“ N’est-ce pas que le grand, le bon, le divin, l’adorable Scott est bien le contre-poison de Byron ? Aussi, lorsque, l’âme toute meurtrie, vous fuyez avec désespoir le terrible château de Manfred, avec quelle reconnaissance vous vous trouvez dans la demeure riante et paisible de Scott, de ce vieillard si doux, si grave et si serein ! Comme il vous accueille avec tendresse ! comme sa pitié est touchante ! comme il vous apaise, comme il vous console ! comme il montre le monde sous un jour pur et radieux en exaltant tout ce qu’il y a de noble, de bon, de généreux dans le cœur humain ! ”
Citations sur “Scott”
Arthur Conan Doyle,
Nouveaux mystères et aventures
“ Sans doute, il s’était couché dedans pour attendre Scott, à l’abri de l’humidité, et elle s’était fermée sur lui, comme vous voyez vos petites plantes de serre chaude se fermer sur une mouche et nous le trouvâmes là, tel qu’il était, déchiré, réduit en bouillie par les grandes dents rugueuses de la plante cannibale. Voilà la chose, Messieurs, et vous conviendrez que c’est une curieuse histoire. — Et qu’advint-il de Scott ? demanda Jack Sinclair. — Eh bien nous le remportâmes sur nos épaules, jusqu’au bar de Simpson, et il nous paya une tournée. ”
Gustave Roger, G. Roger. Le carnet d'un ténor (1880)
“ J'ai tout vu; mais à quoi bon décrirais-je pour moi seul ce que je peux retrouver au complet dans Walter Scott? Il saura bien me reconstruire le moyen âge, l'histoire et le drame écossais. J'aurai, pour satisfaire mes ardeurs d'archéologue et de poète, autre chose qu'une vieille chambre ornée de meubles plus ou moins apocryphes : la botte de Bothwell, le lit de Marie Stuart, une boîte faite par elle, les taches du sang de Rizzio, que sais-je? Quand j'aurai le temps, Scott me rebâtira le château et le peuplera d'âmes et de corps, l'emplira de passions et de larmes. ”
Louis-Eugène Hallberg, Histoire des littératures étrangères… (1879-1880)
“ Dans toutes ces oeuvres, comme dans celles qu'il a empruntées à l'histoire de son pays, Walter Scott excelle à peindre les moeurs, les caractères, les coutumes et les événements des temps passés ; il fait revivre l'histoire, il l'anime d'un souffle poétique, il nous transporte dans un monde à la fois imaginaire et réel. ”
Louis Maigron, Le Roman Historique a l'Epoque Romantique - Essai sur l'Influence de Walter Scott
“ C'est cette imagination dans les personnages qui explique le prodigieux succès de Walter Scott et pourquoi Hugo, Dumas, Vigny, Balzac, Stendhal—malgré ses réserves—et tous, enfin, l'ont si passionnément aimé, si religieusement salué comme un modèle et comme un maître. Jusqu'à la fin ils lui ont su gré d'avoir donné de pareilles fêtes à leur imagination et à leurs yeux, rassasiés et dégoûtés des ternes et monotones grisailles des pseudo-classiques. C'était une nouveauté et un charme: on comprend que la nouveauté ait été si séduisante et que le charme ait opéré si profondément. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Portraits littéraires, Tome I
“ Scott, plus insouciant peut-être, et comme un voyageur simplement curieux qui a déjà vu beaucoup de siècles et de pays, mais qui n’est pas las encore, se remettra en marche au risque de repasser, chemin faisant, par les mêmes aventures. ”
Paul Stapfer,
Revue des Deux Mondes
“ La morale de la plupart des pièces et des romans, a dit Walter Scott dans une juste et magnifique image, est comparable au mendiant qui boite à la suite d’un brillant cortège et sollicite en vain l’attention des spectateurs éblouis. ”
“ Je fais allusion ici au bruit qui attribuait une grande partie, ou la totalité de ces romans, à feu Thomas Scott, officier du 70e régiment, alors au Canada. Ceux qui se rappellent ce personnage conviendront qu’à un talent qui égalait au moins celui de son frère aîné, il joignait une humeur sociable et enjouée, et une profonde connaissance du cœur humain, qualités qui faisaient de lui un homme charmant, recherché par la société. Il ne lui manquait que l’habitude de la composition, pour devenir également célèbre comme écrivain. ”
Alfred Comyn Lyall,
Études sur les moeurs religieuses et sociales de l'Extrême-Orient…
(1885-1908)
“ Toute l'érudition, tout le génie transcendant de Walter Scott ne purent élever ses barons normands, ses gentes dames, ses chevaliers du Temple ou ses thanes saxons, fort au-dessus des figurants scrupuleusement vêtus d'un beau bal costumé ”
Louis Maigron, Le Roman Historique a l'Epoque Romantique - Essai sur l'Influence de Walter Scott
“ A plus forte raison y aura-t-il dans Cinq-Mars, et toujours par imitation de Walter Scott, en même temps que la fidélité relative des moeurs, l'exactitude des costumes, et cette couleur locale extérieure dont la jeune école devait se laisser éblouir tout d'abord. Aucun personnage important ne se présente sans que le romancier ne nous en montre aussitôt le costume et avec quel luxe de détails! quelle netteté pittoresque! ”
Louis Maigron, Le Roman Historique a l'Epoque Romantique - Essai sur l'Influence de Walter Scott
“ Walter Scott était un confrère, mais c'était un étranger. Le jeune Victor Hugo donne l'exemple; il met délibérément l'Écossais au-dessus de Lesage, déclare que tout ou presque tout est à admirer dans les «Waverley Novels», et la plupart des journaux font comme le Conservateur littéraire.Chaque nouveau roman est attendu avec une impatience fébrile, et on se l'arrache dès son apparition. Du Walter Scott! du Walter Scott! Hâtez-vous, Messieurs, et vous surtout, Mesdames; c'est du merveilleux, c'est du nouveau; hâtez-vous! ”
Matthew Gregory Lewis,
Le Moine
“ Walter Scott, avec plus de bienveillance et de bonhomie, lui reproche pourtant de citer continuellement des noms de ducs et de duchesses, et s’étonne de cette manie bourgeoise dans un homme de mérite, dans un homme qui, toute sa vie, avait fréquenté la bonne société et même la fashion. ”
Walter Scott,
Le Lai du dernier ménestrel (trad…
“ Et maintenant, sous un vieux chêne, dans le taillis de Branksome, le coursier du baron dresse l’oreille, comme s’il entendait quelque bruit lointain. Le nain agite ses longs bras, et il fait signe aux amans de se séparer et de fuir. Ce n’était plus le moment de prononcer des vœux de constance ni de soupirer. La belle Marguerite se retire à travers les coudriers, comme le ramier timide ; Henry saute légèrement sur son coursier, pendant que le nain lui tient l’étrier, et il s’avance du côté de l’est à travers les touffes d’aubépine. ”
Louis Maigron, Le Roman Historique a l'Epoque Romantique - Essai sur l'Influence de Walter Scott
“ S'il y a des intérêts privés, ne peut-on pas dire qu'il y a aussi des intérêts sociaux? et sans jamais négliger les passions individuelles, ne convient-il pas de faire une place aux passions sociales? C'est justement ce qui fait la supériorité de Walter Scott, et nous croyons l'avoir assez dit. Ses prédécesseurs n'ont jamais retenu nos yeux que sur un coin de paysage, à la vérité plein de finesse et de charme; lui, c'est sur le paysage tout entier, sur le large et profond horizon qu'il nous fait poser les regards. L'admirable modèle pour Balzac! ”
“ « De qui parlez-vous ? vous dis-je. Si c’est d’un jeune homme un peu plus âgé que vous ne le paraissez, à la noire chevelure, à la figure ouverte, plus grand et plus fort que vous ne semblez l’être, et qui cependant a beaucoup de votre air et du ton de votre voix ; si c’est là le portrait du frère que vous cherchez, peut-être que je pourrais vous en donner des nouvelles. — Parlez donc, au nom du ciel, dit Édouard ; c’est un arrêt de vie ou de mort que vous allez prononcer. » Le sous-prieur joignit vivement ses prières à celles d’Édouard. ”
“ « Ce malheureux chevalier écossais, murmura la reine. — N’en parlez pas, madame, » répliqua sévèrement Richard ; « son arrêt est prononcé. — De grâce ! mon royal bien-aimé ; ce n’est qu’une bannière perdue. Bérengère vous en donnera une autre brodée de sa propre main, et plus riche qu’aucune qui se joua jamais avec le vent. Je l’ornerai de toutes les perles que je possède, et chaque perle que j’y attacherai sera accompagnée d’une larme de reconnaissance en songeant à la générosité de mon chevalier. — Tu ne sais pas ce que tu dis, » reprit le roi l’interrompant avec courroux. ”
Louis Maigron, Le Roman Historique a l'Epoque Romantique - Essai sur l'Influence de Walter Scott
“ Il y a de la couleur locale dans l'Histoire de la Conquête d'Angleterre. Tout y est précis et pittoresque, dramatique et vivant; sans doute parce que Thierry a un talent d'écrivain autrement puissant que celui de Barante, mais aussi parce qu'il lui était impossible de ne pas nous faire voir distinctement les combattants avant de les mettre aux prises,—comme il était impossible à Walter Scott de ne pas nous donner, avant de les faire heurter les uns contre les autres, une impression vive de Front-de-Boeuf et de Cédric, du Templier et d'Ivanhoe, des Normands et des Saxons. ”
Walter Scott,
Le Comte Robert de Paris
“ Ainsi, mon brave capitaine, je suis muet dès ce moment, à moins que vous ne me fassiez signe de parler. — Et tu agiras sagement. Il y a ici certaines personnes de haut rang, et quelques unes même nées dans la pourpre, qui voudront (Hereward, prends garde à toi !) avec leur haut esprit et leurs manières insinuantes, sonder les profondeurs de ton intelligence barbare. Quand tu verras le sourire gracieux sur leurs lèvres, garde-toi bien d’y joindre tes éclats de rire sauvages, qui retentissent comme le bruit du tonnerre quand tu fais chorus avec tes camarades. ”
Ralph Waldo Emerson,
Vie et caractère de Napoléon Bonaparte
(1857)
“ Scott a été accueillie avec un empressement, proportionné au talent incontesté de l'auteur, non moins qu'à la capacité et à la destinée merveilleuses de son héros. Que l'attente générale ait été satisfaite, c'est ce que nous ne pouvons affirmer. ”
Amédée Pichot,
Voyage historique et littéraire en Angleterre et en Écosse…
(1825)
“ LORD BYRON , Don Juan. Il n'est personne ( Scott excepté ) avec qui je prencirais plus volontiers un verre de vin qu'avec vous. QUOIQUE peu de poètes aient joui pendant leur vie d'une popularité aussi grande que celle de sir Walter Scott ; quoique ses oeuvres soient sinon entières, du moins en volumes séparés dans toutes les maisons d'Écosse ; quoique son nom, connu de tous, s'associe à tout ce qu'il y a de national dans Édimbourg, sir Walter Scott, à défaut de rivaux, a ses envieux et ses détracteurs. ”
Walter Scott,
Les Chroniques de la Canongate
“ Robin Oig M’Combich, je t’en conjure, ne pars pas aujourd’hui pour l’Angleterre ! — Bah, répondit Robin Oig, impossible ! je n’aurais plus qu’à courir le pays. N’êtes-vous pas honteuse, Mhume ? rendez-moi mon poignard. Vous ne sauriez distinguer à la couleur la différence qui existe entre le sang d’un taureau noir et celui d’un taureau blanc, et vous parlez de distinguer le sang d’un Saxon de celui d’un Écossais ! Tous les hommes tirent leur sang d’Adam, Mhume. Donnez-moi mon poignard, vous dis-je, et laissez-moi partir. ”
Victor Hugo,
Oeuvres complètes de Victor Hugo…
(1934-1937)
“ Nous pourrions multiplier ces observations et tâcher de faire voir en quoi le nouveau drame de sir Walter Scott nous semble défectueux, particulièrement dans le dénoûment ; mais le romancier aurait sans doute pour se justifier des raisons beaucoup meilleures que nous n'en aurions pour l'attaquer, et ce n'est point contre un si formidable champion que nous essaierions avec avantage nos faibles armes. ”
Louis Maigron, Le Roman Historique a l'Epoque Romantique - Essai sur l'Influence de Walter Scott
“ «Le latin dans les mots brave l'honnêteté»: le vieux français aussi, et l'obscénité passe à la faveur de l'archaïsme. Quelques-uns s'établirent tout à leur aise dans la langue de Rabelais. Et c'est ainsi que le genre cher à Walter Scott,—à Walter Scott, le plus scrupuleux, le plus chaste des romanciers et qui regretta toujours quelques touches un peu chaudes dans le portrait d'Effie, —sombrait dans le dégoût, au milieu des protestations indignées qui ne se firent pas attendre. ”
Walter Scott,
Le Lai du dernier ménestrel (trad…
“ Vous auriez vu avec plaisir la contenance du brave enfant, digne fils de son noble père. Le visage rouge de colère et de crainte, il s’arrêta pour faire face au limier, et leva sa baguette. Il en frappa même si bien son ennemi, que celui-ci, n’osant avancer, fit halte à son tour, continuant à aboyer, et semblant guetter l’instant de s’élancer sur lui. Tout à coup un archer parut à travers le taillis ; et, voyant le limier en arrêt, il bandait son arc, et il allait faire partir la flèche, quand une voix forte s’écria : — Ne tire pas, Édouard, ne tire pas ! c’est un enfant. ”
“ Je vous aime, jeune homme, continua le bailli, j'aime un garçon qui secourt ses amis dans l'affliction. C'est ce que j'ai toujours fait, et c'est ce que faisait mon père le diacre; puisse son âme être en paix! Mais ne faites pas votre compagnie de ces Highlanders, mauvais bétail! On ne peut mettre la main dans le goudron sans se noircir les doigts: souvenez-vous de cela. Sans doute l'homme le plus sage, le plus prudent, peut commettre des erreurs. Moi-même n'en ai-je pas commis cette nuit? ”
“ « celui qui peut réclamer le tout ne doit rien pour en avoir accepté une partie. — Adieu, généreux ami, adieu ! regardez-moi comme un fils, comme un frère d’Albert et d’Alice ; mais je les vois tous deux qui s’impatientent, donnez-moi la bénédiction d’un père, et je vous quitte. — Que Dieu par qui régnent les rois bénisse Votre Majesté ! » dit sir Henri fléchissant le genou, et levant vers le ciel sa figure vénérable ”
“ Dieu sait que je défendrais cette pauvre reine au risque de ma vie ; mais que puis-je faire, que peut-on faire pour elle ? — On peut faire assez, on peut faire beaucoup ; on pourrait faire tout, si les hommes étaient tous fidèles et braves comme les Écossais du temps de Bruce et de Wallace. Oh ! Roland, à quelle entreprise refusez-vous aujourd’hui votre cœur et votre bras, et cela par pure froideur ou légèreté d’esprit ! ”
Amédée Pichot,
Voyage historique et littéraire en Angleterre et en Écosse…
(1825)
“ Au bout d'une demi-heure de marche dans un paysage toujours plus riant dans sa solitude , je me trouvai aux limites des domaines de sir W. Scott, ou du moins à la haie de clôture qui entoure sa maison de plaisance. Il y avait ici plus de vie et de mouvement; on y entendait le bruit des ouvriers, ou le chant qui égayait leurs travaux ; puis le hennissement d'un coursier errant librement dans un pâturage, et la voix d'un pâtre appelant ses vaches, dont l'une s'était hasardée dans les eaux de la Tweed, et s'éloignait un peu trop" au gré du courant. ”
Walter Scott,
Oeuvres de Walter Scott, trad Defauconpret
“ Acquitte-toi, sans murmurer, de l’heriot que tu me dois ; donne-moi ton cheval blanc, ou tu t’en repentiras. Si je sonne trois fois du cor, ce son retentira long-temps aux oreilles des habitans d’Eskdale. xii. Le Beattison répondit par un sourire méprisant : — Ton cor ne nous inspire pas de crainte, et jamais Gilbert ne cèdera son coursier blanc à un Scott orgueilleux. Retourne à pied à Branksome avec tes éperons rouillés et tes bottes couvertes de boue. ”
Walter Scott,
Le Lai du dernier ménestrel (trad…
“ Sir John Scott seul déclara au roi qu’il était prêt à le suivre partout où il voudrait le conduire. Sa fidélité lui valut les distinctions honorifiques dont il est parlé dans le poème. Note 9. — Paragraphe ix. Walter Scott de Harden, qui vivait sous la reine Marie, était un chef de maraudeurs renommé. La tradition a conservé sur lui une foule d’anecdotes qu’on trouve dans divers ouvrages. Le cor dont se servait, dit-on, ce baron redoutable, est encore en la possession d’un de ses descendans, M. Scott de Harden. ”
Walter Scott,
Les Aventures de Nigel
“ Vous faites partie des gens du jeune lord Glenvarloch, et vous êtes dans un tel état ! — Oui, ma foi, et vous voyez en moi tout ce qu’il y a de gens, au moins pour le moment. Plût au ciel qu’il fût plus heureux que je ne le suis, quand je devrais, moi, rester dans le même état ! — J’ai vu son père, dit maître George, suivi de quatre gentilshommes et de dix laquais tout couverts de velours et de dentelles. Mon Dieu ! quels changements on voit dans ce monde ! ”
“ Notre croyance ne consiste pas à user ou à s’abstenir de certaines viandes dans certains jours, et quand nous jeûnons, ce sont nos cœurs que nous mortifions, et nous les lacérons au lieu de notre robe. — Tant mieux, tant mieux pour vous, et tant pis pour Tom le tailleur ! Allons, assieds-toi ; et si tu veux nous donner un échantillon de ton office, explique-nous ton grimoire. — Sir baron, dit le prédicateur, je suis dans un pays étranger, où ni mon office, ni ma doctrine, ne sont connus, et où au contraire l’un et l’autre semblent bien peu compris. ”
