Adrien Mithouard

Résumé

Adrien Mithouard Récital mystique (1893)

C'est lui qui dans le cœur, à chaque battement, Entre, palpite et passe, en l'âme s'insinue, Et suit ses mouvements et la voit toute nue.
Les pleurs, perles d'argent, sublime réconfort, Sont des gouttes du sang, et c'est du sang que sort La transmission sainte et douce de la vie.
Le sang c'est la liqueur précieuse, ravie A l'homme terrassé par l'homme qui le hait.
Le dernier sacrifice où l'amour se complaît, C'est dans l'effusion du sang qu'il se consomme.
Il est écrit au livre du Deutéronome : « Vous ne mangerez pas le sang des animaux, Mais leur chair. »
Source : Gallica

Adrien Mithouard Récital mystique (1893)

La hulotte gémit dans la forêt : Hou! hou!
Il oubliait déjà son épouse. Le fou!
Cette mare de nuit et ce lac de ténèbres, Ce corps d'ombre étendu d'où, comme des vertèbres, Saillissent des rameaux se tordant dans la nuit, Et l'ondulant contour qui vers l'horizon fuit, C'est l'épouse qui veut qu'on se souvienne d'elle Et qui se plaint. Hou! hou! C'est l'épouse fidèle, L'épouse qui demande un cœur illimite Et qu'il n'a pas étreinte en son immensité.
Que sert-il de lever les yeux vers les étoiles?
Source : Gallica

Adrien Mithouard Récital mystique (1893)

Tout à coup se brisa dans l'ombre un trait de foudre Et la nuit se raya de larges gouttes d'or.
Gautier! Gautier! C'est ton épouse qui se tord Sous l'haleine de feu de la nuit fulgurale, Dans un sursaut d'amour. Un lézard en spirale Trottine sur ton corps pâle. Un frisson le suit.
Gautier, de tes deux yeux fixe l'horrible nuit.
L'averse rafraîchit les pousses. Sur ta claie, La forêt t'enfonce un bourgeon dans chaque plaie.
Ouvre tes yeux tout grands et sans rien voir, Gautier, Pour que l'éclair y plonge à nu son glaive entier!
Parfois une lueur surgit, cinabarine, Et le lointain paraît.
Source : Gallica

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