Jean Féron

Jean Féron

Résumé

Portrait de Jean Féron Jean Féron La revanche d’une race (1924)

Monsieur l’abbé, sauvez-moi !
— Ce n’est pas moi qui te sauverai, Jules ; c’est elle !
— Elle...
— Oui, elle, Violette, Jules, écoute : entre l’amour et le devoir, l’homme fort, l’homme bien né ne peut hésiter. L’amour est cher, c’est vrai ; mais le devoir mon fils, est sacré. Et ce devoir est autant plus sacré pour toi qu’il est double. Oui, devant toi se pose un double devoir à remplir : ton devoir de chrétien d’abord, ton devoir de patriote ensuite. Comme chrétien, tu as une âme à conquérir, une âme à sauver : comme patriote, tu as l’honneur de ta race à défendre.
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Portrait de Jean Féron Jean Féron La revanche d’une race (1924)

Il mourrait là-bas sous les obus, dans la mitraille... réhabilité !... La mort sur le champ de bataille c’était la preuve de son innocence... oui, c’était la vraie réhabilitation !...
Lorsqu’on le relèverait sanglant tombé pour sa patrie, pour l’honneur et la revanche de sa race, — on relèverait un héros et non un traître !...
Oui, c’était décidé.
Jules fuirait la nuit prochaine.
Et dès le lendemain — ah ! comme il l’espérait maintenant comme il le souhaitait en dépit du souvenir de Violette — il marcherait vers la seule mort qu’il pouvait accepter sans rougir, sans murmurer...
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Portrait de Jean Féron Jean Féron La revanche d’une race (1924)

Mais déjà l’abbé Marcotte disait à l’impétueuse Angèle d’une voix rapide et basse :
— Tais-toi, malheureuse ! C’est lui qui pousse la chaise. Il est vaincu... il est pour nous maintenant... C’est la victoire de Jules !
Et alors Angèle, toute rougissante toute confuse, demandait pardon à Harold, Jules et Violette.
Et la mère maintenant, serrait son fils dans ses bras et disait d’une voix pleine de larmes :
— Ah ! mon cher enfant, tu me reviens aveugle, et moi, ta mère — ah ! que le bon Dieu en soit béni ! oui, Jules, je te vois !... Je vois ton malheur...
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