Résumé

La chasse à l'ours dans les Pyrénées (1861)

Je la hais, parce qu'elle se raille de moi, répondit Aloys avec un accent de profonde amertume : regarde-moi, mon pauvre Etchahon, et dis-toi que tu as vu un des hommes les plus malheureux de cette terre.
–Ah !.. fit Etchahon avec le sourire narquois d'un paysan.
Que veux-tu dire? Tu crois que je hais mademoiselle Edith parce que je l'aime? Détrompe-toi, ce ne sont pas des malheurs d'amour que les miens ; pour ceux-là je ne pleurerais point.
La véritable douleur a un accent qui ne s'imite pas ; Etchahon, tout ému du ton et de la physioDomie d'Aloys, se rapprocha de lui.
Source : Gallica

La chasse à l'ours dans les Pyrénées (1861)

Tout un avenir nouveau se déroula pour lui dans son fils: frappé de l'intelligence de cet enfant, il lui enseigna le calcul, les langues et l'économie politique ; les progrès d'Aloys furent rapides ; M. Bœhmel croyait se retrouver en lui : même vivacité de conception, même ardeur au travail ; alors ce fut une adoration pleine d'espérances pour ce vengeur de son orgueil, pour ce soutien futur de son honneur ; et il le regardait grandir, il rélevait avec anxiété et avec amour, comme don Diègue eût élevé Rodrigue pour tuer le comte, si Rodrigue eût été un enfant.
Source : Gallica

La chasse à l'ours dans les Pyrénées (1861)

A ce seul mot de musique, ses yeux brillent d'un éclat qui m'effraie ; le maire du village lui a laissé un piano en partant : dès qu'il est seul, il court à ce piano, et plus d'une fois j'ai trouvé les touches tout humides de ses larmes. Il me dit bien que ce sont de douces larmes; mais, hélas! pour une mère des pleurs sont toujours des pleurs.
Edith prit affectueusement la main de madame Bœhmel : Ne parlez pas de lui, si cela vous fait trop de mal.
Ce n'est pas de parler de lui qui m'afflige: mais je vois ! ma chère Edith ! je vois ! mon pauvre enfant s'en va.
Source : Gallica

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