Ernest de Limagne, Le prisme, album-mosaïque (1858)
“ N'ôtez pas, la pitié même vous le défend, Un rayon de soleil, un sourire d'enfant Au ciel sombre, au cœur de poêle! Mais ils s'effaceront à leurs bruyants ébats Ces mots sacrés que dit une muse tout bas, « Ces chants purs où l'âme se noie. » Eh! que m'importe à moi, muse, chants, vanité Votre gloire perdue et l'immortalité, Si j'y gagne une heure de joie ! La belle ambition et le rare destin ! Chanter! toujours chanter pour un écho lointain. Pour un vain bruit qui passe et tombe! Vivre abreuvé de fiel, d'amertume et d'en'nuis! Expier dans ses jours les rêves de ses nuits ! ”
