“ Cependant, je ne repousserais pas une main de femme qui me ferait signe de m’appuyer sur elle. — Oui, Amadeus, dans ce sentier où le vertige vous gagne, fiez-vous aux traces d’un guide fidèle. — Fidèle !... murmura le jeune homme en portant un regard amer sur la jeune personne. C’est un mot bien présomptueux dans la bouche d’un homme !... Car, miss Olivia, voyez-vous, je suis un être que l’amour épouvante. Défiant de moi-même par nature, je suis par cela seul jaloux. — Je ne sais vous comprendre, sir Amadeus, fit la jeune fille en fronçant sensiblement son front impérieux. ”
Angelo de Sorr
Résumé
Le Vampire, d'Angelo de Sorr, explore les tensions entre désir et destruction à travers les destins entrelacés de personnages comme Horatio, Olivia, Robert et Ophélia. L’œuvre mêle romance tragique, réflexions sur la nature humaine et éléments surnaturels, avec une attention particulière aux dynamiques de pouvoir, à la recherche d’amour et aux frontières de l’âme.
Les thèmes de la faim, du rêve et de l’ivresse soulignent une dualité entre l’émotion et la dévoration, tandis que les dialogues percutants révèlent des jeux de domination et de vulnérabilité. Ce roman, traversé par des descriptions poétiques et des tensions existentielles, conclut sur l’impermanence des illusions et la fragilité des liens humains.
Citations de Le Vampire (Angelo de Sorr)
“ Un amant qui soupire est à mes yeux comme un homme affamé qui n’a pas de pain. Or, je n’implore jamais, je ne tends jamais la main. Je connais votre caractère ; vous êtes de ces femmes, qui, vaniteuses de leur figure, de leur fortune, se font orgueil de manier les hommes comme girouettes, d’éteindre leur volonté, de disloquer leur énergie. Puis, lorsqu’assouplis de la sorte, vous les voyez à vos pieds, l’œil mort, le front vaincu, la bouche implorante, vous leur cinglez le cœur d’une parole bien acérée, d’un regard de fiel et de mépris, d’un rire barbare !... ”
“ Le jeune homme s’assit auprès d’elle et réunit ses deux mains dans la sienne. Un moment il la contempla silencieux, tout en joie dans son recueillement. — Laissons, Ophélia, les illusions pour les jours tristes et les heures mauvaises, et parlons de la réalité. Moi aussi, je sors d’un rêve. Hélas, je suis de ces natures qui rêvent sans dormir !... d’un rêve où vous m’apparaissiez comme une révélation bénie, où votre image resplendissait plus splendide qu’un reflet d’extase !... Je suis pris au cœur d’une ivresse si éblouissante, Ophélia, que je crains votre voix. ”
