“ Comme on a froid ! — Oui, ce sera bientôt fini, répondit Bertram. Quelle singulière vie que celle d’un voyage comme celui-ci ! Quelle intimité entre des gens qui ne se reverront jamais ensuite ! — C’est comme cela que ça finit, je pense. Oh ! monsieur Bertram... — Que voulez-vous ? — Hélas ! je ne sais. Le destin m’a toujours été contraire, et je pense qu’il en sera de même jusqu’au bout. — N’est-ce pas qu’il fait froid ? dit Bertram en boutonnant son paletot, — Bien froid, bien froid ! dit madame Cox. Mais il est quelque chose de plus froid que le temps — de bien plus froid. ”
Bertram
Définition et enjeux
Bertram de Metz, évêque et juriste saxon du XIIe siècle, incarne une figure centrale de l'histoire médiévale, marquée par ses réformes juridiques et son rôle dans les affaires impériales. Des auteurs comme Trollope et Maturin ont utilisé son nom pour explorer des tensions entre pouvoir et individu, entre tradition et modernité.
Trollope, dans Les Bertram, le présente comme un personnage aux relations complexes, tandis que Maturin, dans sa tragédie, en fait un héros confronté à la mort et à la damnation. Ces approches variées révèlent l'ambiguïté de sa légende, entre réforme municipale et répression religieuse, soulignant son rôle indéterminé dans la construction de l'État médiéval.
Citations sur “Bertram”
Charles Robert Maturin,
Bertram, ou le Château de St-Aldobrand…
“ Bertram ! tu touches au moment d’une mort terrible. Pense à l’instant où un voile obscur couvrira tes yeux, et fermera éternellement tes paupières : cet instant s’approche rapidement. (Bertram sourit.) Mais la terreur produit chez toi une joie horrible, et tu es endurci par l’habitude du danger à tout mépriser, même la mort. (Bertram se détourne.) N’y a-t-il rien dans la nature qui puisse t’émouvoir ? Il s’en est trouvé que le Ciel n’a pu fléchir, qui pourtant se sont laissés amollir par les supplications de la vieillesse agenouillée. ”
“ Hélas ! il était évident que M. Bertram n’était pas dans un de ses bons jours. Pendant cette petite conversation, mademoiselle Baker se tenait dans le vestibule pour surveiller le déchargement de son bagage. Elle avait encore son chapeau, son châle de voyage, son manteau et ses grosses bottines, et elle tenait son parapluie à la main. Il y avait dans le vestibule la domestique de M. Bertram et le cocher qui voulait se faire payer. Mademoiselle Baker avait froid, ses dents claquaient et le bout de son nez était tout rouge. ”
