“ « Mon frère vit encore ! mon frère vit encore, révérend père, » s’écria Édouard en entrant. « Nous le reverrons, grâce au ciel. On n’a vu dans tout le Corrie-nan-Shian ni tombeau ni trace de tombeau. Le gazon qui borde la fontaine n’a été touché ni par la pioche, ni par la bêche depuis que le daim y a passé. Il vit aussi sûrement que je vis moi-même. » La chaleur avec laquelle parlait le jeune homme, la vivacité qui respirait dans ses regards et ses mouvements, sa démarche rapide, son œil ardent, rappelèrent à Henri Warden le jeune Halbert qui lui avait si récemment servi de guide. ”
Walter Scott
Résumé
Publié en 1820, Le Monastère de Walter Scott est un roman historique se déroulant en Écosse, au XVIe siècle, pendant les troubles précédant la Réforme. L’œuvre examine les conflits entre le catholicisme monastique et le protestantisme naissant, à travers les destins de personnages tels que l’abbé de St. Mary’s, Piercy Shafton et Marie Avenel.
Scott combine récits historiques et récits de vie, illustrant les luttes politiques et religieuses, ainsi que les dilemmes moraux des protagonistes. Le roman, premier des « Récits de sources bénédictines », met en évidence la chute des monastères et l’essor du protestantisme, avec une attention portée aux détails locaux et aux enjeux humains.
Citations de Le Monastère (Walter Scott)
“ « Jeune homme, dit-il, as-tu accoutumé ta langue à la fausseté, pour retrancher seulement quelques jours de la vie d’un homme que la nature aurait bientôt rappelé dans son sein sans avoir besoin d’un crime de ta part pour hâter son départ ? — Au nom du ciel !... au nom de Notre-Dame ! s’écria Halbert... — Ne jure point ! » dit l’étranger l’interrompant, » ni par le ciel, parce qu’il est le trône de Dieu, ni par la terre, parce qu’elle est son marchepied, ni par les êtres qu’il a créés, parce qu’ils sont faits de poussière et d’argile ainsi que nous. ”
“ Non, mon père, non, c’était la rivalité, c’était une jalouse rage ; c’était l’amour de Marie Avenel qui m’a poussé à l’horrible souhait dont je vous fais l’aveu. — L’amour de Marie Avenel ! d’une dame si au-dessus de vous deux par le rang et la naissance ! comment Halbert a-t-il osé, comment avez-vous osé vous-même lever les yeux sur une personne si supérieure à vous, autrement que pour l’honorer et la respecter ? — L’amour s’est-il jamais inquiété du blason ? répliqua Édouard. ”
