Paul Bourget,
Revue littéraire. — Le roman réaliste et le roman piétiste
“ Mme Craven a de parti-pris choisi le contre-pied du réalisme. Au culte de la beauté visible, elle oppose une beauté morale toute d’abstraction. À la perfection plastique de la langue, elle oppose un style qui hait l’éclat. L’école ennemie avait vu l’empreinte des milieux sur les caractères, et s’était perdue dans la description à outrance. Mme Craven, par horreur de cet excès, méconnaît une vérité aujourd’hui scientifique; elle crée des personnages qui se suffisent si bien à eux-mêmes qu’ils finissent par ne plus vivre de notre vie. ”
