Ernest de Limagne

Résumé

Ernest de Limagne Le prisme, album-mosaïque (1858)

N'ôtez pas, la pitié même vous le défend, Un rayon de soleil, un sourire d'enfant Au ciel sombre, au cœur de poêle!
Mais ils s'effaceront à leurs bruyants ébats Ces mots sacrés que dit une muse tout bas, « Ces chants purs où l'âme se noie. »
Eh! que m'importe à moi, muse, chants, vanité Votre gloire perdue et l'immortalité, Si j'y gagne une heure de joie !
La belle ambition et le rare destin !
Chanter! toujours chanter pour un écho lointain.
Pour un vain bruit qui passe et tombe!
Vivre abreuvé de fiel, d'amertume et d'en'nuis!
Expier dans ses jours les rêves de ses nuits !
Source : Gallica

Ernest de Limagne Le prisme, album-mosaïque (1858)

C'est de pouvoir exclure et tenir à distance Les détails répugnants et bas de l'existence, Et de ne pas laisser leur contact amoindrir Les grandeurs que la vie à l'homme peut offrir.
Par exemple, une mère est chez eux une femme Dont la maternité ne fait qu'étendre l'âme; Elle ne lui prend rien de son premier bonheur Et le double, au contraire, en lui doublant le cœur.
C'est qu'elle a le loisir d'être encore une épouse, Elle reste charmante et de plaire jalouse ; L'office maternel qu'elle s'est réservé, C'est de gâter l'enfant par d'autres mains lavé.
Source : Gallica

Ernest de Limagne Le prisme, album-mosaïque (1858)

Située au centre du commerce de luxe, cette maison n'en continue pas moins, comme par le passé, à vendre ses produits au prix de fabrique, tout en ne livrant que des marchandises de première qualité.
Les salons et magasins de M. Badet ressemblent en ce moment à une ruche d'abeilles empressées à accomplir leur labeur. De tous côtés s'étalent les habits étincelants de préfets, de généraux, de conseillers d'État. Jamais l'or et l'argent n'ont revêtu de formes plus élégantes, plus riches; jamais l'art du brodeur n'a poussé plus loin le fini du travail, la délicatesse du goût.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature