“ Le jeune homme s’assit auprès d’elle et réunit ses deux mains dans la sienne. Un moment il la contempla silencieux, tout en joie dans son recueillement. — Laissons, Ophélia, les illusions pour les jours tristes et les heures mauvaises, et parlons de la réalité. Moi aussi, je sors d’un rêve. Hélas, je suis de ces natures qui rêvent sans dormir !... d’un rêve où vous m’apparaissiez comme une révélation bénie, où votre image resplendissait plus splendide qu’un reflet d’extase !... Je suis pris au cœur d’une ivresse si éblouissante, Ophélia, que je crains votre voix. ”
Ophélia
Définition et enjeux
Ophélia, figure tragique et symbolique de la littérature, incarne la fragilité humaine et la complexité des sentiments. Dès Hamlet de Shakespeare, elle devient le cœur d’un drame où ses actes énigmatiques révèlent une profonde vulnérabilité.
D'autres auteurs, comme Angelo de Sorr ou Arthur Rimbaud, la transforment en image poétique, associant son destin à des thèmes universels de rêve et de désespoir. Paul Féval, quant à lui, la place dans des récits où son rôle émotionnel s’entrelace à des intrigues dramatiques. Ces approches variées, allant de la psychologie à la symbolique, soulignent la durée de son image dans la culture littéraire.
Citations sur “Ophélia”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Lady Ophelia était une généreuse femme. Tout ce qu’un cœur peut enfermer de digne, de sensible, de bon, était dans le sien. Mais l’amour qui souffre n’a de pensées que pour soi. Ophelia avait oublié sa lettre et se perdait, émue, parmi les nombreux souvenirs d’un passé trop cher. ”
Arsène Houssaye,
Voyage à ma fenêtre. Arsène Houssaye
(1851)
“ Vous avez vu Ophélia voulant suspendre aux rameaux sa couronne d'herbe : « une branche jalouse casse; alors elle tombe, elle et son trophée de fleurs, dans l'humide ruisseau ; ses vêtements s'enflent et la soutiennent un moment à la surface comme une fée des eaux, cependant qu'elle chante 'des fragments de vieille ballade. » Je crois la voir ressuscitée à cette fenêtre, Ophélia, car Hélène chante et laisse échapper des roses de ses doigts distraits. Pourquoi cette tristesse et ce front abattu ? Hélène regarde le ciel du regard d'un prisonnier ou d'un exilé. ”
Gustave Planche,
Revue des Deux Mondes
“ Le corps, qui flotte sur l’eau au milieu des fleurs, n’offre pas des contours assez nettement arrêtés. En passant du domaine de la poésie pure dans le domaine de la peinture, Ophélia ne pouvait demeurer à l’état de rêve. ”
“ Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles... — On entend dans les bois lointains des hallalis. Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ; Voici plus de mille ans que sa douce folie Murmure sa romance à la brise du soir. Le vent baise ses seins et déploie en corolle Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ; Les saules frissonnants pleurent sur son épaule, Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux. Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ; ”
“ Ophélia donne à chacun une fleur qui fait allusion à un événement du drame ou au caractère connu du personnage, et elle fait son choix avec une présence d’esprit, avec une justesse d’application, qui semblerait démentir sa folie si quelques-unes de ces allusions, par leur justesse même et leur imprudente vérité, ne montraient qu’Ophélia n’est plus maîtresse de sa parole et de ses actes. ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ La comtesse ignorait ses projets aussi complètement que personne. Il couvrait tout de ce mot : « Ambition, » qui n’excuse rien, mais qui explique. Ophelia croyait comprendre, regrettait et souffrait. Tandis que Rio-Santo flottait entre deux images charmantes qui sollicitaient ensemble ou tour-à-tour sa mémoire, lady Ophelia faisait précipitamment sa toilette et pressait sa femme de chambre, laquelle s’étonnait grandement de voir brusquer ainsi une œuvre de cette importance. — Je vous remercie, Jane ! dit enfin lady Ophelia de cet air qui signifie textuellement : — C’est fini ! ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Lady Ophelia était la dernière personne au monde qui pût répondre à cette double question par l’affirmative. Rio-Santo était pour elle un dieu. Mais, avec toutes les inconséquences des rêveries du cœur, elle craignait tout-à-coup mortellement pour la sûreté de ce dieu. Devant ses craintes, il reprenait soudainement les proportions d’un homme, et elle se maudissait d’avoir livré son secret, — sa vie ! — à la merci d’un ennemi. ”
Arsène Houssaye,
Voyage à Venise
(1856)
“ Vous pouvez , mon cher poëte , faire l' épitaphe d' Ophélia . – Passez -moi donc cette pauvre victime . Je suis rentré chez moi décidé à sauver Ophélia . Je ne suis pas de l' Académie des sciences ; mais , si mon voisin a eu la science de tuer , j' aurai , j' espère , la science de ressusciter . J' ai déraciné la sensitive ; je l' ai replantée entre mes rosiers , qui par leur fraîcheur et leur épanouissement l' ont déjà rappelée à elle-même . Le soleil vient jusqu' à elle , mais tempéré dans son rayonnement par le feuillage clair-semé de mon oranger . ”
“ Ophélia, me dit-elle, je ne t’aime pas. Tu n’es pas mon enfant, tu es une étrangère pour moi, un obstacle pour ma fille. Ta mère était une pauvresse qui n’avait rien, dont le duc s’était sottement affolé. Moi, je suis partie riche de la maison de mon père, il est donc juste que mon enfant le soit. Oui, je te hais, parce que tu manges ici le pain d’Olivia, parce que son père ne l’aime pas comme il t’aime, parce qu’après la mort de mon mari tu serais maîtresse du nom et de la fortune des Firstland... Voici pourquoi je te hais. ”
Arsène Houssaye,
Voyage à Venise
(1856)
“ Qui les oublierait , ces adorables créations tombées du front de Shakspeare comme du sein de Dieu lui-même ? Le monde est un rêve de Dieu que continue le poëte . Ophélia , qui ne permet pas à la lune de contempler sa beauté , n' est -elle pas dans l' esprit humain la digne et chaste sœur de la Rachel biblique ? Ophélia est aussi la sœur de Desdémone ; ce sont bien là des fleurs de poésie écloses dans la même imagination , des fleurs d' amour effeuillées par les mains trop rudes d' Hamlet et d' Othello . ”
Émile Montégut, Types modernes en Littérature.…
“ Ophelia est une pure jeune fille ; rien n’est accusé en elle, ni penchans, ni passions, ni caractère ; elle n’a pas d’individualité morale, elle n’a rien d’élevé, et sa naïveté même tient à la jeunesse et à la nature plutôt qu’à l’âme. Ne cherchez pas en elle, cela va sans dire, l’étincelle passionnée de Juliette, la distinction d’âme de Desdemona, la splendeur virginale de Miranda. ”
Gustave Planche,
Revue des Deux Mondes
“ Il est trop facile en effet de prouver que dans la Querelle d’Oberon et de Titania le choix des tons n’est guère plus heureux que dans l’Ophélia de M. Millais. C’est le même dédain pour l’harmonie, la même ignorance des lois, dont elle se compose. Volontaire ou involontaire, la faute est grave, et nous devons la signaler ; mais il y a dans M. Paton l’étoffe d’un artiste bien autrement doué que M. Millais. Pour concevoir la mort d’Ophélia, il n’est pas nécessaire de posséder une grande puissance d’imagination ; le sentiment vrai de la poésie est une mise de fonds suffisante. ”
Olinde Petel, Les Idéales, poésies, par Olinde Petel (1858)
“ Doute que d'un feu pur soient les astres des deux ; Doute que le soleil se remue à tes yeux ; Doute si vérité n'est pas chose qui mente : Mais ne doute jamais de ma tendresse ardente. 0 chère Ophélia, je fais bien mal les vers ; Je ne sais pas tourner mes plaintes en concerts ; Je ne connais pas l'art : mais que vraiment je t'aime, Plus que tout, oh ! bien plus, crois-le, mon cher moi-même. ”
Mary Summer, Les héroïnes de Kalidasa et les héroïnes de Shakespeare (1879)
“ Juliette, Desdémone, Ophélia, ces adorables créatures que nous ne nous lassons pas de revoir sur la scène, ne doivent pas le jour à un froid dialecticien. Un cerveau de poète, tourmenté, fiévreux, les a enfantées au milieu des luttes de la vie ; elles sont les filles immortelles d'un génie qui a souffert. ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine
“ Quelque chose de moins plaisant, sur mon honneur, Qu’Ophélia, l’enfant aimable qui s’étonne. C’est le spectre, le spectre impérieux ! Sa main Montre un but et son œil éclaire et son pied tonne, Hélas ! et nul moyen de remettre à demain ! ”
Étienne-Jean Delécluze,
Les Beaux-arts dans les deux mondes en 1855
(1856)
“ Après sa chute « ses vêtements, dit le poëte, se déployèrent en se gonflant ; les eaux portèrent Ophélia comme une sirène ; et l'infortunée, n'ayant aucune conscience du danger qu'elle courait, chanta des fragments de chansons pendant quelques instants qui furent courts, car ses habits, devenant lourds en s'imbibant, firent bientôt passer Ophélia de son chant mélodieux à une mort bourbeuse (to muddy death) . » R. Westall a fait sur ce sujet une composition gracieuse en saisissant le moment où Ophélia, voulant suspendre sa couronne, est près de tomber. ”
“ Ophélia traversa la rue et continua son chemin sur le trottoir opposé. — Oh ! vous ne pouvez fuir !... Votre cheveux me fait plaisir, beaucoup. — Monsieur, je vous en prie !... — Bien plaisir !... Je suis amoureux de votre cheveux !... Ne vous effrayez pas de mon langage... Je suis Anglais, et, de plus, un excentrique homme. J’avais l’habitude, lorsque je rencontrais une femme qui me plaisait, de lui prendre un souvenir. Oh ! ne vous effrayez pas, je le paie le petit souvenir, je le paie toujours. ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Lady Ophelia, faite autrefois à la vie calme et vraiment digne, il faut le dire, des membres de l’aristocratie anglaise qui sont restés fidèles aux mœurs antiques de leur race, se trouvait depuis long-temps déjà hors de la voie austère qu’elle n’aurait dû quitter jamais. Sa liaison avec le marquis de Rio-Santo avait mis une tache à sa renommée ; mais, innocente ou coupable (car, en définitive, le monde qui ne juge que sur apparences ne peut point juger sans appel) , elle avait gardé du moins jusque alors intacte toute cette portion de l’existence que n’affectent point les choses de l’amour. ”
“ Ophélia, tu vas mourir ce soir. On te trouvera demain ici et l’on croira à une mort volontaire. On t’enterrera sans prêtres et sans prières. Mais, que t’importe, toi, l’ange du château, ainsi que dit ton imbécile de père, tu n’en as point besoin !... Tiens, regarde cet écrit. Ne dirait-on pas que c’est ta main qui a tracé ces lettres ? Et puis, cette phrase romanesque ne sort-elle pas naturellement de ton cerveau ? « La rêverie est une teinte du sommeil, le sommeil un reflet de la mort ; pour rêver toujours, il faut quitter la terre. » ”
“ Aurait-elle pu, à la place d’Antarès, s’arrêter ainsi tranquillement et manger seule ?... N’importe, ses lèvres n’eurent aucun reproche. Néanmoins, sans oser s’en avouer la raison, elle n’osa entrer. La pensée que son protecteur ne souffrait pas comme elle, et, l’espérance, cette trompeuse maîtresse dont on ne peut se défaire, se réveillant toute souriante, lui donnèrent du courage. Le courage donne traîtreusement la force comme l’ivresse crée l’esprit. — Ophélia atteignit les galeries de la Comédie-Française, et quelques minutes après elle entrait dans sa triste et froide chambre. ”
Louis Dumonteil, Le Parfumeur millionnaire, par Louis Dumonteil (1860)
“ Tous les beaux parisiens ont prodigué les éloges à Ophelia. Quand la comtesse leur a dit : Epousez cette femme si belle, ils ont répondu : combien a-t-elle de millions? Les hommes de la province sont plus intraitables encore à l'endroit de la dot. Voici un original honnête homme qui ne pense pas comme les autres, n'est-ce pas providentiel que mon Ophelia remplisse si positivement toutes les conditions de son programme? ”
“ Cette après-midi, en promenant, j’ai aperçu miss Ophélia aux Champs-Élysées. — Vous vous êtes trompé, sir James. — Je ne me trompe jamais. J’ai l’air trop bonhomme pour cela. Avez-vous demeuré toute la journée avec miss ?... — Non. — Eh bien, je continue. Un homme lui fit l’aumône. Cinq minutes après, votre compagne de misère revenait tranquillement chez elle, un pain sur le bras, comme une honnête ménagère. Je lui ai pris ce pain. — Tout cela m’étonne. — S’étonner est une faute. Je ne m’étonne jamais. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ — Car nous avons secrètement envoyé chercher Hamlet, — afin qu’il se trouve, comme par hasard, — face à face avec Ophélia. — Son père et moi, espions légitimes, — nous nous placerons de manière que, voyant sans être vus, — nous puissions juger nettement de leur rapports, — et conclure d’après sa façon d’être — si c’est le chagrin d’amour, ou non, — qui le tourmente ainsi. ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Il a envoyé vers moi celui que j’aime et une angélique femme qui m’appelle sa sœur. Aussi, quoi qu’il arrive, je ne me plaindrai plus, Brian. Vous m’avez aimée huit jours et lady Ophelia m’a donné une place dans son cœur... ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ N’est-ce donc pas aimer que de se confier ainsi sans réserve !... — Vous avez été quinze jours sans me voir, dit tout bas la comtesse avec des larmes dans les yeux. — Mais aujourd’hui, je viens, Ophelia, je viens sans calculer le danger ; parce que je souffrais trop de l’absence... Croyez-moi, je regrette autant que vous, — plus que vous peut-être, — ces jours où nous étions heureux sans contrôle... Plus que vous je maudis cette fatalité qui me pousse en avant. — Personne n’échappe à sa destinée, madame. Il faut que j’atteigne mon but ou que je meure ! Rio-Santo s’était relevé. ”
William Shakespeare,
Hamlet
(1623)
“ Le romarin, toujours vert, était l’emblème de la fidélité ; on le portait aux funérailles et aux fiançailles ; dans son dialogue en vers entre la nature et le phénix (1601) , R. Chester dit : « Voici du romarin : les Arabes, médecins d’une habileté parfaite, affirment qu’il réconforte le cerveau et la mémoire. » Aussi Ophélia choisit-elle le romarin pour son frère afin qu’il se souvienne d’elle et de leur père mort. ↑ Le fenouil qu’Ophélia donne au roi était la fleur de la flatterie et de la dissimulation ; l’ancolie était la fleur de l’ingratitude et du délaissement. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ HAMLET, se couchant aux pieds d’Ophélia. Madame, m’étendrai-je entre vos genoux ?OPHÉLIA. Non, monseigneur.HAMLET. Je veux dire la tête sur vos genoux.OPHÉLIA. Oui, monseigneur.HAMLET. Pensez-vous que j’eusse dans l’idée des choses grossières ?OPHELIA. Je ne pense rien, monseigneur.HAMLET. C’est une idée naturelle de s’étendre entre les jambes d’une fille.OPHELIA. Quoi, monseigneur ?HAMLET. Rien.OPHÉLIA. Vous êtes gai, monseigneur. ”
Jules Noriac,
Les coquins triomphants. Tome 2
(1869)
“ Si Bertalis, le musicien que tu connais, si Lamicérat, Duc. toi, Andrichard et trois ou quatre amis ne me venaient en aide, je serais fort à plaindre. — A combien peut s'élever ce que nous te donnons? — Peuh! à deux mille francs par mois! — Et cela ne te suffit point? — A moi, si vraiment, mais pas à Ophélia — Tu me disais l'autre jour qu'elle ne dépensait rien. — Elle, la chère créature, c'est une perle: elle, dépenser inutilement un sou! tu ne la connais pas. ”
Harriet Beecher Stowe,
La case de l'oncle Tom; ou, vie des nègres en Amérique
(1879)
“ Hélas 1 dans ce monde, des multitudes d'êtres vivent dans un état tel, que les nerfs de leurs semblables ne peuvent en supporter la simple description. Miss Ophélia était une femme pratique, pleine de résolution et de fermeté ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1838)
“ M. Delmare , tirant alors son fouet de chasse de la poche de sa veste , s'avança d'un air menaçant vers la pauvre Ophélia qui se coucha à ses pieds, en fermant les yeux et laissant échapper d'avance des cris de douleur et de crainte. Madame Delmare devint plus pâle encore que de coutume, son sein se gonfla convulsivement, et tournant ses grands yeux bleus vers son mari, avec une expression d'effroi indéfinissable : — De grâce, monsieur, lui dit-elle, ne la tuez pas ! Ce peu de mots fit tressaillir le colonel. Un sentiment de chagrin prit la place de ses velléités de colère. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ — J’aimais Ophélia. Quarante mille frères — ne pourraient pas, avec tous leurs amours réunis, — parfaire la somme du mien. ”
William Shakespeare,
Oeuvres complètes de Shakspeare…
“ « Si, au temps de la brume, tu demandes un peu de feu, il endosse son manteau ; si tu dis : j’étouffe, il sue. » ↑ Osrick parle ici de Laërtes presque comme Ophélia parlait de Hamlet (acte III, sc. i, vers la fin) . Comparez les deux passages. Le langage d’Ophélia est à peine moins subtil, à peine moins singulier ; mais quelle différence d’accent ! Là, il y a passion et poésie ; ici, il n’y a que politesse d’étiquette et laborieux raffinement d’une exagération banale. On sent bien qu’Ophélia ne parlerait ainsi de personne autre ; Osrick parlerait ainsi de tout le monde. ”
