Résumé

Mary Summer Les héroïnes de Kalidasa et les héroïnes de Shakespeare (1879)

Kâlidâsa se ferait scrupule de laisser le spectateur sous une impression pénible. Shakespeare est tragique comme les Grecs et ne recule jamais devant un dénoûment sanglant ; sans se laisser distraire, il marche à la poursuite d'une idée, s'en empare et la développe ; peu lui importe où elle le conduit. Qui sait mieux, pourtant, devenir léger et gracieux à l'occasion ? cette main qui a tracé d'un pinceau si ferme la vie et la mort de Richard III, le règne d'Henri VIII, la trahison de Macbeth, ne dédaigne pas, à l'occasion, les tableaux d'intérieur.
Source : Gallica

Mary Summer Les héroïnes de Kalidasa et les héroïnes de Shakespeare (1879)

Heureuse créature, que le poète a prise en pitié, et qui n'a pas connu la plus amère des douleurs : celle de survivre à ses
illusions !
Juliette peut-elle bien être la soeur d'Ophélia? Le climat enivrant du Midi a vu naître la fille des Capulets; la vie et le bonheur débordent chez elle. C'est l'unique rejeton d'un père et d'une mère dont elle est l'idole; c'est l'enfant gâtée d'une vieille nourrice ; rien n'a résisté aux caprices de ce jeune tyran. Juliette a seize ans, et tous les gentilshommes de Vérone sont à ses pieds.
Source : Gallica

Mary Summer Les héroïnes de Kalidasa et les héroïnes de Shakespeare (1879)

Le roi est si touché qu'il semble vouloir retenir Ausinarî ; la nymphe, cachée sous un voile divin, entend tout, et à son tour elle tressaille de jalousie. Pauvre Ourvasî ! elle s'est troublée en jouant la comédie devant Indra ; le nom de Pourouravas est sorti de sa bouche au lieu de celui du héros de la pièce; Bharata l'a maudite, mais le maître des dieux, plus indulgent, l'envoie sur la terre, près de celui qu'elle aime.
Aussitôt que l'épouse est partie, la nymphe s'avance sur la pointe du pied ; elle veut surprendre son amant, et d'un geste folâtre couvre avec sa main les yeux du roi.
Source : Gallica

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