Résumé

Portrait de Paul Stapfer Paul Stapfer Revue des Deux Mondes

L’hypocrisie est, par-dessus tout, l’objet de son horreur ; c’est pour lui la seule faute à laquelle il soit impossible de faire grâce. Et la sincérité est, au contraire, la vertu par excellence, la vertu presque unique, puisque c’est la seule qui établisse une différence entre les pécheurs, c’est-à-dire entre les hommes. Tout péché qu’on avoue est effacé par cet aveu : voilà une doctrine chère à la morale généreuse et abandonnée de Fielding. Il n’a de sévérité que pour le vice qui se dissimule honteusement dans une ombre lâche et menteuse, ou qui fait du mal au prochain.
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DU ROMAN ANGLAIS
HENRY FIELDING. Fielding est, comme Molière, un de ces auteurs excellens dont le solide génie est fait surtout de bon sens. Un écrivain, un homme éminemment sensé doit être la clarté même : aucune ombre mystérieuse n’enveloppe l’œuvre ni le caractère de Fielding. Sa vie peut offrir des parties mal connues, elle n’a rien de psychologiquement obscur, et, quant à son style, il est tel qu’on devait l’attendre d’un ami si intransigeant de la lumière qu’il n’admettait point l’existence des prétendues beautés littéraires dont le sens est ambigu.
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Fielding vivait au jour le jour, jetait l’argent et ne comptait pas. Le souci qu’il montra plus tard de l’avenir de sa famille, le sacrifice qu’il fit de sa santé et de sa vie aux devoirs de sa profession n’est pas un argument contre la tradition des dissipations de sa jeunesse ; car c’est le propre des natures ardentes et riches, des exemplaires complets de l’humanité, comme l’était Fielding, de se porter d’abord aux extrêmes et de donner successivement la mesure de tout ce dont l’homme est capable en fait de folies comme en fait de vertus.
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