Résumé

Delly Le chant de la misère : roman (1979)

Où était donc mon cœur insensible autrefois? Comme Alexine avait raison quand elle disait : « Il ne faut pas aimer, ça fait trop mal! »
Oui, cela faisait mal! Et cependant, je ne l'aurais pas donné pour tout au monde, cet amour qui me broyait, qui me faisait ma torture et mes délices!
D'ailleurs, tout espoir n'était pas mort pour moi. Puisque Michel m'aimait, je n'abandonnerais pas la lutte. Je le vaincrais, ce Dieu pour la loi duquel il me sacrifiait en se sacrifiant lui-même! Michel Dorques serait à moi, à moi seule.
Source : Gallica

Delly Le chant de la misère : roman (1979)

Je répondis doucement en l'embrassant :
— Ne crains rien, mon pauvre papa, ils ne t'approcheront pas! Tes petites filles sont là, qui t'aiment et ne te quitteront pas.
Un regard d'inoubliable angoisse m'enveloppa, et les lèvres desséchées laissèrent encore passer ce mot, comme un souffle :
— Un prêtre!
Je regardais Alexine. Elle dit à mi-voix :
— Le pauvre père, comme il les craint et les déteste! On m'a dit cependant qu'il y en avait de bons, mais c'est par hasard, probablement.
J'essuyai la sueur qui coulait sur le visage du mourant. Et il ne parla plus.
Source : Gallica

Delly Le chant de la misère : roman (1979)

Et Solange Dorvenne avait tacitement convenu avec elle-même qu'elle ne se donnerait à aucun homme, qu'elle resterait indépendante et libre de sa destinée.
— Le mariage de ta sœur changera tes idées, fillette, m'avait prédit mon père.
Il n'en fut rien, tout au contraire. La brève sécheresse de la cérémonie civile m'impressionna, et, en entendant le « oui » sortir des lèvres d'Alexine et d'Augustin, j'eus la sensation rapide du vide de ces promesses humaines faites devant des humains, sans que la pensée divine planât sur eux, sans que Dieu fût pris à témoin de cette union.
Source : Gallica

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