Georges Duval

Résumé

Georges Duval Un coup de fusil (1887)

C'est un abîme étrange, qui semble plus vertigineux à mesure qu'on le descend, que le chemin qui mène à sa limite soit hérissé d'épines ou bordé de fleurs. Jason n'avait à conquérir qu'une toison d'or. L'amoureux doit vaincre un cœur, et son butin de guerre est une vie entière. Cet abîme, Pascal le descendait, guidé par'la blanche vision de Simplice, sous les pas de laquelle roulaient des cailloux dont la chute accusait l'immensité du gouffre. La jeune fille marchait devant lui. Par instants sa blonde chevelure s'illuminait, et les reflets de sa clarté formaient un nimbe autour de sa tête.
Source : Gallica

Georges Duval Un coup de fusil (1887)

Il se détendit, et changeant aussitôt d'expression:
— J'oubliais que vous aimiez Simplice.
— Qui te l'a dit?
— Les oiseaux des bois ne chantent plus que cela, répondit le Taupier en haussant les épaules. — Eh bien, continua Pascal, les oiseaux des bois disent vrai. J'aime Simplice. Je l'aime désespérément. Tu connais cette souffrance-là?... — Si je la connais? s'écria le chasseur de taupes, en marchant sur les genoux jusqu'à Pascal auquel il prit les mains. Imaginez un crapaud amoureux d'une mésange, un hibou épris d'une tourterelle, un damné qui désire un ange! Si je la connais?
Source : Gallica

Georges Duval Un coup de fusil (1887)

Quand elle se réveilla, Raoul n'était plus là. Elle vit se dresser devant elle sa faute. Elle crut tout d'abord à un cauchemar, puis, ayant rassemblé ses idées, ses souvenirs, ne tarda pas à se convaincre de la vérité. Miette, éperdue, s'enfuit cacher sa honte dans la profondeur du bois. Tout la lui rappelait : la senteur des pins et des chênes, la pâleur de la lune, le fléchissement de la terre imprégnée d'eau de source; tout, les battements de son cœur, le tremblement de ses lèvres, l'éclat de ses joues.
Source : Gallica

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