“ Aux yeux d’une femme comme Caroline Waddington, George semblait plus digne d’être aimé, alors, qu’au temps où il lui avait d’abord parlé de son amour sur le mont des Oliviers. Il n’était, pour ainsi dire, dans ce temps-là, qu’un enfant, il est vrai, plein d’ambition, de poésie et d’esprit. Ces qualités avaient à peine suffi pour conquérir le cœur de Caroline. Il s’y était joint depuis une ferme volonté, un certain empire sur les hommes, et le don de se faire écouter du public. Or, la puissance et la volonté sont après tout ce que la femme apprécie le plus chez l’homme. ”
Anthony Trollope
Résumé
Publié en 1859, Les Bertram d’Anthony Trollope explore les tensions entre amour, ambition et devoirs familiaux à travers les destins de personnages comme George Bertram, Caroline Waddington et Adela. Ce roman britannique, marqué par des dialogues percutants et des dilemmes moraux, dépeint les enjeux du mariage et la lutte entre les aspirations personnelles et les attentes sociales.
Les thèmes de la volonté, de la loyauté et des conflits intergénérationnels s’entrelacent dans une narration qui remet en question les normes de l’époque, illustrée par des citations révélant la complexité des relations humaines.
Citations de Les Bertram (Anthony Trollope)
“ Il fallait qu’il fût sourd et aveugle, bête ou fou, car avait-on jamais entendu M. Bertram parler ainsi ? « Ce mariage me convient à moi ! » Et c’était un vieux bonhomme millionnaire qui disait cela à son unique neveu ! En somme, qu’exigeait-il ? Que George voulût bien se rapprocher d’une ravissante jeune fille qu’il aimait passionnément et dont il était aimé. Mais George, ainsi que nous l’avons dit, était un imbécile, une taupe, une taupe aveugle, une mule, — la plus têtue et la plus récalcitrante des mules. Il ne voulut pas céder d’une ligne, ni à son oncle ni à ses propres sentiments. ”
“ Mais, Caroline... — Eh bien ? — Il vaudrait mieux que je ne fusse pas forcé d’intervenir. Le monde oublierait que je suis votre cousin, pour se rappeler seulement que j’ai dû être votre mari. — Le monde ! Je n’en suis plus à me soucier du monde. Il m’est indifférent maintenant que tout Londres sache ce qui en est. J’ai aimé, et j’ai rejeté l’amour pour me lier à une brute. J’ai aimé, et j’aime encore ; mais mon amour ne peut m’être qu’une souffrance. Je ne crains pas le monde, mais je crains Dieu et ma conscience. Une fois, pendant un instant, George, j’ai cru que je ne craindrais rien. ”
