Albert Delpit,
Le père de Martial
(1881)
“ Martial ne se ressemblait plus. Une pâleur mate blanchissait son visage. Ses yeux agrandis par la fièvre regardaient fixe comme ceux d'un halluciné. Depuis la veille, il restait ainsi, muet dans son attitude farouche. Pierre lui frappa sur l'épaule. — Martial! dit-il. Le jeune homme sortit de son rêve. — C'est toi, père! Je te demande pardon. Je ne t'avais pas entendu entrer. — J'ai besoin de toi, mon enfant. Tu sais que M. de Born est arrivé à Cambo pour accomplir une mission périlleuse. Il a promis d'introduire en contrebande mille fusils sur le territoire espagnol. ”
