“ Oui, certes, c’était bien, pour une demi-douzaine de loups, de pourchasser un lynx et de le repousser au faîte d’un arbre, crachant et se hérissant. Un combat singulier était une tout autre affaire, surtout quand une mère-lynx avait derrière elle une jeune famille affamée à défendre et à nourrir. Un-Œil venait de l’apprendre à ses dépens. Mais le Wild a ses lois et l’heure devait arriver où, pour le salut de son louveteau gris, la louve, poussée elle aussi par l’implacable instinct de la maternité, affronterait la tanière dans les rochers et la colère de la mère-lynx. ”
Jack London
Résumé
Croc-Blanc, roman de Jack London paru en 1906, suit le parcours d’un chien-loup né sauvage, Croc-Blanc, qui traverse les difficultés du Yukon et la lente domestication. À travers ses combats, ses interactions avec les hommes et ses luttes pour survivre, l’œuvre explore les thèmes de la nature sauvage face à la civilisation, de la fidélité et de la métamorphose.
Les personnages principaux, tels que Kiche, sa mère, Grey Beaver et Weedon Scott, marquent son passage entre deux univers. L’œuvre, miroir de L’Appel de la forêt, se termine par la victoire de l’amour et de la rédemption.
Citations de Croc-Blanc (Jack London)
Jack London,
Croc-Blanc
(1906)
“ Le vieux loup, n’ayant point été invité à y pénétrer, continuait à se tenir à l’entrée de la caverne. Il se coucha sur le sol et, vainement, essaya de dormir. Tout d’abord, il avait faim. Puis son attention était attirée par le renouveau du monde au brillant soleil d’avril, qui resplendissait sur la neige. S’il somnolait, il percevait vaguement des coulées d’eau murmurantes et, soulevant la tête, il se plaisait à les écouter. En cette belle fin de journée, le soleil s’inclinait sur l’horizon et toute la Terre du Nord, enfin réveillée, semblait l’appeler. La nature renaissait. ”
Jack London,
Croc-Blanc
(1906)
“ Il se revoyait, vivant dans la tanière, avec Kiche, ou rampant, en tremblant, aux pieds de Castor-Gris, pour lui rendre hommage, ou courant, d’une course effrénée, devant Lip-Lip et l’attelage hurlant du traîneau, harcelé par le fouet cinglant de Mit-Sah. Il revivait sa morne existence près de Beauty-Smith et ses anciens combats. On l’entendait gémir et gronder, dans son sommeil, comme s’il luttait encore. Mais le pire de ses cauchemars était de rêver que, couché sous un buisson, il épiait un écureuil, attendant que le petit quadrupède s’aventurât sur le sol. ”
