André Doderet

Résumé

André Doderet La flamme au soleil : roman (1922)

Beatrice n'osait lui dire à l'oreille : « Pourquoi t'en vas-tu ? De meure, ne suis-je pas assez riche pour deux ? » Et elle maudissait le fol orgueil des hommes.
Elle revoyait le pont du navire, l'agitation fébrile du dernier quart d'heure, sous le mugissement lugubre des sirènes. Comme elle aimait Luigi, ce jour-là ! comme elle se sentait forte de leur amour et capable de l'attendre des années, toute une vie, de lui être fidèle jusqu'à la tombe !
A cette époque et depuis quatre ans qu'elles étaient orphelines, Beatrice et Antonella vivaient déjà chez leur bisaïeule.
Source : Gallica

André Doderet La flamme au soleil : roman (1922)

Moi vivant — et tiens ! j'en fais le serment sur la Madone ! — moi vivant, jamais elle ne sera à lui !
— Malheureux ! s'écria Massaro Colà, en s'élançant vers son fils, mais trop tard pour arrêter le bras qui demeura étendu vers la Santissima.
Alors, le vieillard vaincu, recula, chancelant comme un homme ivre.
Alfio, mon fils ! au nom de ta mère morte !
gémissait-il en se laissant tomber sur un banc ; au nom de la pauvre vieille qui nous voit du Paradis où elle m'attend! Alfio! je t'en conjure, ne sois pas un assassin !
Source : Gallica

André Doderet La flamme au soleil : roman (1922)

Quand il avait su qu'on envoyait Beatrice à Palerme, par crainte de paraître égoïste ou jaloux, Luigi avait tu sa contrariété. Se sentant moins aimé, il avait songé à la supplier de regagner Milazzo. Il s'apprêtait à parler lorsqu'elle annonça son mariage avec un autre. Il eut la force de cacher sa douleur à ses camarades de lutte. Le travail lui avait enseigné l'énergie; il allait lui demander l'oubli. En apprenant le meurtre de d'Aleo, Luigi avait cédé à un accès de joie mauvaise dont il ne se blâma même point, car il était d'une race généreuse, mais passionnée.
Source : Gallica

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