Léon Barracand

Un Barbare (1896)

Résumé

Léon Barracand Un Barbare (1896)

Et Frédéric, assis près de lui, considérait avec un serrement de cœur ce corps délicat, ces attaches fines, tout ce que son aveugle rage aurait pu anéantir.
Lorris continuait :
« Voyons! il ne faut plus qu'il y ait de malentendu, je ne suis pas un candidat sérieux. L'ai-je jamais été?... Qu'attends-tu pour l'épouser? Elle t'aime! elle n'a jamais aimé que toi! Et tu l'aimes, épouse-la donc!... Quant à moi, aimais-je? Je ne sais. Je crois bien qu'il m'est impossible d'aimer... d'aimer assez pour épouser! »
Source : Gallica

Léon Barracand Un Barbare (1896)

Une joie sereine s'exhalait de la paix des choses, qui s'insinuait en eux comme pour leur faire sentir un avant-goût de bonheur. Leur double vie se liait dans une communauté indissoluble, et, par un instinct de se le prouver, à mesure que le jour baissait et que l'ombre envahissait la terrasse, ils se rapprochaient l'un de l'autre.
Pauline avait jeté un châle sur ses épaules, pour se préserver de la fraîcheur du soir. Elle était allée s'accouder à la balustrade, et Frédéric était près d'elle, accoudé comme elle.
Source : Gallica

Léon Barracand Un Barbare (1896)

Mais il fallait qu'en cette rencontre l'audace
instinctive et naturelle, la téméraire ardeur eussent raison de la maîtrise et de l'habileté! Il fallait que le barbare triomphât!
Frédéric fonçait toujours comme un taureau en furie... Et voici que l'épée s'allongea droite, rude et ferme, se planta dans la poitrine de Lorris, puis vola de la main, alla s'abattre à quelques pas. Lorris était tombé sur le gazon, soulevé sur un bras, pâle, l'œil hagard, le plastron ensanglanté... Frédéric le regardait, atterré, stupide... Prunel et Lauzière perdaient la tête.
« Emmenez-le! emmenez-le! »
Source : Gallica

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