“ Je ne les compare point, répliqua Evan, je ne dis pas que M. Waverley soit mieux fait, non : mais seulement qu’il a l’air propre, déterminé, l’air d’un digne fils de sa maison, qui ne criera pas à l’orge dans une bataille. Et vraiment il manie joliment le sabre et la targe. J’ai souvent joué avec lui à Glennaquoich, et Vich-Jan-Vohr aussi, l’après-dîner du dimanche. ”
Waverley
Définition et enjeux
Waverley est une banlieue de Dunedin, en Nouvelle-Zélande, nommée en l'honneur du roman de Sir Walter Scott, Waverley, chef-d'œuvre de la littérature anglaise du XIXe siècle. Dans ce livre, l'auteur aborde des thèmes tels que la fidélité, l'identité et les conflits historiques, développés à travers des personnages comme le baron de Bradwardine ou Fergus, dont les échanges mettent en lumière des enjeux sociaux et politiques.
La banlieue, située sur la péninsule d'Otago, reflète son passé colonial et son patrimoine architectural, comme en témoignent les Jardins de Vauxhall, un site historique. Cette association entre l'œuvre littéraire et le lieu physique en fait un cas d'urbanisme rare, illustrant l'impact de la littérature sur l'aménagement du territoire.
Citations sur “Waverley”
“ Le baron entra dans ce moment, et parla à sa fille avec une dureté que Waverley ne lui avait encore vue avec personne. « Vous rougiriez, lui dit-il, de paraître devant un gentilhomme pleurer la perte de quelques bœufs ou de quelques vaches, comme la fille d’un paysan du comté de Chester. Veuillez, capitaine Waverley, avoir une autre opinion de son affliction, qui ne peut et ne doit provenir que de voir les domaines de son père exposés au pillage de ces misérables brigands, quand nous n’avons pas une dizaine de mousquets pour nous défendre et les repousser. » ”
“ Les bannières brillaient et voltigeaient, les cavaliers se hâtaient d’aller prendre leurs rangs à l’avant-garde, ou partaient comme éclaireurs pour reconnaître les mouvements de l’ennemi. Ils échappaient aux yeux de Waverley, quand ils passaient autour d’Arthur’s Seat, au bas de cette pente pittoresque de rochers rapides qui fait face au petit lac de Duddingston. ”
“ Une différence d’opinions politiques avait divisé depuis longtemps le baronnet et son jeune frère, Richard Waverley, père de notre héros. Sir Éverard avait hérité de ses aïeux de tous les préjugés et de toutes les préventions de torys et d’anglicans qui avaient signalé la maison de Waverley depuis la grande guerre civile. Richard, au contraire, qui était moins âgé de dix ans, qui ne se voyait pour tout avoir qu’une fortune de cadet, ne pensa pas qu’il y eût pour lui honneur ou profit à jouer le rôle de complaisant. ”
“ « Je suis fâché d’apprendre, monsieur Waverley, continua le prince, que, par des circonstances qui ne m’ont encore été que mal expliquées, vous ayez eu à vous plaindre de mes gens dans le Perthshire ou en venant ici ; mais nous sommes dans un temps si mauvais, qu’on peut à peine connaître ses amis ; et même en ce moment, je ne sais si je puis compter monsieur Waverley au nombre des miens. » ”
“ Lorsque Waverley atteignit l’endroit de la ligne occupé par le clan de Mac-Ivor, les vassaux firent halte, se formèrent, et le reçurent avec de bruyantes fanfares de cornemuses et de longs cris de joie, car les montagnards le connaissaient presque tous personnellement, et lui voyaient avec plaisir le costume de leur pays et de leur tribu. « Tous criez, dit à Evan Dhu un soldat du clan voisin, comme si c’était le chef lui-même qui arrivât. » ”
Walter Scott,
Waverley de Walter Scott, adaptation et réduction à l'usage de la jeunesse par A.-J. Hubert…
(1885)
“ Waverley reprit le chemin du petit vallon solitaire qui conduisait à la cascade; il avait le cœur serré; il était vraiment épris de la sœur de Fergus; l'esprit élevé, les sentiments généreux de cette jeune fille avaient fait naître en lui, dans leur solitude et au milieu de leurs relations journalières depuis son séjour à Glennaquoich, une passion sérieuse qui lui semblait maintenant devoir remplir sa vie. Ses vues étaient pures, et il souhaitait vivement de les voir se réaliser; son affection était dévouée autant que vive, et il se sentait prêt à tous les sacrifices. ”
“ « Mon père n’est pas du tout partisan du merveilleux, capitaine Waverley, dit Rose, il lui est arrivé de garder un sang-froid imperturbable pendant qu’un synode de presbytériens était dispersé par l’apparition soudaine de l’esprit malin. » ”
“ Si le baron cependant eût réellement songé à cette alliance, l’indifférence de Waverley eût été un obstacle insurmontable pour son projet. Depuis que notre héros avait vu un peu le monde, il s’était mis à rougir de sa passion pour sa légende mentale de sainte Cécile, et les réflexions qu’il fit à ce sujet l’empêchèrent pendant quelque temps de s’abandonner à la disposition naturelle qu’il avait à s’enflammer. ”
Walter Scott,
Oeuvres de Walter Scott, traduction Defauconpret…
(1883)
“ La jeunesse et la franchise apparente de Waverley formaient un contraste prononcé avec l'ombre des soupçons qui s'épaississaient autour de lui; et il montrait dans sa conduite une sorte de naïveté et de franchise qui ne semblaient appartenir qu'à un homme encore novice dans les voies de l'intrigue, et qui plaidaient puissamment en sa faveur. ”
“ « Ah ! grâce au ciel, pensa Waverley, sir Éverard n’est pas témoin de ces scrupules ! car les trois hermines passant et l’ours rampant n’eussent pas manqué de se mordre les oreilles. » Puis, avec toute la chaleur d’un jeune amoureux, il assura au baron qu’il lui fallait pour être heureux le cœur et la main de Rose, et que la seule approbation de son père le charmait autant que s’il donnait un comté pour dot à sa fille. ”
“ FERGUS AMOUREUX. Plus Waverley examinait attentivement la cour du Prétendant, moins il en était satisfait. Elle contenait (comme on dit qu’un gland renferme en germe tous les rameaux du chêne futur) des semences de divisions et de tracasseries, assez pour faire honneur à la cour d’un puissant souverain. Chaque personne considérable avait un but particulier qu’elle poursuivait avec une ardeur qui paraissait à notre héros bien au-dessus de l’importance de ce but. ”
Walter Scott,
Oeuvres de Walter Scott, traduction Defauconpret…
(1883)
“ Cédant à l'influence de ces diverses sensations, et encouragé de temps à autre par un sourire d'intelligence et d'approbation du prince, Waverley déploya toute sa vivacité, son imagination et son éloquence, et obtint l'admiration générale de la compagnie. La conversation prit peu à peu le ton le plus propre à mettre en évidence ses talents et ses connaissances. Les périls du lendemain, bien loin de nuire à la gaieté de la soirée, lui donnaient un caractère plus élevé. Chacun attendait l'avenir avec impatience, et se préparait à jouir du présent. ”
Walter Scott,
Oeuvres de Walter Scott, traduction Defauconpret…
(1883)
“ Je vous demande pardon, ma chère Flora, vous savez que je ne parle pas de votre frère ; il a plus de bon sens que la moitié des autres ensemble; mais pouvez-vous penser que ces esprits fiers, emportés, furieux, dont nous voyons une partie des querelles, et dont nous entendons raconter les autres, et qui me font mourir de frayeur tous les jours de ma vie, puissent être comparés à Waverley? — A Dieu ne plaise, ma chère Rose, que je le compare à ces hommes sans éducation ! ”
“ Peu de temps après le dîner, le baron, pour montrer que sa tempérance n’était pas entièrement en théorie, proposa d’aller faire une visite à Rose, ou, comme il le dit, à son troisième étage. Waverley le suivit à travers un ou deux de ces longs corridors inventés par les anciens architectes pour embarrasser un hôte, à l’extrémité desquels M. Bradwardine monta, deux à deux, les marches d’un escalier roide, étroit et tournant, laissant un peu derrière lui Waverley et M. Rubrick, pour annoncer leur visite à sa fille. ”
“ Et, Dieu nous garde, capitaine Waverley, nous dont le lignage est irréprochable, de vouloir l’humilier, quand dans huit, neuf ou dix générations, sa race pourra marcher de pair avec la vieille noblesse du pays. Nous qui sommes d’un sang pur, nous ne devons pas avoir sans cesse à la bouche les mots de rang et de noblesse ”
“ Les vers qui suivent, chantés et accompagnés par elle, ne donneront qu’une faible idée des sensations qu’ils excitèrent dans l’âme de Waverley : CHANT DU BARDE ÉCOSSAIS. Le brouillard ceint les monts, la nuit ceint la vallée ; Des enfants de Gaël bien plus noir est le sort : L’étranger les vainquit, leur gloire est envolée, Tous les cœurs sont glacés, tous les bras sans ressort. ”
“ Waverley en passant trouvait çà et là un vieillard courbé par le travail et les années, aux yeux affaiblis par l’âge et la fumée, se traînant avec peine à la porte de sa hutte pour regarder avec étonnement les vêtements brillants et les beaux chevaux de l’étranger, et qui se réunissait à ses voisins dans l’atelier du maréchal, où ils se demandaient d’où pouvait venir et où pouvait aller le voyageur. ”
Walter Scott,
Oeuvres de Walter Scott, traduction Defauconpret…
(1883)
“ Mais, continua Charles-Édouard après une autre pause, si M. Waverley, comme un de ses ancêtres, sir Nigel, se déterminait à embrasser une cause qui ne se recommande que par sa justice, et à suivre un prince qui se confie à l'affection de son peuple pour recouvrer le trône de ses pères ou périr dans cette noble entreprise, je lui dirai seulement qu'il trouvera des associés dignes de lui, et un maître qui peut être malheureux, mais qui, je l'espère, ne sera jamais ingrat. ”
“ À côté du tableau étaient suspendues les armes que Waverley avait portées pendant la guerre civile. Ce spectacle excita l’admiration et la vive émotion de toute la compagnie. Nous sommes condamnés à manger, en dépit des sentiments et de la vertu. Pendant que le baron se plaçait à un bout de la table, il insistait pour que lady Émilie s’assît à l’autre bout, pour y faire les honneurs, afin, disait-il, de donner une leçon aux jeunes gens. ”
Walter Scott,
Oeuvres de Walter Scott, traduction Defauconpret…
(1883)
“ J'ai fait toutes les dispositions nécessaires pour que vous puissiez entrer en campagne comme il convient au descendant et à l'héritier probable de Waverley. J'ose espérer, Monsieur, qu'au champ d'honneur vous vous rappellerez quel nom vous portez. Édouard! mon cher enfant ! souvenez-vous aussi que vous êtes le dernier de cette race : que c'est sur vous seul que repose l'espérance de la voir se perpétuer. ”
Walter Scott,
Oeuvres de Walter Scott, traduction Defauconpret…
(1883)
“ Waverley commençait à désespérer de pouvoir pénétrer dans cette maison solitaire et comme enchantée, lorsqu'il vit un homme s'avancer dans une des allées du jardin où il était encore. Pensant que c'était le jardinier ou quelque domestique de la maison, Edouard descendit les escaliers de la terrasse pour aller à sa rencontre ”
Walter Scott,
Oeuvres complètes de Walter Scott…
(1838-1839)
“ Waverley, appelant au secours de ses membres fatigués l'énergie de son âme, avançait toujours bravement, quoiqu'au fond du coeur il portât envie à ses compagnons highlandais, qui, sans témoigner la moindre lassitude, continuaient la marche rapide, ou plutôt le trot qui devait, autant qu'il en pouvait juger, leur avoir fait déjà franchir une étendue de quinze milles. ”
Walter Scott,
Oeuvres de Walter Scott, traduction Defauconpret…
(1883)
“ Ne croyez pas que je veuille parler de vous, capitaine Waverley ; en jeune homme prudent, vous vous êtes abstenu de libations trop répétées. Ce reproche ne peut non plus me regarder : je me suis trouvé à la table de plusieurs grands généraux et maréchaux dans leurs festins solennels, mais j'ai toujours su porter mon vin discrètement, et vous avez sans doute remarqué hier que, pendant toute la soirée, je ne suis pas sorti des bornes d'une modeste hilarité. ”
“ Nous n’ennuierons pas le lecteur de fastidieux détails sur la manière de faire la cour il y a soixante ans ; il suffit de dire qu’avec un aussi rigide observateur de l’étiquette que le baron, tout se passa dans les règles. Il se chargea, le lendemain de leur arrivée, de communiquer les propositions de Waverley à Rose, qui les écouta avec toute la timidité d’une jeune fille. ”
“ Ceux de mes parents que vous apercevez, dit-il, gens robustes, mais paresseux, regardent mes possessions comme un dépôt à moi confié pour soutenir leur fainéantise ; il faut que je leur trouve du bœuf et de l’ale, tandis que les coquins ne font rien autre chose que de s’exercer à l’épée, parcourir les montagnes, chasser, pêcher, boire et courtiser les filles du Strath. Mais que puis-je faire, capitaine Waverley ? Tout être dans la nature tient à sa famille, que ce soit un faucon ou un Highlandais. ”
“ C’est pourquoi Waverley rentra dans la maison sans lui parler, et se rendit à la salle à manger, où il trouva sa jeune amie Rose, qui, sans montrer la fureur de son père, l’importance affairée du bailli Mac Wheeble, ni le désespoir des laitières, paraissait chagrine et pensive. Un seul mot apprit tout à Édouard. « Votre déjeuner, dit-elle, capitaine Waverley, sera un peu moins tranquille qu’à l’ordinaire. Une bande de Caterans est descendue cette nuit, et nous a enlevé toutes nos vaches à lait. » — « Une bande de Caterans ? » ”
“ Et marchez dans les rangs de nos fiers ennemis. « Ce temps est passé, ma sœur, dit Fergus, et vous pouvez complimenter, non plus le capitaine, mais Édouard Waverley, d’être affranchi du joug de l’usurpateur, dont il va cesser de porter la couleur sinistre. » ”
“ Néanmoins un petit présent réconcilia amplement cette vieille femme de chambre avec sa dégradation supposée, et lorsque Waverley s’avança vers la salle, elle lui donna sa bénédiction en citant ce proverbe gaëlique : « Que la main qui s’ouvre soit toujours remplie ! » ”
“ Waverley sortit des rangs pour satisfaire sa curiosité, et aperçut bientôt cinq ou six cavaliers, couverts de poussière, qui venaient au grand galop pour annoncer que l’ennemi était en pleine marche, vers l’ouest, le long de la mer. En avançant un peu plus loin, il fut arrêté par un gémissement qui partait d’une chaumière. S’en étant approché, il entendit une voix qui, dans le patois de son comté natal, tâchait, quoique souvent interrompue par la douleur, de réciter la prière du Seigneur. ”
“ « Mon innocence, mon rang, l’intimité de mon père avec lord 31..., le général G..., etc., me serviront, j’espère, de protection, » dit Waverley. — « Vous verrez que ce sera tout le contraire ; ces messieurs auront assez à s’occuper de leurs propres affaires. Encore une fois, voulez-vous prendre les couleurs écossaises, et rester encore quelque temps avec nous au milieu des brouillards et des corbeaux [1] , pour l’amour de la meilleure cause qui ait jamais fait tirer l’épée à un brave ? » ”
Walter Scott,
Oeuvres de Walter Scott, traduction Defauconpret…
(1883)
“ Il faut que je retourne à ma grotte, dit-il à Waverley; voulez-vous venir faire une promenade avec moi dans la vallée? Ils partirent, et suivirent un petit sentier que les pêcheurs ou les pûcherons avaient tracé le long des bords du ruisseau, au milieu des broussaiiles. Chemin faisant, le baron expliqua à Waverley qu'il pourrait séjourner un jour ou deux à Tully-Veolan sans danger, i. Une tête bouillante, un entêté guerrier, Chaud comme le gingembre et dur comme l'acier. ”
“ Les exploits de Wilibert de Waverley en Terre-Sainte, sa longue absence et ses périlleuses aventures, sa mort supposée, et son retour le soir où la dame de ses pensées, sa fiancée, venait d’épouser celui qui, pendant son absence, l’avait défendue de l’insulte et de l’oppression ; la générosité avec laquelle le croisé se désista de ses droits pour aller chercher dans un monastère la paix que rien ne peut troubler [36] ”
“ Le soir du sixième jour, la porte de la hutte s’ouvrit tout à coup et deux montagnards entrèrent. Waverley les reconnut pour être de ceux qui l’avaient amené à la chaumière ; ils causèrent quelques minutes avec leur vieux compagnon et son camarade, puis firent comprendre par des signes à Waverley qu’il se préparât à les accompagner : cette nouvelle le combla de joie. ”
“ « C’est un scandale, dit le jeune montagnard ; mais nous partagerons ce qui me reste encore de mon subside. Vous pourrez du moins passer une nuit tranquille, et demain vous serez comme nous tous, car nous aurons tous des provisions, d’une façon ou d’une autre, avant le coucher du soleil. » Waverley, en rougissant jusqu’aux oreilles, mais avec beaucoup d’empressement, fit au baron les mêmes offres. « Je vous remercie tous deux, mes chers enfants, dit Brawardine, mais je n’entamerai pas votre peculium ; le bailli Mac Wheeble a trouvé la somme nécessaire. » ”
“ C’est un homme très-honnête, et d’une jolie figure, ajouta Rose ; et sa sœur Flora passe pour la jeune personne la plus remarquable du pays par sa beauté et ses talents. Elle a été élevée dans un couvent de France ; elle était mon amie particulière avant cette malheureuse dispute. Cher capitaine Waverley, usez, je vous en prie, de votre crédit sur l’esprit de mon père pour le porter à régler cette affaire ? Je suis bien sûre que nous ne sommes qu’au commencement de nos tribulations ; le manoir de Tully-Veolan n’a jamais été sûr ni paisible lorsque nous avons été mal avec les montagnards. ”
