Résumé

Portrait de Dora d’Istria Dora d’Istria La Poésie populaire des Turcs orientaux…

La première impression chez ces nomades est d’une violence extrême : lorsque le khan aperçoit Kanisbeg, la sœur de Kougoul, il tombe évanoui. Ses yeux ardens se fixent sur la belle enfant et ne peuvent pas s’en détacher. Absorbé dans cette extase de volupté, il se coupe un doigt, comme les compagnes de Zouléïka, dans une des épopées romanesques des Turcs, se déchirent la peau des mains en croyant peler des oranges, tant la beauté de Youssouf les bouleverse. Quand l’être humain est à ce point envahi par un sentiment irrésistible, il ne faut lui demander ni équité, ni modération, ni prévoyance.
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« Quand un vigoureux sanglier est atteint par une flèche, qu’il agite ses défenses, que peut-il faire ? Quand un loup brun à la large poitrine attrape une flèche dans le cœur, que sa gueule écume, que peut-il faire ? » Il est bien rare que la poésie populaire ne résolve pas très franchement ce « problème de la destinée humaine, » qui est bien loin de lui offrir les difficultés qu’il présentait à un Jouffroy.
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Le shah, frappé d’étonnement, leur propose la liberté, si Youssouf parvient à vaincre dans une improvisation poétique Kœtche, le poète de la cour. Le héros, au lieu de faire l’éloge du tyran, chante le pays qui l’a vu naître.
Cette improvisation n’intéresse pas seulement comme œuvre poétique ; on y voit quel est aux yeux d’un Turc oriental l’idéal parfait d’un état florissant. Le peuple, dit Youssouf, est aussi beau que la contrée, que cette contrée dont l’hiver est un été. Les vieillards reposent dans les blanches tentes et les jeunes gens se livrent à la chasse.
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