Jules Claretie

Jules Claretie

Pierrille (1879)

Résumé

Portrait de Jules Claretie Jules Claretie,  Pierrille (1879)

“ Martial regarda la Paulate fixement, lui prit les mains et d'une voix haute : — Voyons demanda-t-il, vous n'avez pas menti ?
— Moi! je le jure sur la tête du petit mort. Et puis, qu'on m'arrête, après tout, vous savez? Qu'est-ce que cela me fait. On me tuera. Je suis poitrinaire, je suis à moitié morte. — La Paulate, dit Martial, avant de parler, attendez à demain. — Et pourquoi attendre? — Parce que ce soir j'aurai vu Pierre Féraud.
— Et après? — Eh bien! je l'aurai écrasé en lui apprenant que je connais son crime, et s'il n'est pas un lâche. — C'est un lâche. — Il se tuera.
”
Source : Gallica

Portrait de Jules Claretie Jules Claretie,  Pierrille (1879)

“ Une mère qui bat ses enfants, concevez-vous ça, vous ?. C'est si joli un petit enfant, avec ses bras roses, ses petits yeux qui brillent comme des bijoux d'or, ses petites lèvres qui ressemblent aux mûres des buissons quand elles commencent à se colorer. Mais quoi, ma mère n'aimait pas les enfants ! Elle disait comme ça : Toi, tu ressembles à ton père. Et mon père dame ! il était sauvé on ne sait où, la laissant au pays avec un sac à mettre le pain mendié pour toute fortune. Quand on passe sa vie à jeûner et à pleurer de l'estomac, monsieur Martial, la bonté s'en va. ”
Source : Gallica

Portrait de Jules Claretie Jules Claretie,  Pierrille (1879)

“ Souvent encore, il lui semblait que le mort avait remué. Ces illusions sont communes aux heures de fièvre, d'accablement, de désespoir. Il se levait, retenant son souffle, les yeux fixes, regardant longtemps. Il se trompait encore. Alors il retombait, écrasé, sur sa chaise et se remettait à songer. On devait enterrer le mort avant la messe, car il ne s'était pas confessé. Le curé se montrait inflexible.
Cette nuit-là Martial ne se coucha point. Il demeura à sa fenêtre, l'œil fixe, regardant le ciel et l'ombre. Lorsque le menuisier de Mazarches apporta la bière, il ne faisait pas encore jour.
”
Source : Gallica

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