“ « Ah, Diamant ! » dit-il, comme si l’oiseau eût pu le comprendre, « nous serons désormais étrangers l’un à l’autre. Je t’ai vu accomplir de brillants exploits, je t’ai vu combattre et vaincre plus d’un brave héron ; mais maintenant tout est fini, à l’avenir il n’y aura plus pour moi de chasse au faucon. — Et pourquoi pas ? monsieur Roland, » dit Adam Woodcock, le fauconnier, sortant d’un bouquet d’aunes qui l’avait jusqu’alors dérobé à la vue : pourquoi n’y aurait-il plus pour vous de chasse au faucon ? Que deviendriez-vous, camarade, s’il vous fallait renoncer aux plaisirs de la chasse ? ”
Résumé
L’Abbé, roman historique de Walter Scott publié en 1820, poursuit les événements de Le Monastère en s’attachant à la captivité et à la fuite de Marie Stuart en Écosse (1567-1568). À travers le destin de Roland Graeme, page de la reine, Scott explore les tensions religieuses et politiques de l’époque, mêlant aventure, romance et drame historique.
L’œuvre, riche en personnages comme Catherine Seyton et l’abbé Ambroise, se déroule entre le château de Lochleven et la bataille de Langside, marquant l’exil de Marie en Angleterre. Son cadre historique précis et ses thèmes de conflit confessionnel en font un chef-d’œuvre de la littérature historique.
Citations de L’Abbé (Walter Scott)
“ C’est l’orgueil qui alluma l’épée flamboyante placée aux portes d’Éden ; c’est l’orgueil qui rendit Adam sujet à la mort et qui le fit errer péniblement sur la surface de la terre, dont il aurait été le maître ; c’est l’orgueil qui nous apporta le péché, l’orgueil qui double chaque péché apporté par lui. L’orgueil est l’avant-poste que le démon et la chair défendent avec la plus grande opiniâtreté contre les assauts de la grâce ; et jusqu’à ce qu’il soit emporté et rasé dans ses fondements, il y a plus à espérer d’un insensé que d’un pécheur. ”
“ Et où allons-nous ? répliqua le jeune homme. Quel est l’objet de notre voyage ? » La matrone recula, et le regarda fixement avec une surprise mêlée de déplaisir. « Pourquoi cette question ? dit-elle, ne suffit-il pas que j’indique le chemin ? as-tu assez vécu avec les hérétiques pour apprendre à substituer la vanité de ton propre jugement au respect et à l’obéissance que réclament tes supérieurs ? » « Le moment est arrivé, pensa Roland Græme, où il faut que j’établisse ma liberté, ou que je devienne volontairement esclave à jamais ; il n’y a pas une minute à perdre. » ”
“ Nierez-vous qu’il fermente maintenant dans vos veines, s’il n’a pas encore corrompu les sources de la vie ? Nierez-vous que vous avez des doutes, comme vous les appelez dans votre orgueil, touchant les points dont les papes et les conciles ont regardé comme une impiété de douter un instant ? Votre foi n’est-elle pas chancelante, si elle n’est pas déjà renversée ? Ce prédicateur hérétique ne se glorifie-t-il pas de sa conquête ? Cette femme hérétique, notre geôlière, ne cite-t-elle pas votre exemple aux autres ? La reine et lady Fleming ne vous regardent-elles pas comme déchu ? ”
“ Regardez-le bien, regardez-le encore, dit la reine ; voilà ce qui fut réservé à tous ceux qui ont aimé Marie Stuart ! La royauté de François, l’esprit de Chastelar, le pouvoir et la courtoisie de l’aimable Gordon, le mélodieux talent de Rizzio, la noble taille et la grâce du jeune Darnley, l’audacieuse fierté, les manières galantes de Bothwell, et aujourd’hui l’amour profond et si dévoué du noble Douglas, rien n’a pu sauver aucun d’eux : leurs yeux et leurs cœurs se sont tournés vers l’infortunée Marie ; ils l’ont aimée, et leur amour fut un crime digne d’une mort prématurée. ”
“ Jusque là, sois constant et brave, sers Dieu et honore ta souveraine ; sois fidèle à ta religion. Je ne puis, je ne veux, je n’ose te demander la vérité sur les terribles nouvelles que j’ai apprises de ton refroidissement ; n’accomplis pas ce sacrifice maudit ; et même à cette heure, quoique bien tard, tu peux être ce que j’ai espéré pour le fils de mon espoir le plus cher : que dis-je ? le fils de mon espoir ! tu seras l’espérance de l’Écosse, son orgueil et son honneur ! tes désirs les plus insensés, les plus absurdes pourront s’accomplir. ”
“ Tandis qu’il raisonnait ainsi en lui-même, Madeleine Græme entra dans la chambre. « Que la bénédiction du matin soit sur ta jeune tête, mon fils ! » dit-elle avec une expression solennelle qui fit tressaillir le cœur du jeune homme : tant était pieux, triste et tendre à la fois l’accent avec lequel ces paroles coulèrent de ses lèvres ! « et tu as quitté si promptement ta couche pour saisir le premier rayon de l’aurore ? mais ce n’est pas bien, mon Roland ; jouis du sommeil tandis que tu le peux : le temps n’est pas éloigné où il faudra que ton œil veille, ainsi que le mien. » ”
“ C’est vrai, ma Fleming, dit la reine ; mais est-il humain de votre part de faire cesser de si charmantes illusions ! Dieu sait quelles sombres idées m’ont accablée la nuit dernière. Allons, ne serait-ce que pour vous punir, Fleming, je veux revenir sur les douces illusions qui me charmaient tout à l’heure. Oui, à ce joyeux mariage Marie elle-même oubliera le poids de ses chagrins et les travaux de l’État ; elle-même dirigera le bal encore une fois. Quelle est la dernière noce à laquelle nous avons dansé, ma Fleming ? Je crois que le chagrin a troublé ma mémoire. ”
“ « Par le ciel ! c’est un traître, dit Seyton, je l’ai toujours craint. — Il ne l’est pas, répondit Catherine : il est aussi pur que le ciel qui s’étend sur nos têtes. — Silence, mignonne, dit son frère, par pudeur si ce n’est par crainte. Camarades, partez et ramez ; il y va de votre vie ! — Emmenez-moi, emmenez-moi, » dit lady Fleming d’une voix plus haute que la prudence ne le permettait. ”
“ Ne blasphémez pas, madame ! dit Douglas, et vous, belle reine, et aussi vertueuse que belle, ne traitez point avec trop de sévérité en un pareil moment la présomption de votre vassal ! Ne croyez pas que le simple dévouement d’un sujet m’ait porté à l’action que j’ai faite : vous méritez bien que chacun de vos serviteurs meure pour vous ; mais j’ai fait plus : j’ai fait ce à quoi l’amour seul pouvait conduire un Douglas ; j’ai dissimulé. Adieu donc, reine de tous les cœurs, et souveraine du cœur de Douglas ! ”
“ Un devin m’a prédit en France que je mourrai en prison d’une mort violente, et voici l’heure qui arrive. Oh ! que Dieu m’y trouve préparée ! — Madame, dit Catherine Seyton, rappelez-vous que vous êtes reine. Il est mieux que nous mourrions tous en cherchant noblement à reconquérir notre liberté, que de rester ici pour y être empoisonnés comme des rats dont on veut débarrasser une vieille maison. — Vous avez raison, Catherine, répondit la reine ; et Marie se conduira comme elle le doit. Mais, hélas ! votre esprit jeune et ardent peut mal interpréter les causes qui ont abattu le mien. ”
“ Je sentais qu’il me fallait me venger d’eux. — Rendez-vous à la tour de l’Ouest, dit la dame, et restez-y jusqu’à ce que j’aie vu la fin de tout ceci. Je connais votre résolution : vous ne tenterez pas d’échapper. — Pas même quand les murs de la tour seraient des coquilles d’œufs et le lac couvert de glace, dit Dryfesdale. Je sais et je crois fermement que l’homme ne fait rien par lui-même ; il est comme la bulle d’air qui s’élève à la surface des vagues, s’arrondit et crève, non par son propre effort, mais par celui du puissant moteur, c’est-à-dire du destin. ”
“ Lionne d’Écosse, marche et sois victorieuse ! et si les prières d’une femme qui t’est dévouée peuvent t’être utiles, elles s’élèveront dans beaucoup d’endroits lointains, consacrés par les reliques des bienheureux. J’irai, tel qu’un spectre, de terre en terre, de temple en temple ; et là où le nom de mon pays est inconnu, les prêtres demanderont qui est la reine de cette lointaine contrée du Nord, pour qui la vieille pèlerine prie avec tant de ferveur. Adieu ! Que l’honneur et la prospérité soient ton partage sur la terre, si telle est la volonté de Dieu ! ”
“ Vous êtes changé, Halbert ; vous avez fait une rude et longue course aujourd’hui, ou vous avez été malade. — Je me suis bien porté, Marie, répondit le chevalier ; j’ai joui d’une très-bonne santé, et une longue course n’est pour moi, tu le sais, qu’une affaire d’habitude constante. Ceux qui sont nés d’un sang noble peuvent dormir toute leur vie dans l’intérieur de leurs châteaux et de leurs manoirs ; mais l’homme qui a conquis la noblesse par ses propres exploits doit toujours rester en selle, pour montrer qu’il mérite le rang auquel il s’est élevé. ”
“ En avant donc, en avant ! la vie est courte, et notre tâche est laborieuse ; les saints, les anges et toute l’armée bienheureuse du ciel ont les yeux en ce moment même sur cette terre stérile et flétrie de l’Écosse. Que dis-je ? sur l’Écosse ! leurs yeux sont sur nous, Roland, sur la femme frêle, sur le jeune homme sans expérience, qui, parmi les ruines que le sacrilège a faites, se dévouent à la cause de Dieu et de leur souveraine légitime. Amen, ainsi soit-il ! Les yeux bienheureux des saints et des martyrs, qui sont témoins de notre résolution, en verront l’accomplissement ”
“ La vue des jeux de ces enfans oppressa le cœur de lady Avenel en lui rappelant qu’elle n’était pas mère. « Pourquoi, » dit-elle, continuant ses méditations mélancoliques, « pourquoi aucun de ces aimables enfants n’est-il à moi ? Leurs parents peuvent à peine leur procurer la plus grossière nourriture ; et moi, qui pourrais les élever dans l’abondance, je suis condamnée à n’entendre jamais un enfant m’appeler sa mère ! » Cette pensée remplit son cœur d’une amertume qui ressemblait à de l’envie : tant la nature a profondément implanté dans le cœur d’une femme le désir de la maternité ! ”
“ Je ne voudrais pas sentir une seconde fois ce que j’ai éprouvé lorsque j’ai vu de cette montagne les épées des cruels cavaliers de Morton se souiller du sang des fidèles Seyton et des braves Hamilton, pour les récompenser de leur loyauté envers leur reine. Non, si je devais régner sur toute la Grande-Bretagne ; je ne voudrais pas encore sentir ce que j’ai éprouvé lorsque le sang de Douglas teignit mon manteau. Cherchez pour moi quelque endroit où je puisse cacher cette misérable tête, qui porte malheur à tout ce qui l’aime ; c’est la dernière faveur que Marie demande à ses fidèles sujets. ”
“ Mais la réponse de lady Marie Fleming fut de nature à calmer la colère de la jeune capricieuse. « Tu es une bonne fille, dit-elle, ma Catherine, et une fille fidèle ; mais le ciel ait pitié de celui qui aura un jour une créature si belle pour le charmer et si malicieuse pour le tourmenter : tu es faite pour rendre fous vingt maris. — Oh ! » dit Catherine en reprenant son caractère et sa bonne humeur insouciante, « il devra être déjà fou à moitié, celui qui me donnera pareille occasion. Mais je suis en vérité charmée que vous ne soyez pas sérieusement fâchée contre moi. » ”
“ Pardonnez-moi, ma mère, dit Roland Græme ; mais en vérité, je ne mérite pas votre blâme. J’ai été traité par vous-même, par vous, ma vénérable mère, aussi bien que par les autres... comme un être privé de toute force de volonté et qui n’a pas l’ombre de raison humaine, ou que tout au moins on juge incapable de s’en servir. On m’a conduit dans une terre enchantée, on m’a entouré de maléfices... chacun est venu se montrer à moi sous un déguisement... ”
“ Pensez même à Catherine Seyton, plutôt que de livrer votre âme aux leçons du tentateur. Hélas ! mon fils, ne croyez pas que votre vieil ami, épuisé par les peines et courbé par l’affliction plutôt que par les années ait oublié l’influence que la beauté a sur le cœur d’un jeune homme. Même dans les veilles de la nuit, le cœur brisé par le souvenir d’une reine captive, d’un royaume détruit, d’une église dépouillée et ruinée, il me vient d’autres pensées, des sentiments qui appartiennent à une vie plus jeune et plus heureuse. ”
“ Je voudrais avoir d’aussi bonnes causes pour être son ami que j’en ai pour être son ennemi, tu verrais si j’épargnerais mon corps et mes jours pour la défense de sa cause. — Tu es un joli mignon, répliqua Ruthven, pour défendre la cause d’une dame, et tout cela pour un sourcil noir et une larme dans les yeux ! de telles frivolités devraient être hors de ta pensée depuis longues années. — Silence, Ruthven, dit Lindesay ; vous êtes comme une cuirasse d’acier poli, elle en est plus magnifique, plus brillante, mais n’en est pas plus douce ”
“ « Je ne veux pas aller avec Lilias, madame, » s’écria l’enfant gâté, qui avait plus d’une fois réussi par son obstination à en venir à ses fins, et qui, comme bien des gens d’un âge mûr, se plaisait à exercer une pareille autorité : « je ne veux pas aller dans la vilaine chambre de Lilias ; je veux rester, et voir ce brave guerrier qui passe si fièrement sur le pont-levis. — Vous ne devez pas rester, Roland, » répliqua la dame d’un ton plus absolu qu’elle ne parlait ordinairement à son petit favori. ”
“ Ai-je renoncé au faucon et au chien, se dit-il, pour devenir le pupille soumis d’une vieille femme, comme si j’étais encore un enfant, moi que tant de compagnons envieux reconnaissaient eux-mêmes pour supérieur dans les exercices qu’ils apprenaient à si grand’peine, tandis que ces talents m’arrivaient naturellement à moi, comme un privilège de ma naissance ? C’est impossible, et il n’en sera pas ainsi. Je ne veux pas être l’épervier soumis qu’une femme porte, les yeux bandés, sur son poignet, et qui ne voit son but que si l’on découvre ses yeux pour lui faire prendre l’essor. ”
“ Quant à nous, chaque homme a levé la main contre son frère ; pas une année ne s’est passée sans rébellion, sans meurtre, sans exil des nobles, sans oppression des communes. Nous ne pouvons supporter de tels malheurs plus long-temps : c’est pourquoi nous vous prions, comme une princesse à laquelle Dieu a refusé le don d’écouter les sages conseils, et sur les projets et les desseins de laquelle jamais sa bénédiction n’est descendue, de céder le gouvernement et l’administration de l’Écosse à une main capable de sauver les débris de ce royaume déchiré. ”
“ Plus pesamment armé, et monté sur un cheval moins léger, sir Halbert Glendinning le poursuivait la lance dans les reins, en lui criant : « Chevalier à la branche de houx, fais halte, et montre que tu as des droits à porter ce signe verdoyant : ne fuis pas comme un lâche, et ne déshonore pas cette marque des braves. Halte, poltron ! ou, par le ciel, je te traverserai le dos de ma lance, et je t’arracherai la vie comme à un lâche que tu es. Je suis le chevalier d’Avenel, je suis Halbert Glendinning. » ”
“ Deux circonstances seulement jetaient quelque amertume parmi les douceurs de cette union embellie par une affection mutuelle : la première, fléau commun à toute l’Écosse, était l’état malheureux de ce pays, déchiré par les dissensions intestines, et où l’épée de chaque homme menaçait à chaque instant le cœur de son voisin. Glendinning s’était montré ce que Murray avait attendu de lui, un ami solide, brave dans le combat, sage dans le conseil, s’attachant à lui par reconnaissance dans des occasions où, sans ce motif, il eût été plus porté à rester neutre, sinon même à se ranger de l’autre côté. ”
“ Suivez-moi, Randal, et racontez-moi plus au long cette cruelle catastrophe. » « C’est un événement extraordinaire, » dit la reine, lorsque la châtelaine fut sortie, » et tout méchant que fût cet homme, je voudrais que le ciel lui eût accordé le temps de se repentir. Nous ferons quelque chose pour le repos de son âme si jamais nous sommes remise en liberté ; pour une fois l’Église accordera cette faveur à un hérétique. Mais, dis-moi, Catherine, ma mignonne... ton frère, qui est si fringant, comme le disait cet homme, a-t-il encore avec toi autant de ressemblance que jadis ? ”
“ Ne vous agenouillez pas devant moi, Melville, ne vous raillez pas de moi par l’hommage du corps, lorsque le cœur en est si loin. Pourquoi restez-vous avec une reine déposée, condamnée, qui n’a peut-être que peu d’heures à vivre ? Vous avez été favorisé par moi aussi bien que les autres ; pourquoi continuer plus long-temps qu’eux à me montrer une reconnaissance et une gratitude stériles ? — Madame, dit sir Robert Melville, que le ciel me soit en aide ! mon cœur vous est aussi dévoué que lorsque vous étiez dans toute votre grandeur. ”
“ Nous devons donc accorder à notre prochain, quels que soient son rang et sa position dans l’ordre social, la même somme d’affection que nous demanderions à ceux qui sont par rapport à nous ce que nous sommes pour lui. De là suit que ni mari, ni femme, ni fils, ni fille, ni ami, ni parent, ne doivent être pour nous un objet d’idolâtrie. Le Seigneur notre Dieu est un Dieu jaloux, qui ne souffre pas que nous accordions à des créatures cet amour extrême que nous ne devons qu’à lui, notre créateur. ”
“ Voilà une belle nuit, dit-il, miss Catherine, pour une demoiselle qui se promène déguisée et qui rencontre des hommes dans un verger. — Silence ! dit le page étranger ; silence, stupide étourneau ; et dis-nous en un mot si tu es ami ou ennemi. — Comment serrai-je l’ami d’une personne qui me trompe par de belles paroles, et qui voudrait que Douglas se servît de son poignard ? — Que l’esprit infernal emporte George de Douglas et toi aussi, étourdi, éternel brouillon ! nous serons découverts, et alors la mort nous attend. ”
“ « Paix, dit la dame, elle va parler. » À ce moment Madeleine Græme se leva et se tourna vers la reine ; en même temps elle avança un pied et étendit un bras, prenant le maintien et l’attitude d’une sibylle en furie. Ses cheveux s’échappaient de sa coiffe, et son œil lançait du feu à travers ses sourcils épais. L’effet de ses traits expressifs, quoique amaigris, était rehaussé par un enthousiasme qui tenait de la folie, et son aspect frappait de terreur tous ceux qui étaient présents. Ses yeux se portèrent autour d’elle avec égarement. ”
“ Malgré tous ses efforts pour sympathiser avec Catherine, il ne put arriver qu’à une grimace forcée, qui semblait plutôt du mécontentement que de la gaieté, ce qui redoubla tellement celle de la jeune fille que, quelque peine qu’elle se donnât pour s’empêcher de rire, elle crut qu’elle ne pourrait jamais en venir à bout. Qui n’a pas éprouvé que, quand un paroxysme de rire vous prend au moment et au lieu le moins convenables, les efforts que l’on fait pour réprimer un mouvement que l’on croit malséant, ne tendent qu’à augmenter et à prolonger son irrésistible impulsion. ”
“ Grâce à Dieu ! il n’y a pas eu de meurtre, ni de sang répandu dans la maison ; voilà tout ! — Meurtre ! sang répandu ! s’écria lady Avenel. Que veut dire cette folle ? Si vous ne parlez pas clairement, vous aurez sujet de vous en repentir. — Eh bien ! milady, » répondit Lilias, à qui il tardait de soulager son cœur, ou comme dit Chaucer, de déboucher sa valise, « puisque vous m’ordonnez de dire la vérité, il ne faut pas vous fâcher si ce que vous allez entendre peut vous déplaire. Roland Græme a poignardé Adam Woodcock, voilà tout. — Juste ciel ! » ”
Termes fréquents
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