“ Aux yeux d’une femme comme Caroline Waddington, George semblait plus digne d’être aimé, alors, qu’au temps où il lui avait d’abord parlé de son amour sur le mont des Oliviers. Il n’était, pour ainsi dire, dans ce temps-là, qu’un enfant, il est vrai, plein d’ambition, de poésie et d’esprit. Ces qualités avaient à peine suffi pour conquérir le cœur de Caroline. Il s’y était joint depuis une ferme volonté, un certain empire sur les hommes, et le don de se faire écouter du public. Or, la puissance et la volonté sont après tout ce que la femme apprécie le plus chez l’homme. ”
Anthony Trollope
Élements biographiques
Anthony Trollope, auteur britannique du XIXe siècle, se distingue par une analyse fine des dynamiques sociales, des dilemmes éthiques et des conflits familiaux. À travers des œuvres comme Les Bertram, Le Cousin Henry et Le Domaine de Belton, il présente des personnages confrontés à des dilemmes entre leurs aspirations personnelles et leurs devoirs sociaux, souvent marqués par des luttes d’identité et de valeurs.
Son style, mêlant une psychologie affûtée et des dialogues subtils, met en lumière des thèmes tels que les rapports de pouvoir, les liens affectifs et la pression sociale, ce qui le rapproche des réflexions de Jane Austen sur les enjeux de genre et les normes de classe.
Citations de Anthony Trollope
Anthony Trollope, Le Domaine de Belton
“ « Clara me dit que je ressemble à une de vos amies d’autrefois, monsieur Belton ? » Il la regarda attentivement en lui répondant : « Je n’ai pas le droit de l’appeler mon amie, mistress Askerton ; en effet, c’était tout au plus une connaissance, mais vous ressemblez extrêmement à miss Vigo. — Je suis étonnée que les gens n’aient pas plus de ressemblance entre eux. — Il y a souvent des ressemblances, mais pas jusqu’à amener des méprises. Je vous aurais accostée dans la rue en vous appelant mistress Berdmore. — N’ai-je pas entendu prononcer ce nom ici ? » demanda Clara. ”
Anthony Trollope, Le Cousin Henry
“ Mais son irritation contre elle s’apaisait toujours vite et, avant le moment où notre histoire commence, il s’était déjà aperçu qu’Isabel redoutait moins sa colère, que lui-même celle de sa nièce. Elle avait une fermeté que rien ne pouvait vaincre. Elle avait grandi sous ses yeux, forte, courageuse, quelquefois presque hardie, avec une pointe d’originalité ; quand elle avait estimé qu’une chose était juste ou injuste, elle ne revenait pas sur son jugement. Il avait eu, ou peu s’en fallait, peur d’elle, quand il s’était vu forcé de lui dire la décision à laquelle sa conscience l’avait obligé. ”
