Charles Yriarte,
Nouveaux portraits parisiens
(1869)
“ On dit que ce soir-là dans l'Olympe, l'écho des plaintes de Junon domina un instant le fracas de la foudre. Il fut un temps où le marbre s'animait, le sang circulait dans les veines de la statue, elle allait droit à son but, l'amour. Mais, sous le sein robuste et dur, le cœur semble s'être à jamais fermé : elle a concentré sur elle-même toutes ses ardeurs et s'est vouée à son propre culte avec une ferveur qui ne se dément plus. A l'heure de l'ambroisie, solitaire toujours, elle s'assied devant un miroir, étudiant son geste et n'oubliant jamais qu'elle est une rare déesse. ”
