Pier-Angelo Fiorentino

Résumé

Pier-Angelo Fiorentino Les grands guignols. Série 1 (1870-1872)

Elle s'est avancée d'un pas ferme et vif et sans autre émotion qu'une fiévreuse impatience d'aborder ce public tant redouté, de l'attaquer de front et de le dompter. La vie, la passion, la force et la séve exubérante d'un sang généreux débordaient par tous les pores de la jeune et belle artiste; son regard jetait feu et flamme, et l'on a pu bientôt se convaincre qu'au service de cette âme ardente, de cette énergie, de cette fougue irrésistible, la nature avait mis la voix la plus dramatique, la plus étendue, la plus admirablement timbrée qu'on ait jamais entendue au théâtre.
Source : Gallica

Pier-Angelo Fiorentino Les grands guignols. Série 1 (1870-1872)

Je suis désolé de me montrer si méticuleux, si difficile; de chercher, comme on dit en Italie, il pelo nell'uovo; d'autant plus que j'aime et j'estime infiniment le talent de M. Grisar. Mais que voulez-vous? les critiques sont la plaie de ce pays, et, tant qu'on ne nous aura pas supprimés, la langue nous démangera toujours, et nous aurons la rage de dire notre mot sur toute chose.
— Parlez-moi de Lisbonne et de ces bons Portugais, qui s'en vont à leur théâtre sans arrière-pensée, sans malice, le cœur sur la main, les bras ouverts, la bouche souriante.
Source : Gallica

Pier-Angelo Fiorentino Les grands guignols. Série 1 (1870-1872)

Allez le voir dans le rôle de César des Rendez-vous bourgeois, et vous serez témoins de la plus surprenante métamorphose qui se soit jamais opérée au théâtre.
Bussine s'est tout à coup dégourdi, il a rompu la glàce, il a brisé sa coque. C'est un comédien rempli de verve, d'entrain, de naturel, un farceur insigne, un bouffon sublime. Il lui fallait, pour surmonter sa gêne et sa timidité excessive, cet incroyable habit, ces basques en queue de morue, ce jabot, ces breloques, cet incommensurable col de chemise taillé en pointe
et fendant l'air comme une voile latine.
Source : Gallica

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