“ Kazan, qu’elle avait averti par un grognement, aperçut la forme ombreuse qui venait dans la clarté des étoiles. Son premier mouvement, fut de fuir et il tenta de se traîner en arrière. Mais il ne gagnait que quelques pouces de terrain, tandis qu’au contraire l’homme se rapprochait rapidement. Il vit, dans sa main, scintiller le canon du fusil. Il entendit la toux creuse et le crissement des pas sur la neige. ”
Kazan
Définition et enjeux
Kazan, soixante-cinquième empereur du Japon, a régné de 984 à 986 avant de démissionner en raison de conflits politiques avec le clan Fujiwara. Son abdication marqua la fin d’un règne marqué par des tensions et une brève carrière littéraire. Après sa retraite, il devint moine bouddhiste et entreprit des pèlerinages, façonnant la spiritualité japonaise.
Des auteurs comme Olga de Lébédew et James Oliver Curwood, bien qu’explorant des contextes différents (historique ou littéraire), ont mis en lumière les enjeux de pouvoir et les tensions culturelles liées à son époque, illustrant la complexité de son héritage.
Citations sur “Kazan”
James Oliver Curwood,
Kazan
(1925)
“ Kazan fonça vers lui. Il y eut une volée de coups de griffes, un grognement, des cris mutuels de douleur, et le chat-pêcheur oublia sa faim dans la fuite. Kazan s’en revint vers Louve Grise, le museau lacéré et saignant. Elle le lui lécha, tandis qu’il demeurait les oreilles raides et aux écoutes.Le renard avait entendu les bruits du conflit. Comme il n’est pas, de sa nature, un lutteur bien vaillant, mais un simple escarpe, qui aime à tuer par derrière et sans risques, il fit demi-tour et s’en alla quérir une autre proie. ”
“ C’était la piste de l’homme. Il y avait et les empreintes du traîneau, et celles des pattes des chiens, et celles aussi des raquettes de l’homme, qui allait à pied. Alors Kazan leva son museau vers les étoiles et de sa gorge jaillit, roulant au loin, parmi le Wilderness, l’appel sauvage et farouche à la horde de ses frères. ”
“ Un peu plus tard, Kazan, toujours aux aguets, aperçut l’homme de la cabane qui harnachait ses chiens et installait Jeanne sur le traîneau, l’emmitouflant de fourrures, elle et l’enfant, comme eût pu le faire le vieux Pierre. Puis, le traîneau s’étant mis en route, Kazan emboîta sa piste et, toute la journée le suivit, à quelque distance en arrière, suivi lui-même par Louve Grise, qui glissait sur ses pas, comme une ombre. Le voyage se continua jusqu’à la nuit. Le vent était tombé. Sous les étoiles brillantes et sous la lune calme, l’homme pressait l’attelage. ”
Olga de Lébédew,
Abrégé de l’Histoire de Kazan
“ Les Kazaniens furent saisis d’effroi : beaucoup prirent la fuite. Le Tzar Jean fut outré de la cruauté de son protégé. Il envoya le prince Adacheff à Kazan pour déclarer à Schah-Ali qu’on enverrait les troupes russes dans sa capitale. « Je comprends très bien, » répondit le Khan, « que les Kazaniens me haïssent et que je ne puis plus régner ici. Mais je suis un vrai croyant musulman et ne donnerai pas Kazan aux chrétiens ; pourtant je faciliterai votre victoire en enclouant les canons et en faisant égorger les seigneurs de la ville. » ”
Olga de Lébédew,
Abrégé de l’Histoire de Kazan
“ L’histoire ne nous a conservé que fort peu de souvenirs durables du royaume de Kazan qui fut fondé à la fin du xive siècle par les Tartares. La richesse de ce vaste pays, limité par le Volga à l’occident, par le Kama et la Viatka à l’orient et au sud, qui forment de nos jours la partie nord-est de la province de Kazan, avait toujours attiré des colons depuis l’antiquité la plus reculée. Les armes de pierre et les ruines d’habitations humaines, derniers vestiges de cette époque reculée, trouvés dans la province de Kazan actuelle, nous prouvent que ce pays a été habité de temps immémorial. ”
Jurien de La Gravière, Les Marins du XVIe siècle
“ Dans cette île se tenait jadis le grand marché des Russes, des Kazanais, des Nogaïs et des Criméens. Ce marché est abandonné ; il n’y a plus, depuis le mois d’octobre 1552, de marché neutre entre Moscou et la mer Caspienne. La conquête a fait la sécurité, elle a fait aussi la solitude. Kazan n’est qu’à une quinzaine de lieues en amont de l’embouchure d’une large rivière. Cette rivière, la Kama, vient de la Permie ; elle apporte au-dessous de Kazan son puissant tribut au fleuve dont le courant continue d’entraîner la barque de Jenkinson. ”
James Oliver Curwood,
Kazan
(1925)
“ KAZAN RENCONTRE LOUVE GRISEAssis sur son derrière, Kazan, après avoir jeté son cri lointain, se mit à renifler dans l’air la liberté qui maintenant était la sienne. Autour de lui s’évanouissaient, avec l’aurore, les abîmes de nuit de la forêt.Depuis le jour où tout là-bas, sur les bords du Mackenzie [7] , il avait été, par des marchands qui trafiquaient dans ces parages, acheté aux Indiens et, pour la première fois, attelé aux harnais d’un traîneau, il avait souvent, en un désir ardent, songé à cette liberté vers laquelle le repoussait le sang de loup qui était en lui. ”
“ À minuit seulement, il regagna sa propre tente, hagard et la figure bouleversée. Les femmes blanches sont rares sur la Terre du Nord et un irréfragable désir, proche de la folie, montait, grandissant et terrible, en cette âme impure. À la tiédeur du feu, les yeux de Kazan se fermaient lentement. Il somnolait, agité, et mille rêves dansaient dans son cerveau. Il lui semblait parfois qu’il combattait, en faisant claquer ses mâchoires. D’autres fois, il tirait, au bout de sa chaîne, un traîneau que montaient, ou Mac Cready, ou sa jeune maîtresse. ”
James Oliver Curwood,
Kazan
(1925)
“ Chaque fibre de ses muscles puissants était tendue comme un fil d’acier.Les quatre ans d’existence que comptait Kazan, chez qui il y avait un quart de loup et trois quarts de chien husky [1] , s’étaient entièrement écoulées dans les immenses et blanches solitudes de la Terre du Nord. Là il avait connu les affres de la faim, là il avait subi le gel et le froid. Il avait écouté le gémissement des vents sur les Barrens [2] et s’était aplati, sous le craquement terrible de la tempête, au bruit du tonnerre des torrents et des cataractes. ”
“ Par trois fois, il vit Thorpe, chancelant et le front bandé, sortir de la tente, et qui criait fortement : — Kazan ! Kazan ! Kazan ! Isabelle était, les trois fois, aux côtés de Thorpe. À la lueur du foyer, Kazan pouvait l’apercevoir, telle qu’elle était lorsqu’il avait bondi vers elle pour la défendre et avait tué l’homme. Elle était pâle encore, pâle comme la neige, du péril couru, et la terreur ne s’était pas complètement enfuie de ses yeux bleus. Elle aussi appelait : — Kazan ! Kazan ! Kazan ! ”
James Oliver Curwood,
Kazan
(1925)
“ Ruisselant d’eau et haletant, à demi suffoqué par la chaleur et la fumée, Kazan vint prendre place au côté de Louve Grise. Il comprenait que le seul refuge qui leur restât était la langue de sable et il se mit en devoir d’y conduire sa compagne.Comme ils approchaient du petit isthme qui reliait le sable à la rive, ils sentirent leurs narines se crisper, et n’avancèrent plus qu’avec précaution. Leur flair leur disait qu’un ennemi n’était pas loin. ”
Hippolyte Fournier, Histoire pittoresque des villes les plus remarquables de l'Italie… (1849)
“ La ville de Kazan est située sur les bords du Volga. L'on y compte cinquante mille habitants , quatre mille cinq cents maisons et cinquante-huit églises. Kazan a, comme Moscou,son kremlin ou kremi, et son audacieuse tour qui semble toucher les cieux. En arrivant devant une grande ville en Russie, un monument de ce genre est toujours le premier objet qui frappe les regards. A Kazan , c'est la tour de Soumbeka; elle est le plus ancien édifice de la ville telle qu'elle existe aujourd'hui. ”
“ SEULE DANS SA CÉCITÉ Bien des heures après que Kazan fût tombé sur la rive du fleuve, sous le coup de fusil de Sandy Mac Trigger, Louve Grise attendit que son fidèle compagnon vînt la retrouver. Tant de fois il était revenu vers elle qu’elle avait confiance dans son retour. Aplatie sur son ventre, elle reniflait l’air et gémissait de n’y point découvrir l’odeur de l’absent. Mais, de tout le jour, Kazan ne reparut point. Le jour et la nuit étaient depuis longtemps semblables pour la louve aveugle. ”
Olga de Lébédew,
Abrégé de l’Histoire de Kazan
“ Sans attendre de réponse, l’armée russe traversa le Volga le 16 et trois jours après, le Tzar se trouva avec ses forces principales de l’autre côté du fleuve. Une grande animation régnait à Kazan ; l’agonie commençait. Les habitants, altérés de sang et de vengeance, se préparaient à défendre leur ville. Le 20 août le Tzar Jean qui s’approchait de Kazan par la route de Moscou, reçut la réponse suivante des Kazaniens : « Nous sommes prêts et vous attendons au festin sanglant. » ”
“ Kazan épiait tous ses mouvements. Il rampait sur le soi, en oubliant sa chaîne. Chaque once de force de son corps puissant se rassemblait sur elle-même pour bondir. Il bondit, et l’élan fut tel qu’un des anneaux d’acier, plus faible que les autres, céda, avec un bruit sec. Avant que Sandy Mac Trigger eût eu le temps de se retourner et de se mettre en garde, le chien-loup était à sa gorge. Avec un cri d’épouvante, l’homme chavira et, tandis qu’il roulait sur le sol, la voix grave du gros danois qui tirait sur sa chaîne, gronda en un tonnerre d’alarme. ”
Olga de Lébédew,
Abrégé de l’Histoire de Kazan
“ Pendant ce temps, l’armée russe, entre les voïvodes de laquelle se trouvait aussi Schah-Ali, était déjà en marche vers Kazan. Bien que cette armée se soit contentée de se battre dans le rayon du territoire de Kazan rapproché du Volga, sans entrer dans la ville même, cette expédition eut néanmoins un résultat fort important ; afin d’avoir une base d’opérations ou plutôt une station militaire dans les guerres avec Kazan, les Russes fondèrent une ville à l’embouchure de la rivière Sourà, nommée ainsi en l’honneur du Grand-Duc « Vassilsoursk ». ”
“ Kazan aperçut l’être ailé qui s’était installé sur une des épaules du vieil élan. Rapide comme l’éclair, il sortit de son buisson, suivi de Louve Grise, et, avec un grondement de colère, bondit vers le voleur, les mâchoires béantes. Mais sa gueule se referma sur le vide. Son bond l’avait porté trop loin et, quand il se retourna, le hibou s’était envolé. ”
James Oliver Curwood,
Kazan
(1925)
“ Alors, c’est toi qui es Kazan, mon cher, mon vieux Kazan, mon chien-héros. C’est toi, m’a-t-il dit, qui lui as sauvé la vie et qui me l’as ramené jusqu’ici, alors que tout le reste de l’attelage était mort ! Tu es mon héros... ”
“ Kazan lui sauta à la gorge et le tua. Et pas avant qu’il ne se fût rassasié, les autres chiens ne se permirent de goûter à la proie commune. Il était le maître, le tsar tout-puissant, qui les faisait reculer par un simple grognement. Au seul aspect de ses crocs, ils se couchaient tremblants, sur leur ventre, dans la neige. Louve Grise arriva, une demi-heure après, triste, les oreilles pendantes et la tête basse. C’est à peine si elle goûta au daim. Ses yeux aveugles semblaient supplier Kazan de ne pas l’abandonner, de se séparer de ces intrus, pour revivre avec elle la solitude passée. ”
“ Jamais il n’avait vu pareil chien et, tout muselé que fût Kazan, il n’était qu’à moitié rassuré sur l’issue de la bataille. Il était trop évident que si la muselière venait à rompre ou à glisser, c’en était fait de lui, sans rémission. Tout à cette pensée, l’homme asséna finalement un coup si formidable sur la tête de Kazan que le vieux lutteur en retomba sur le sol, plus flasque qu’une chiffe. ”
James Oliver Curwood,
Kazan
(1925)
“ A trois reprises différentes, Kazan sentit le contact de la mitaine ; contact où il n’y avait ni menace ni douleur. Cela fait, l’homme lui tourna le dos et repartit.Lorsque Pierre se fut éloigné, Kazan jeta un cri plaintif et le poil qui s’était dressé en crête, tout le long de son échine, s’aplatit. Il regardait ardemment vers la lumière du feu. L’homme ne lui avait fait aucun mal. Il eût souhaité pouvoir courir après lui.Louve Grise, qui n’avait pas été loin, était revenue lorsqu’elle avait vu que Kazan était seul à nouveau et elle se tenait devant lui, les pattes raides. ”
“ Kazan ne s’arrêta plus avant que son museau n’eut touché aux volutes de la robe qui s’étalaient sur le plancher. Et un tremblement, derechef, le saisit. La femme avait commencé à chanter. Kazan avait bien entendu déjà une jeune Peau-Rouge fredonner devant sa tente les airs de son pays. Il avait entendu aussi la sauvage Chanson du Caribou. [3] . Mais rien de ce qu’il avait ouï encore de la voix humaine ne pouvait se comparer au miel divin qui découlait des lèvres de la jeune femme. Il se ratatina, en tâchant de se faire tout petit, de peur d’être battu, et leva les yeux vers elle. ”
“ Un homme, avec un traîneau et son attelage de chiens, descendait dans leur monde. Le vent, qui était contraire, ne l’avait point averti, ni Louve Grise, et Kazan vit tout à coup un objet qui, sous le soleil, étincelait dans les mains de l’homme. Il n’ignorait point ce qu’était cela, c’est-à-dire l’objet qui crache le feu et le tonnerre, et qui tue. Il donna l’alerte, aussitôt, à Louve Grise et ils filèrent ensemble, à toutes pattes. Mais une détonation retentit et, tandis que Kazan grognait furieusement sa haine à l’objet qui tuait et aux hommes, un sifflement passa au-dessus de sa tête. ”
“ Kazan, n’hésita point. Il bondit, avec un grognement féroce, et planta ses dents dans la peau épaisse de la gorge du colosse. Puis il retomba sur le sol et il se recula d’une vingtaine de pas, pour renouveler immédiatement son attaque. Le vieil élan, cette fois, réussit à l’enlever sur la large feuille palmée de sa corne unique et, le faisant danser en l’air, le rejeta en arrière, par-dessus sa tête, à moitié assommé. Mais Louve Grise était, comme toujours, arrivée à la rescousse. ”
“ Les peupliers gonflaient leurs bourgeons, prêts à éclater, et l’air s’imprégnait du parfum pénétrant des baumiers, des sapins et des cèdres. Là où, six semaines auparavant, régnaient la famine et la mort, Kazan et Louve Grise respiraient à pleines narines l’odeur de la terre et écoutaient palpiter tous les bruits de la vie renouvelée. ”
“ Ce ne fut pas Louve Grise qui répondit, mais, la voix du gros danois. Paul Weyman, penché sur l’immobile cadavre de Sandy Mac Trigger, entendit le hurlement du chien-loup. Il prêta l’oreille, en écoutant si l’appel se renouvellerait. Mais Kazan était, déjà, rapidement reparti. L’air vif et froid qui, par-dessus les immenses Barrens, lui arrivait de l’Arctique, les myriades d’étoiles qui luisaient au-dessus de sa tête dans le vaste ciel, le bonheur enfin de la liberté reconquise, lui avaient rendu toute son assurance et excitaient encore l’élasticité de sa course. ”
“ Pierre et Kazan remorquèrent à eux deux le traîneau, et Jeanne, à pied, marchait derrière, sur la piste tracée. Kazan tirait sans trêve, de toutes ses forces, et pas une fois l’homme ne le frappa du fouet. ”
Alfred Rambaud,
Histoire de la Russie : depuis les origines jusqu'à nos jours…
(1900)
“ Maintes chansons épiques sont consacrées à célébrer cette grande victoire. Ce n'est pas seulement, comme le dit Karamsine, parce que Kazan est la première forteresse que les Russes aient prise après un siége en règle : c'est parce que la prise de Kazan marque le point culminant dans l'histoire de la longue lutte des Slaves contre les Tatars, lutte qui avait commencé par l'asservissement total de la Russie aux Mongols, lutte qui se continue encore de nos jours, et qui ne se terminera vraisemblablement que par l'asservissement des races tatares à l'empire russe. ”
“ Tous deux, échoués dans cet abri, ne cessaient point d’observer, à travers les ramures clairsemées des sapins et des cèdres, le feu qui brillait et dont la lueur arrivait jusqu’à eux. Ils humaient l’air nocturne et savaient que les deux êtres humains étaient là. Et le même désir persistait chez Kazan d’aller vers ce feu, entraînant avec lui Louve Grise, et de rejoindre la femme et sa caresse. La même crainte subsistait aussi de l’homme qui accompagnait cette femme, car l’homme avait toujours été pour lui synonyme de gourdin, de fouet, de douleur et de mort. ”
“ Le vieux patriarche n’avait point pressenti le danger qui le menaçait. Il n’aperçut Kazan que quelques secondes avant que le chien-loup l’eût atteint. Il s’arrêta de scier son arbre ; mais, lent à se mouvoir sur la terre ferme, il parut hésiter un instant. Kazan était déjà sur lui lorsqu’il se laissa dégringoler vers le torrent. Il y eut un corps à corps rapide entre le castor et son agresseur. Mais Dent-Brisée glissa comme de l’huile sous le ventre de Kazan et se retrouva bientôt en sûreté dans son élément, avec deux morsures à vif dans sa queue charnue. ”
