire et de la réflexion esthétique, s’impose comme un penseur engagé dans une quête constante de l’essence de la création artistique. À travers ses textes, notamment dans Revue des Deux Mondes, il explore la tension entre le génie poétique et la rigueur intellectuelle, défendant une vision où l’œuvre doit dépasser les apparences pour révéler une vérité profonde.
Son œuvre, marquée par une admiration pour la poésie originale et une condamnation de la complaisance critique, insiste sur la nécessité d’une exigence esthétique intransigeante, tout en évoquant, à travers des images lumineuses ou des réflexions philosophiques, la dialectique entre l’imagination et la raison.
Citations de Y…
“ Sa robe est blanche comme son cou de marbre, comme serait ce qu’on aperçoit de sa poitrine, n’était l’ombre que jette son menton penché. — Ombre légère, à la fois lumière et ombre, qui flotte là et partout, et dans l’atmosphère elle-même, claire, transparente, harmonieuse ; teinte diaphane empruntée du ciel, pareille à celle dont le berger solitaire voit le matin se colorer les montagnes. — Regarde-la, qui que tu sois, toi qui sens s’allumer en toi une ame de poète, toi qui adores dans le peintre le vrai génie de Prométhée. Que ton imagination s’empare de ce trésor ! ”
“ Ce n’est point le faste des couleurs, c’est le fini du travail, qui fait l’éclat et la perfection de ce morceau ; c’est moins un tableau qu’une statue. Le tissu de la pensée a là toute la morbidesse et toute la solidité du marbre. C’est un poème qu’on pourrait lire tout haut dans l’Élysée, et les esprits des héros et des sages se rassembleraient pour l’écouter. La philosophie poétique de M. Wordsworth n’a pas le regard enflammé de celle de Byron, ni le même tumulte dans les veines ; son œil s’abaisse plus calme et plus perçant sur notre destinée mortelle. ”
