Pierre Alciette

Résumé

Pierre Alciette Pitié amoureuse (1938)

Vally, de son côté, songeait :
« Ainsi, c'est Thérèse qu'il aimait. C'est pour elle qu'il multipliait ses visites ici et se montrait aimable... Que j'ai été stupide ! Mais pourquoi Thérèse ne m'a-t-elle rien dit? Pourquoi m'a-t-elle laissée espérer... Quelle folle j'étais! Que j'ai dû lui paraître ridicule... »
Son intense désillusion était peinte sur son visage. Elle voyait dans un éclair s'effondrer tout le brillant échafaudage de ses songes. Elle se jugeait sotte. Elle avait cru incarner encore assez de jeunesse pour rendre un homme plus jeune qu'elle amoureux.
Source : Gallica

Pierre Alciette Pitié amoureuse (1938)

Dans la vallée où s'étend
l'ombre du soir c'est la grande paix, le silence impressionnant de la campagne que trouble seule la cloche des angélus.
Je pense à la mort ; j'en ai une peur affreuse.
Mourir sans avoir dépênsé la somme normale de vie!...
Vous me calmeriez, Thérèse, comme une source...
Arrivée à ce point de sa lecture, Thérèse sembla réfléchir longuement. Son regard s'évada vers le ciel nocturne où brillaient les étoiles. Une immense pitié soulevait sa poitrine et faisait battre son cœur.
— Pauvre Varanges, murmura-t-elle, pauvre garçon !
Source : Gallica

Pierre Alciette Pitié amoureuse (1938)

Jean ne regardait ni le ciel, ni les fleurs. La jeune fille avait ôté son manteau. Il voyait le visage jeune et frais dans l'encadrement de la blouse blanche, les lèvres ouvertes sur les dents saines, les beaux yeux pleins de flammes sous l'auvent du chapeau.
Il pensait : « C'est vrai qu'elle devient très jolie, Thérèse. Elle s'habille mieux, se coiffe avec plus de recherche, et met, je crois bien, un soupçon de fard. Pas trop... Juste assez... Et que sa jeunesse a de charme ! Qu'elle est donc attachante, fine ! Rien de vulgaire en elle... »
Source : Gallica

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