Julien Lemer

Résumé

Julien Lemer Les femmes du monde (1876)

La religion, sans conteste, la religion dont le joug cessait de paraître un fardeau pour être reconnu un soutien. Quoi d'étonnant, dès lors, à l'attrait exercé par le cloître sur tant d'âmes de jeunes filles et à la désertion de la vie de salon pour une existence si capable d'assurer le bonheur en ce monde et dans l'autre?
Cette entrée volontaire dans la vie religieuse d'un si grand nombre de natures d'élite, en a fatalement adouci les angles et humanisé les côtés extérieurs. Le couvent est toujours aussi éloigné du monde qu'autrefois, mais il ne l'est plus autant des mondains.
Source : Gallica

Julien Lemer Les femmes du monde (1876)

Au faubourg Saint-Germain, où la religiosité, bien plus encore que la religion, règne sans partage, ces choses-là ne se remarquent même pas. Les femmes se mettent en grande toilette, diamants au cou, fleurs dans les cheveux, et courent le monde pendant le carême comme dans la semaine grasse ; mais elles n'y consommeront ni gâteaux, ni friandises, et voilà leur conscience en repos. Pour elles, le salut est surtout une question de forme. Elles se
sont composé un code de la civilité puérile et honnête ecclésiastique, et pourvu qu'elles le respectent, elles se trouvent tranquilles.
Source : Gallica

Julien Lemer Les femmes du monde (1876)

Pour elles, l'homme est écrit, la femme écrite — comme les mystères du culte — et le vrai Tout-Puissant, au fond, c'est le Saint-Père.
Le lieu par excellence de dévotion de nos croyantes de qualité — des femmes de la crème, comme on dirait à Vienne — est à Paris le couvent des Dames de la Retraite. Installé à l'extrémité du faubourg Saint-Germain, dans un hôtel bâti au temps de Louis XVI et du style le plus élégant, il n'a rien de cet aspect rébarbatif prêté par la tradition à toutes les maisons religieuses.
Source : Gallica

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