“ « Que tes bienfaits sont grands, ô Seigneur, notre Père, « Toi qui fis les péchés et la mort et l’enfer, « Le crime et le bourreau, la victime et le fer ! « Triple lâche, abusant de ta force infinie « Pour jouir de nos maux et de notre agonie, « Sache que nous valons mille fois mieux qu’un Dieu ! « Notre mépris te frappe au fond de ton ciel bleu, « Mais nous brûlons d’amour et de miséricorde : « Dieu, pour te rendre bon, que le Destin t’accorde « De n’être, un jour, qu’un homme, et de pouvoir souffrir « Et de pouvoir aimer enfin jusqu’à mourir !... » ”
Iwan Gilkin
Résumé
La Nuit d’Iwan Gilkin, poème intense et symbolique, explore des thèmes de violence, de chair, de culpabilité et de quête spirituelle. À travers des images sanglantes, des métaphores lumineuses et des invocations divines, l’œuvre interroge les frontières du péché, la souffrance humaine et la possibilité de rédemption.
Les citations révèlent un dialogue troublant entre le mal et l’amour, le corps et l’âme, avec des figures comme le « bain magique » ou le « cœur impuissant » qui incarnent cette tension. L’œuvre, marquée par une structure lyrique et des images oniriques, invite à une méditation sur l’absurde de l’existence et l’espoir d’un réveil divin.
Citations de La Nuit (Iwan Gilkin)
“ Reniant la clarté du dogme sidéral, J’ai plongé, plein d’effroi, dans la mer des ténèbres, Nageur désespéré, jouet des eaux funèbres, Qu’une implacable nuit prive de tout fanal. J’ai souhaité le Bien, je n’ai fait que le Mal. J’ai douté, j’ai cherché, j’ai scruté les algèbres ; Je connais le secret des énigmes célèbres Et je touche le fond de l’abîme infernal. Il ne me reste rien. Savoir, vertu, qu’importe ? Que me fait tout cela, puisque mon âme est morte Et qu’en mon sein glacé bat un cœur impuissant ? Ah ! bienheureux ceux-là qui peuvent encore dire, Espérant malgré tout dans les pleurs et le sang : ”
“ Enfant trois fois heureux, qui ne vis qu’en mon cœur, Enfant que nul péché ne forcera de naître, Dans mon rêve ébloui, qui seul te donne l’être, Tu rayonnes d’amour, de joie et de bonheur. Je te vois tout mignon, mêlant tes boucles blondes Aux rayons chaleureux et dorés du soleil, Dansant parmi les fleurs comme un oiseau vermeil Et ravissant les bois de chansons vagabondes. Tu ris d’un rire clair, qui réjouit l’azur ; Tes baisers radieux s’en vont à tire d’ailes Aux quatre coins des cieux comme un vol d’hirondelles ; Tes yeux d’ange sont bleus comme un ciel toujours pur. ”
