André Doderet, La flamme au soleil : roman (1922)
“ Beatrice n'osait lui dire à l'oreille : « Pourquoi t'en vas-tu ? De meure, ne suis-je pas assez riche pour deux ? » Et elle maudissait le fol orgueil des hommes. Elle revoyait le pont du navire, l'agitation fébrile du dernier quart d'heure, sous le mugissement lugubre des sirènes. Comme elle aimait Luigi, ce jour-là ! comme elle se sentait forte de leur amour et capable de l'attendre des années, toute une vie, de lui être fidèle jusqu'à la tombe ! A cette époque et depuis quatre ans qu'elles étaient orphelines, Beatrice et Antonella vivaient déjà chez leur bisaïeule. ”
