“ Au commencement du XIXe siècle, les Anglais avaient occupé Périm. Forcés d’évacuer cette île, en raison de l’insalubrité du climat, comme ils durent évacuer les îles du golfe Persique, ils cherchaient un endroit pouvant servir de point de relâche et de station de ravitaillement pour leurs escadres, quand le capitaine Haines, qui relevait, en 1834, l’hydrographie de la côte méridionale de l’Arabie, signala le port d’Aden. Certes, il est impossible d’imaginer sous un soleil dévorant rien de plus nu, de plus aride que les plages avoisinantes : ni fruits, ni sources, pas d’eau potable. ”
Périm
Définition et enjeux
Citations sur “Périm”
Jules Verne,
Mirifiques Aventures de maître Antifer
(1894)
“ Avec l'île de Périm, dont elle a fait un autre Gibraltar, elle tient l'entrée de ce couloir long de six cents lieues, qui débouche sur les parages de l'océan Indien. Si le port d'Aden est en partie ensablé, du moins possède-t-il un vaste et commode mouillage à l'est, puis, à l'ouest, un bassin où toute une flotte trouverait abri. ”
H Flassayer, Cours d'histoire et de géographie coloniales de la France… (1887)
“ Ce n'est pas le seul avantage que nous possédions clans ces parages : il est, sur le détroit même, en Arabie, un point élevé de plus de 200 mètres, distant de 3 kilomètres à peine de l'îlot anglais de Périm, dont l'altitude dépasse à peine 65 mètres. ”
Ch Combette, Guide du voyageur et de l'émigrant… (1890)
“ Périm et la petite passe sont donc complètement dominés par Cheick-Saïd. Ce territoire a une superficie d'environ 150.000 hectares et une étendue de côtes de 60 kil. Le terrain est formé de roches éruptives, de sables et de dépôts madréporiques; il est très pauvre et la chaleur y est torride. Il n'est habité que par quelques nomades et quelques pêcheurs ; quoiqu'il n'y pleuve jamais, on y trouve des puits d'eau potable alimentés par les pluies du plateau central de l'Yémen. La rade est bonne. Le sol ne comporte aucune culture ”
Camille Debans,
Les malheurs de John Bull
(1884)
“ Mais la prise de Perim, qui semblait indiquer le plan bien conçu et le parti arrêté d'annihiler le canal de Suez, donna aux Anglais les premières inquiétudes sérieuses qu'ils dussent éprouver dans la guerre pour l'empire des mers. Le peuple criait dans les rues et faisait des meetings, au cours desquels on invitait le gouvernement à châtier les insolents corsaires qui volaient des vaisseaux. Mais les hommes d'État étaient plus calmes. Ils jugèrent, dès les premiers moments, que la lutte serait peut-être pénible. ”
Camille Debans,
Les malheurs de John Bull
(1884)
“ William Smith, de son côté, n'avait plus rien à faire à Perim, qu'occupait une vigoureuse et nombreuse garnison de Malais presque sauvages. Sur l'ordre télégraphique du roi, il avait mis le cap, lui aussi, sur Madagascar, et il était arrivé dans la baie Diego Suarez quelques jours après Pontins. Des instructions cachetées leur ordonnaient de débarquer la moitié de leur monde et d'engager en nombre considérable des noirs du Malabar pour construire des redoutes sur des sommets bien choisis, et pour assainir la côte, autant que possible, en comblant les marais. ”
Émile Driant,
L’invasion noire
“ Par cet étranglement de 22 kilomètres entre la pointe de Cheik-Saïd et le promontoire de Sidjan, la mer Rouge communique avec le golfe d’Aden et l’océan Indien, fossé de 2.000 mètres de profondeur creusé entre les deux masses continentales d’Asie et d’Afrique. À 19 kilomètres de la côte africaine s’interposait l’île volcanique et tourmentée de Périm, sentinelle anglaise regardant les deux territoires français d’Obock et de Cheik-Saïd, semblant interdire jalousement, de ses batteries à fleur d’eau, la route des Indes à tout ce qui n’arborait pas le pavillon britannique. ”
Alfred Assollant,
Canonniers à vos pièces ! par Alfred Assollant
(1861)
“ La destinée du monde est au bout de ton sabre. Tu sais d'où vient la querelle. John Bull, l'Anglais, et Jonathan, l'Américain, sont deux vigoureux garçons qui tiennent de leur commune origine une passion effrénée pour le bien d'autrui. Leurs doigts crochus s'étendent sur le globe, cherchant partout quelque île, comté ou continent, à saisir et à fourrer dans leurs vastes poches. Au besoin ils se contentent d'un simple rocher, pourvu qu'il soit bien situé, comme Gibraltar ou Périm. ”
Claudius Madrolle,
De Marseille à Canton, guide du voyageur…
(1902)
“ Le rivage africain est morne et désolé ; on côtoie les Sept Frères, îlots rocheux, sur quelques-uns desquels on a élevé des perches munies de balais. On double le Ras Bir, et on entre dans le golfe de Tadjoura limité par une succession de dunes ravinées, presque partout nues, et desséchées, et dont l'uniformité désolée n'est interrompue que par quelques bourgades : Obok, 300 h., ancien chef-lieu de la colonie, station du câble français allant de Djibouti à Périm. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ Péris, génies femelles des Persans, d’une beauté extraordinaire ; elles sont bienfaisantes, habitent le Ginnistan, se nourrissent d’odeurs exquises, et ressemblent un peu à nos fées. Elles ont pour ennemis les dives. Voy. Dives. Périthe, pierre jaune qui avait, dit-on, la vertu de guérir la goutte et qui brûlait la main quand on la serrait fortement. Péroun, génie ou dieu du tonnerre chez les anciens Slaves ; il était très-redouté ; et son culte avait lieu encore au sixième siècle. Perrier, démon invoqué comme prince des principautés, dans les litanies du sabbat. ”
François-Georges Audierne, De l'origine et de l'enfance des arts en Périgord… (1863)
“ Quelle distance, en effet, entre ces hommes qui bâtissent la tour de Babel et ces autres hommes qui, en Périgord, ébauchent des haches, des armes, des instruments en silex et se logent dans des grottes! Les hommes de l'Orient, réunis en sociétés considérables après le déluge, sous un climat favorisé, furent donc bien supérieurs à ces émigrants besogneux, jetés sur les côtes occidentales après des voyages où la tribu s'était à peine constituée. ”
Philippe Tamizey de Larroque, Deux allocutions au sujet de Peiresc
“ Vive Peiresc, le roi des savants du Midi ! Vive votre terre, la reine ensoleillée et parfumée de toutes les terres de notre douce France ! Vive l’École de Lar, où l’on fait de si exquise musique et de si exquise poésie, et où il y a tant d’aimables hommes, que toute cette harmonie et toute cette bonté font penser à la maison du bon Dieu que je vous souhaite d’aller tous habiter, quand vous aurez atteint les années de Mathusalem ! ”
Eugène Le Roy,
Au pays des pierres
“ Le lendemain matin, ayant embrassé vingt fois ma Rosette en larmes, j’allai faire mes adieux à mon parrain, après quoi je fus à la maison commune quérir ma feuille de route. Les onze enrôlés de la veille, nous nous retrouvâmes là, et, ayant reçu nos papiers, nous prîmes le chemin de Périgueux, convoyés jusqu’à Sainte-Yolée par une grande troupe de monde. Arrivés que nous fûmes à ce petit bourg, Périgord, m’ayant tiré à part, me bailla un louis d’or et quelques assignats de cinq livres que je serrai dans une ceinture de cuir, puis nous rentrâmes à l’auberge. ”
François-Georges Audierne, De l'origine et de l'enfance des arts en Périgord… (1863)
“ Le Périgord en est la preuve dans le sujet qui nous intéresse, puisque nous devons croire qu'il ne fut habité qu'après le déluge, comme nous le verrons. L'ignorance, dans ces hommes de la vie nomade, fruit de leur déchéance morale, les plongea dans la barbarie, et, ignorants et barbares, ils devinrent égoïstes et méchants. Par le besoin de se tenir en garde les uns contre les autres, ils se firent des armes pour pouvoir plus sûrement assouvir leur haine, venger des outrages, soutenir des combats, satisfaire leur convoitise et chercher à assurer leur repos. ”
Jules Claretie,
Pierrille
(1879)
“ Il n'y a rien pourtant dans ce petit roman que le fantôme des jeunes années et peut-être un parfum de terroir qu'on retrouvera également dans le récit, plus dramatique et plus violent, que je donne à la suite. J'aurais voulu peindre plus vivement ce beau et fier Périgord qui représentait, pour mon enfance, la liberté, les jeux, le libre plaisir à travers les champs et les bois. Tous les ans, lorsque nous habitions Limoges et lorsque les mois des vacances étaient venus, mes parents m'envoyaient en Périgord, à Ratevoul, chez mon grand-père paternel. ”
Gabriel Hanotaux,
Revue des Deux Mondes
“ Le Périgord était plein d’une noblesse « innombrable, prompte, dure, aimant les querelles, avide de nouveautés et toujours prête à se mettre en mouvement pour le moindre objet. » « ... Quant aux gens de condition inférieure, ils sont vains, dispos, fort gaillards et de longue vie pour leur naturelle sobriété... Ils sont fort affables, accorts, propres à toutes honnêtes actions et exercices, soit aux lettres, armes, arts mécaniques ou autres perfections. » ”
Oscar Bardy de Fourtou, Monsieur Philippe Daussel, sénateur de la Dordogne… (1883)
“ Le Périgord, Messieurs, permettez-moi de vous le dire, aie privilège d'inspirer à ses enfants une sorte d'amour passionné. Quand on s'éloigne de lui pour servir la France dans des régions supérieures, on ne le quitte pas pour cela, on lui demeure attaché par des liens que rien ne brise et même ne relâche. M. Daussel l'aimait, l'aimait comme nous tous, avec une ardeur incessamment ravivée par l'absence ; et, Messieurs, s'il est vrai qu'on aime d'autant plus qu'on se donne davantage, vous sentez quelle violence devait avoir dans son cœur le sentiment périgourdin. ”
Émile Souvestre,
Contes et légendes de Basse-Bretagne
“ Plus sobre, plus clair, plus concis, plus nerveux, plus délicat, l’esprit français sourit à travers les Contes de Perrault. Le merveilleux breton n’a ni l’éclatant vernis du premier, ni la gracieuse élégance du second. Fils de la grève et de la bruyère, il a les hardiesses du marin et les naïvetés du pâtre ; il remplace raffinement par la malice et l’ingéniosité, l’art par une crânerie simple et tranquille ; moins ensoleillé, moins net, il plaît à force de franche humeur et de ressources. ”
François-Georges Audierne, De l'origine et de l'enfance des arts en Périgord… (1863)
“ Le Périgord est très accidenté, très montueux : les mouvements de terrains y sont très prononcés, les monts très escarpés, les vallées très profondes, et cependant les diverses assises de ce terrain si tourmenté, mises à découvert et faciles à explorer, n'ont laissé apercevoir nulle part les moindres vestiges de travail humain. On y remarque, sans doute, beaucoup de silex rangés par lignes horizontales; mais cette disposition est l'œuvre de la nature et nullement celle de l'homme. ”
Arthur Young,
Voyages en France en 1787, 1788 et 1789
(1794)
“ Les paysans sont pour la plupart propriétaires. Le tableau immense des Pyrénées se déploie devant nous dans des proportions d’étendue et de hauteur vraiment sublimes : près de Perges, la vue d’une riche vallée, qui semble s’étendre jusqu’au pied des montagnes, est une scène splendide ; on ne voit qu’une vaste nappe de culture, parsemée de ces maisons blanches si bien bâties ; l’œil se perd dans une vapeur qui s’arrête au pied de la magnifique chaîne, dont les sommets, couverts de neige, se découpent de la façon la plus hardie. ”
Eugène Le Roy,
Le Moulin du Frau
(1891)
“ Lou Curel de Peiro-Bufiero, Per tua lou tems, Lou paradis de las Belas-Maïs, Lou chavau de Batistou, et tant d’autres jolies patoiseries que nous autres, paysans, devrions tous avoir dans notre tirette de cabinet. Oui, il y a encore chez nous de bons enfants du Périgord, qui ne méprisent pas la terre natale, et qui ont l’esprit alerte, la tête, le bras et l’estomac solides, toutes qualités qui font le vrai Périgordin, propre à tout, bon à penser et à agir ”
Albertine-Adrienne Necker de Saussure, Eloge historique de M. de Périgord… (1800)
“ MONSIEUR de PÉRIGORD partit le lendemain; et le peuple, qui avait été instruit-, par le meunier, de la générosité. de son bienfaiteur, s'empressa de se trouver sur son passage pour le combler de voeux et de bénédictions. MONSIEUR de PÉRIGORD avait souvent excité ma curiosité, en me parlant de sa petite secte. Toutes les fois qu'il arrivait quelques désordres dans la province, il disait : si tous les hommes ressemblaient à ceux qui la composent, il serait bien doux et bien facile de les gouverner. ”
Francisque Sarcey,
Les misères d'un fonctionnaire chinois…
(1882)
“ Mes pieds me portèrent sous cette allée de sapins où Perrier, un an auparavant, avait reçu les serments de Jeanne. L'allée était aussi belle, les arbres aussi verts, et la neige étincelait au loin des mêmes reflets roses. Mais que tout cela me parut triste ! Nous ne voyons la nature qu'à travers les sentiments de notre coeur, et nous l'associons toujours à nos deuils, comme à nos joies. ”
Léonce de Lavergne,
Dictionnaire encyclopédique usuel…
(1858)
“ PÉRIGORD, ancienne province de France, enclavée dans la Guyenne, et bornée au N. par l'Angoumoïs et une partie de la Marche, à l'E. par le Quercy et le Limousin, au S. par l'Agénois et le Bazadois, à l'O. par le Bordelais et une partie de la Saintongo et de l'Angoumoïs. Elle a environ 88 lieues de long sur 24 de large. L'ille la divise en deux parties : le haut et le bas Périgord. Le climat est pur et sain, mais un peu froid ; le pays montagneux : la terre fertile en grains et en truffes. On y trouve abondamment du gibier, de la volaille, des bestiaux. ”
François-Georges Audierne, De l'origine et de l'enfance des arts en Périgord… (1863)
“ Le Périgord, pourvu de nombreux cours d'eau, possède beaucoup de grottes. Les plus belles dominent les vallées de la Vézère, de l'Isle, de la Drône, de la Dordogne et des ruisseaux du Céoü et du Codoü. Toutes ces grottes, dont l'ouverture fait face au levant ou au midi, renferment plus ou moins de silex travaillés; mais il en est trois surtout où ces silex abondent et dans des conditions qu'il importe de faire connaître. Ces grottes sont : Badegoule, la combe Granal (et non pas Grenan, comme on l'a imprimé quelque part) et le Pey-del'Azé. ”
Clair Tisseur , Le Littré de la Grand'Côte
“ PEIREROU, s. m. — Chaudronnier ambulant ; par extension, poêlier. Mon chaudron est cabossé ; faut que je le donne au peirerou. Les peirerous sont tous d’Auvergne, ainsi que le montre cette vieille chanson : En rebenant de la Cachtourine, Una troupa de z’Oubergnats, Qui tout le long du chemin chemine, Tout à coup se mit à gueula : « Fondant les cuillas ! « Ombrant les benitias ! « Cousant les saladias ! « Peirouri, rouri, Mesdames, « Peirouri, youpsa ! norma ! » ”
Georges de Peyrebrune, Victoire la rouge (1883)
“ Mais elle avait posé sur sa tête son paquet de hardes, et elle coupait son pain, et elle s’en emplissait la bouche, toujours vorace, ne songeant dans sa fuite qu’à apaiser l’énorme faim qui lui mordait les flancs. xvi On a donné le nom de « Périgord noir » à certaines parties du département de la Dordogne où le sol, la culture, les habitants offrent un caractère de sauvagerie, de rusticité fruste et noire, en effet, en complet désaccord avec le caractère général du pays, qui est riant, gai et riche, avec une population intelligente et ouverte aux progrès de la civilisation. ”
Léonard Léonce Lapeyrouse de Bonfils, La France d'autrefois et celle d'aujourd'hui… (1888)
“ En Bretagne, la noblesse et les paysans nous en fournissent un grand nombre, dignes d'être imitées par les autres familles françaises, trop oublieuses de la vie traditionnelle. Dans nos autres provinces, il y en a moins, et le ton général en est plus adouci ; l'empreinte moderne s'y montre davantage, mais combien elles sont respectables. La province du Périgord, à elle seule, en fournit beaucoup. ”
Camille Allard, Souvenirs d'Orient. Les Échelles du Levant… (1864)
“ Galata étale au soleil — 238— dans une boue infecte ses rues étroites et ses cabanes de bois. Péra s'élève sur la hauteur et est exclusivement habitée par des chrétiens : c'est la ville européenne, où sont réunis les palais des ambassadeurs et les maisons des négociants de toutes les nations. Les rues de Péra offrent toutes les ombres des rues de Stamboul et non les lumières ; le pittoresque y fait presque complétement défaut. La foule qui s'agite dans la grande rue de Péra est la plus mêlée du monde ; les habits noirs y sont trop nombreux pour qu'on puisse s'y croire encore en Orient. ”
Francisque Sarcey,
Les misères d'un fonctionnaire chinois…
(1862)
“ J'avais pour ami intime un brave garçon nommé Perrier, qui fut reçu à l'Institut militaire la même année et à peu près dans le même rang que moi. C'était un coeur d'or; nous nous étions beaucoup liés au collège, et je puis dire que je n'ai jamais serré de main plus loyale. Je connaissais sa famille, car j'étais allé passer toutes mes vacances chez son père, qui habitait un petit village à quelques lieues de Turin. M. Perrier était un homme tout rond, qui faisait valoir une ferme assez étendue. ”
François-Georges Audierne, De l'origine et de l'enfance des arts en Périgord… (1863)
“ DE L'AGE DE LA PIERRE EN PÉRIGORD. 1 Nous avons attribué l'origine des arts au besoin impérieux qu'éprouvaient tous les hommes de veiller à leur conservation, de travailler à leur bien-être; et, restreignant notre étude au seul département de la Dordogne, nous avons dit que probablement les mêmes motifs avaient poussé ses premiers habitants dans la voie de l'industrie, en débutant par la même origine. ”
