Nicolas Bibesco

Résumé

Nicolas Bibesco Les Kabyles du Djurdjura

Voilà bien, en un mot, le régime égalitaire par excellence ; mais tout ce qui est fait pour élever l’homme au-dessus de ses pareils n’en garde pas moins, là comme ailleurs, son prestige : l’intelligence, l’éloquence, le renom militaire, la fortune, la naissance même, sont autant de titres à l’influence dans la djemâ, et le pouvoir de l’amine, quelque soumis qu’il paraisse au contrôle de l’assemblée populaire, grandit singulièrement par la valeur de celui qui l’exerce. C’est assez dire le rôle capital que joue l’élection d’un amine dans la vie politique de la société kabyle.
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Nicolas Bibesco Les Kabyles du Djurdjura

Tant que nos soldats ne travaillèrent qu’à la route, les Kabyles crurent que nous préparions le chemin de notre retraite ; mais lorsqu’ils virent sortir de terre les murs de Fort-Napoléon, grandir et s’achever en quatre mois le relief du fantôme blanc qui, suivant leur expression naïve, répète chaque jour à la montagne : Souviens-toi ! ils comprirent la situation, — témoin ce vieillard des Aït-Iraten qui, regardant les murailles naissantes et fermant les yeux, se prit à dire : « Quand on meurt, les yeux se ferment ; moi, je ferme les miens, parce que nous sommes morts pour toujours. »
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Nicolas Bibesco Les Kabyles du Djurdjura

La polygamie est rare, elle est permise cependant ainsi que dans la loi arabe ; mais, en ce qui regarde la situation de la femme, une différence profonde sépare la coutume kabyle de la loi musulmane aussi bien que de la nôtre. La femme kabyle, que nous voyons sortir librement de sa maison, aller aux fontaines et par les chemins sans se voiler le visage, diriger les travaux de l’intérieur, s’asseoir même au repas devant son mari, — cette femme, aux yeux de la loi, n’est pas une personne. Le père, en mariant sa fille, la vend au plus offrant ; pour l’époux, la femme est une chose qu’il achète.
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