“ Le monde est bon. Je bénirai la vie. J’aimerai mes frères. Ce ne sont plus des promesses d’enfance. Ni l’espoir d’échapper à la vieillesse et à la mort. Dieu fait ma force, et je loue Dieu. L’ennui n’est plus mon amour. Les rages, les débauches, la folie, dont je sais tous les élans et les désastres, — tout mon fardeau est déposé. Apprécions sans vertige l’étendue de mon innocence. Je ne serais plus capable de demander le réconfort d’une bastonnade. Je ne me crois pas embarqué pour une noce avec Jésus-Christ pour beau-père. ”
Arthur Rimbaud
Résumé
Arthur Rimbaud, dans Œuvres, réunit ses poèmes et proses les plus marquants, explorant des thèmes tels que l'enfer, la danse de l'âme, le cœur en quête de transcendance et le conflit entre le divin et le terrestre. À travers des personnages comme Thimothina ou Césarin, il dépeint des combats intérieurs, des visions apocalyptiques et une recherche d'innocence.
Les textes, imprégnés de mysticisme et de révolte, questionnent le mal, la folie et la rédemption, comme le révèle la citation : « L’enfer ne peut attaquer les païens ». Ce recueil, publié en 1871, reste une somme audacieuse de poésie visionnaire.
Citations de Œuvres (Arthur Rimbaud)
“ Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant ! — Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! ”
“ Quelque temps, une heure après, quand Thimothina m’annonça une collation composée de haricots et d’une omelette au lard, tout ému de ses charmes, je répondis à mi-voix : — J’ai le cœur si plein, voyez-vous, que cela me ruine l’estomac ! — Et je me mis à table ; oh ! je le sens encore, son cœur avait répondu au mien dans son appel : pendant la courte collation, elle ne mangea pas : — Ne trouves-tu pas qu’on sent un goût ? répétait-elle ; son père ne comprenait pas ; mais mon cœur le comprit : c’était la Rose de David, la Rose de Jessé, la Rose mystique de l’écriture ”
