“ Puis, ses limites ne paraissant plus suffire, l’Angleterre voulut dominer le revers septentrional des montagnes qui bordent l’Inde et elle fit graviter dans l’orbite de l’empire anglo-indien le Béloutchistan, l’Afghanistan, le Cachemire, le golfe Persique. Elle a même songé à y faire graviter le Thibet et la Perse. C’est cette politique qui, ayant pour objet de la rendre assez forte pour la rendre indifférente à l’amitié ou à l’inimitié des puissances continentales, lui a fait dédaigner tout traité d’alliance, et l’a confinée dans son « splendide isolement. » ”
Rouire
Résumé
Revue des Deux Mondes, rédaction collective dirigée par Rouire, est une publication périodique du XIXe siècle qui aborde les enjeux coloniaux, politiques et géopolitiques à travers des études approfondies. En mettant en évidence les conflits entre colons et populations locales, elle analyse les politiques impérialistes de l’Angleterre en Asie ainsi que l’évolution sociale de la Chine, tout en examinant les difficultés de la colonisation française en Algérie.
Les articles décrivent les relations de domination, les frontières contestées et l’influence de la modernisation sur les sociétés traditionnelles, illustrant ainsi les enjeux complexes entre différentes civilisations.
Citations de Revue des Deux Mondes (Rouire)
“ Il y a d’abord une évolution sociale due à l’influence continue des institutions françaises. Il y a ensuite une évolution intellectuelle, due à l’instruction, si parcimonieusement distribuée encore soit-elle. Il y a une évolution morale due au contact des hommes et des idées modernes. Sous cette triple action, les indigènes algériens, gagnés aux idées françaises, oublient leurs traditions de défiance, n’hésitent pas à emprunter à l’Europe ce qu’elle a de bon et créent ainsi une nouvelle nationalité franco-africaine. La force qui entraîne la population indigène, c’est la civilisation moderne. ”
“ La Chine aux Chinois, tel est le mot de ralliement. Les innombrables sociétés qui existent dans le pays ont adopté des chants de marche où est célébré le dévouement à la patrie et provoquée la haine de l’étranger. Chez le peuple se développe le sens de sa propre personnalité, et la grande patrie a pris conscience d’elle-même. C’est surtout par la lecture des journaux qu’on peut se rendre compte de la transformation de la vie sociale et politique de la Chine et de la véhémence du sentiment patriotique et militaire qui anime aujourd’hui la masse de la population. ”
