Gustave Roger

Résumé

Gustave Roger G. Roger. Le carnet d'un ténor (1880)

Ce qui fait la grande force de Lind, c'est qu'elle croit à elle-même ; elle s'estime et se conduit comme une sainte : on dirait qu'elle se croit envoyée de Dieu pour faire le bonheur du peuple par la religion de l'art. Aussi elle reste froide et sage dans la vie privée, ne laisse pas son cœur s'enflammer au contact de ces ardentes passions dont elle s'embrase au théâtre. Elle m'a dit qu'elle n'avait jamais pu comprendre la chute de Mlle R., un talent si haut placé !
Source : Gallica

Gustave Roger G. Roger. Le carnet d'un ténor (1880)

Nous voici donc à Birmingham, Queen's hôtel.
A une heure, répétition dans la salle de concert Tow-hall : c'est bien la plus prodigieuse salle que j'aie vue ; l'artiste est sur une immense estrade, il a derrière lui l'orchestre en gradins et dans le fond un orgue à tuyaux ornés d'arabesques d'or. A quinze pieds, en bas, le parterre, un vrai forum; et devant, à la même hauteur que l'artiste, des stalles qui
s'élèvent à perte de vue.
Source : Gallica

Gustave Roger G. Roger. Le carnet d'un ténor (1880)

Ma femme s'est couchée, et à quatre heures et demi nous étions encore tous les trois à parler musique, arts, théâtre.
Bonne et charmante conversation, où, l'esprit exalté par un petit verre d'anisette, on sent toutes ses facultés d'artiste si souvent énervées par l'ennui et le dégoût, se réveiller, vivre et bavarder, fertiles en mots vrais, en aperçus profonds et piquants, que l'on voudrait se rappeler toujours et qui s'enfuient malheureusement aussi vite que les heures qu'ils vous font oublier.
Source : Gallica

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