“ Dieu de bonté ! et c’est pour cette femme perfide que j’allais exposer la vie de tant de nobles amis, ébranler les fondements d’un trône légitime, porter le fer et le feu au sein d’un état paisible, outrager la généreuse maîtresse qui m’a fait ce que je suis, et qui, sans cet odieux mariage, m’aurait élevé aussi haut qu’un homme peut l’être. Voilà tout ce que j’allais faire pour cette femme qui complote avec mes plus cruels ennemis ! Et toi, traître ! pourquoi ne m’en avoir pas parlé plus tôt ? — Milord, dit Varney, une larme de la comtesse aurait effacé tout ce que j’aurais pu dire. ”
Walter Scott
Résumé
Kenilworth, roman historique de Walter Scott publié en 1821, s’inscrit dans le cadre de la cour d’Élisabeth Ire. L’œuvre explore les tensions entre ambition politique et attachement personnel à travers la relation complexe entre Robert Dudley, favori de la reine, et Amy Robsart, sa femme secrète.
Le récit, ancré dans les années 1570, mêle intrigue courtisane, tragédie familiale et réceptions fastueuses, culminant dans une fin dramatique liée à la mort suspecte d’Amy. Scott, en s’appuyant sur des sources historiques et littéraires, dépeint un monde où les alliances et les mystères façonnent le destin des puissants.
Citations de Kenilworth (Walter Scott)
“ Il n’y a qu’une seule et unique cause de tous ces maux, milord, continua-t-elle, et elle réside tout entière dans la mystérieuse duplicité dont on vous a persuadé de vous entourer... Dégagez-vous tout d’un coup, milord, de la tyrannie de ces honteuses entraves... montrez-vous un véritable gentilhomme, chevalier, comte, Anglais, qui regarde la vérité comme la base de l’honneur, et auquel l’honneur est plus cher que l’air qu’il respire. Prenez votre malheureuse épouse par la main, conduisez-la au pied du trône d’Élisabeth... ”
“ Le lit du lac n’est plus qu’un marais peuplé de joncs, et les ruines massives du château ne servent plus qu’à montrer quelle fut autrefois sa splendeur, et à faire sentir au voyageur la valeur passagère des biens de ce monde et le bonheur de ceux qui jouissent d’une humble fortune et de la paix du cœur. Ce fut avec des sentiments bien différents que l’infortunée comtesse de Leicester contempla ces tours grisâtres et massives, quand pour la première fois elle les vit s’élever au dessus des bois touffus et majestueux sur lesquels elles semblaient dominer en reines. ”
