Résumé

Henri Blerzy Les Révolutions de l’Asie centrale

L’armée britannique avait franchi l’Indus; elle s’était emparée de Caboul, et le brave émir des Afghans, Dost-Mohamed, était venu chercher un refuge à Bokhara avec toute sa famille. On ne savait guère alors dans la Transoxiane ce que c’était que l’Angleterre, et les Anglais ne savaient guère mieux ce qu’était devenu l’empire légendaire de Gengis-Khan et de Timour. Cependant la sainte Bokhara, capitale religieuse et politique de l’Asie centrale, se présentait toujours à l’esprit avec une auréole de gloire, avec les traditions d’une grandeur passée dont la décadence n’apparaissait pas aux yeux.
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Henri Blerzy Les Révolutions de l’Asie centrale

Rien ne surpasse la désolation de ces immenses plaines nues et arides, l’Oust-Ourt, entre la Caspienne et l’Aral, — le Kizil-Koum (sables rouges) , entre l’Oxus et le Yaxartes, — le Kara-Koum (sables noirs) , au nord de ce dernier fleuve. Entre le Kharizm, la Caspienne et les frontières de la Perse, la steppe présente encore la même apparence. Il n’y a là ni alimens, ni fourrage, ni combustible. La température est glaciale en hiver, brûlante en été. Pendant la saison froide, le vent soulève la neige en tourbillons sous lesquels tout est enseveli.
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Henri Blerzy Les Révolutions de l’Asie centrale

Ce qu’il y a de singulier dans cette histoire des conquêtes russes au cœur de l’Asie, c’est le défaut d’entente entre tous ces souverains de même religion, de même race, qui n’ont pas senti un seul jour que réunis ils pouvaient offrir une résistance sérieuse à l’invasion européenne. En contact avec trois puissances occidentales, la Grande-Bretagne, la Russie et la Turquie, la Perse sait bien, elle, avoir une politique; les Afghans aussi en ont une au milieu de leurs plus violentes discordes civiles : ils veulent rester indépendans et ne souffrir aucune intervention étrangère.
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