Résumé

Portrait de Ernest Legouvé Ernest Legouvé Édith de Falsen, par M. Ernest Legouvé (1840)

Est-ce que j'ai du talent? Est-ce qu'il y a de la musique? Est-ce qu'il y a quelque chose au monde?
— Ne me parlez pas avec cette voix sombre qui m'effraie; je voudrais vous voir pleurer; cette douleur concentrée doit vous faire tant de mal !
— Ne craignez rien, elle ne me tuera pas : Dieu, en bourreau habile, a fait des maladies qui ne tuent que l'âme.
— Aloys! Aloys! du courage! c'est moi qui vous en supplie; c'est Edith, celle que vous appeliez votre bon ange et votre consolatrice.
— Il est des maux sans consolation comme sans remède.
Source : Gallica

Portrait de Ernest Legouvé Ernest Legouvé Édith de Falsen, par M. Ernest Legouvé (1840)

Edith ou la gloire? Car, de songera les concilier tous deux, et à ne s'éloigner qu'avec Edith, avec sa femme, il ne le peut ; son malheur encore récent, sa rechute, les habitudes de M. de Falsen, la tendresse d'Edith pour son père, tout est obstacle pour un tel projet; ainsi, nul moyen d'éviter la lutte, il faut choisir, il faut partir seul ou rester.— Partir ! briser cet amour qui ne lui a pas fait défaut un seul jour dans ses souffrances ; mettre trois années entre elle et lui ! trois années sans entendre cette voix, sans presser cette main, sans se reposer sur ce noble coeur !
Source : Gallica

Portrait de Ernest Legouvé Ernest Legouvé Édith de Falsen, par M. Ernest Legouvé (1840)

J'accourais, le coeur ouvert, plein du besoin d'aimer et d'être aimé, je m'attendais à ce sourire de bienveillance et de surprise qui accueille celui qui revient à la vie; mais, grâce à la cruauté du monde, quand la démence est morte comme maladie, elle vit encore comme tache : avoir souffert de la poitrine, s'être brisé un bras, c'est un malheur, et l'on vous plaint; mais avoir perdu ce qu'il y a de plus précieux en ce monde, la pensée, c'est pis qu'une honte, c'est un ridicule, et l'on vous raille !
Source : Gallica

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