“ J’ai le cœur brisé. J’ai aimé ; j’ai aimé cette femme de tout mon cœur, de toute mon âme, de toute la force de mon être, et voyez la fin ! Je sais aujourd’hui ce que veut dire un cœur brisé, je les sens là. Mais pourtant... pourtant... pourtant, Adela, je voudrais essayer une fois encore. Je ne puis rien faire pour moi seul... rien. Si le monde entier était à mes pieds et que je n’eusse qu’à me baisser pour prendre la fortune, le pouvoir, la gloire, je ne me baisserais pas pour la ramasser si je ne pouvais les partager avec un cœur aimant. Adela, il est si triste d’être seul ! ”
Adela
Définition et enjeux
Citations sur “Adela”
“ Ah ! sans doute, un cœur brisé n’est pas tant à redouter, ni les larmes de chaque jour, ni les espérances déçues, ni le désappointement vide et lourd, ni les tristesses amères. Tout cela n’est rien comparé à l’inquiétude de n’avoir pas un garde-manger bien garni ! Oui ! ne vous mariez pas que vous ne soyez parfaitement rassurée de ce côté-là, quelque vide que puisse être le cœur — Adela ! ”
“ Mais comment Effisio ne m’a-t-il pas parlé de cela ? — Il n’en parle à personne ; c’est un amant sérieux. — Bah ! il faut qu’il se console. Tenez, je lui connais, moi, une fille ravissante, que j’aimerais si ce n’était Adela. Mais Adela ! mon cher... Il se mit à exalter les charmes de son adorée et me montra en confidence un ruban qu’elle lui avait donné. Je l’écoutais distraitement, car je venais d’apercevoir Effisedda sortant, en simple jupon, d’une chambre, à peu de distance. La jolie enfant n’était pas de celles qui perdent à se montrer sans toilette. ”
“ Mais Adela n’avait-elle pas été pleine de réserve et de modestie féminines pendant cinq longues années ? La retenue est chose charmante, sans doute, chez une jeune fille, mais il faut qu’elle soit opportune. ”
“ Bertram connaissait-il le secret de son cœur ? Ce secret qui une fois, une seule fois, lui était involontairement échappé, Caroline le lui avait-elle dit ? Avait-elle été à ce point perfide ? — fausse en amitié comme en amour ? — Adela, Adela, pourquoi ne nous sommes-nous pas rencontrés plus tôt dans cette vie ? Oui, — vous et moi. Ces derniers mots il les ajouta après qu’elle eut vivement retiré sa main. Car elle l’avait bien vite retirée, et moins vite relevé son visage tout inondé de larmes pour soutenir bravement tout le poids du regard de Bertram. ”
“ De plus, mademoiselle Baker, tout en aimant beaucoup George Bertram, ne semblait pas du tout envisager son caractère sous le même aspect que Caroline. Grâce à cet état de choses, Adela n’était pas depuis huit jours à Littlebath qu’elle savait le grand secret. Elle aussi, elle avait son secret ; mais elle ne le livra pas en retour. Les secrets comme ceux de Caroline sont faits pour être dits ; mais ces autres secrets qui dessèchent le cœur au lieu de le rafraîchir comme une rosée du ciel, les secrets comme ceux d’Adela, en les confie bien rarement. ”
“ Mademoiselle Gauntlet — espérons que le lecteur n’a pas tout à fait oublié Adela Gauntlet — avait, elle aussi, une tante qui habitait Littlebath ; cette tante se nommait mademoiselle Pénélope Gauntlet, et peu de temps après la fameuse promenade à West-Putford et la petite scène dans le salon du presbytère, que nous avons racontée, il se trouva qu’Adela alla la voir. ”
“ Que pouvait lui répondre Adela ? Chacune des paroles de Bertram lui semblait une vérité, une triste et accablante vérité, une répétition de cette vérité qui lui rongeait le cœur. Elle éprouvait pour lui une entière et cordiale sympathie. Elle ne blâmait pas positivement Caroline ; mais elle admettait, et admettait même très-volontiers que, selon elle, Caroline avait tort. — Si elle a tort ! s’écriait alors Bertram. Mais qui en doute ? Il suffit d’avoir un cœur pour n’en pas douter. Et Adela répondait : En effet, il suffit d’avoir un cœur pour n’en pas douter. ”
Walter Scott,
Les Chroniques de la Canongate
“ Je voudrais bien que nous fussions de l’autre côté des Ghauts, mon cher Sédoc. — Pour ma part, répondit l’esclave, je suis presque déterminé à ne jamais repasser les Ghauts. Écoutez, Adéla, je commence à me dégoûter du plan que nous avons combiné ensemble. La pureté et la confiance de cette créature (appelez-la ange ou femme, comme il vous plaira) font paraître ma conduite trop vile, même à mes propres yeux. Je me sens incapable de vous accompagner plus long-temps dans la carrière hardie que vous parcourez. Il faut nous quitter, et nous quitter amis. ”
Edward Robert Bulwer Lytton, Sandra Belloni. L'anneau d'Amsis… (1866)
“ Lady Gosstree y servirait de chaperon à lady Charlotte, qui, par surcroît de précaution, avait amené à bord un frère plus jeune qu'elle et fort lié avec Wilfrid Pôle. Des trois dames de Brookfield, Adela seule était embarquée, Gornelia n'ayant pas voulu quitter leur père, bien que les soins d'Arabella, la ménagère par excellence, dussent amplement suffire au pauvre vieillard valétudinaire. ”
E.-D. Forgues,
Revue des Deux Mondes
“ Entre leur exemple et celui de la trop naïve Adela Gauntlet, prodiguant à ce pauvre hère d’Arthur les inappréciables trésors d’une abnégation, d’une tendresse presque surhumaine, l’esprit cherche cependant une région moyenne où il puisse échapper à des conclusions par trop absolues, lesquelles le repoussent et l’effarouchent presque également. ”
Edward Robert Bulwer Lytton, Sandra Belloni. L'anneau d'Amsis… (1866)
“ Tenez, reprit lady Charlotte, qui voyait dans une allée le capitaine et miss Adela Pôle causer vivement au bras l'un de l'autre, pour peu que vous vous intéressiez à cette jeune personne, gardez-la de ces bontés suspectes. Préservez-la des lâchetés de vos pareils. Elle n'a pas de frère, n'est-ce pas? ”
“ Mais si cela est, la folie est sienne. — S’il est imprudent, est-ce une raison pour que vous ne soyez pas sage ? — Mais que redoutez-vous, Adela ? Quel mal peut-il en résulter ? Craignez-vous pour moi, pour elle, ou pour Harcourt ? — Je ne redoute aucun mal, aucun véritable mal. Mais ne pensez-vous pas que de tout ceci il peut résulter du chagrin ? Vous semble-t-il qu’elle soit heureuse ? — Heureuse ! qui de nous est heureux ? Qui de nous n’est pas entièrement malheureux ? Elle est aussi heureuse que vous ; et sir Henry, j’en suis persuadé, est aussi heureux que moi. ”
E.-D. Forgues,
Revue des Deux Mondes
“ Sa meilleure confidente, Adela Gauntlet, qui subit en silence l’isolement auquel les lâches scrupules d’Arthur Wilkinson l’ont condamnée, prêche vainement à la belle orgueilleuse le dévouement soumis, l’abnégation sans limites, qu’à sa place elle saurait si bien pratiquer. Caroline s’évalue trop haut pour se donner si généreusement. Mal inspirée dans un moment de dépit, elle se plaint de son amant, non plus seulement à miss Baker ou à miss Gauntlet, mais à cet ami de George qu’il a eu la maladresse de lui présenter, et dont elle suit de l’œil avec admiration le rapide essor. ”
Edward Robert Bulwer Lytton, Sandra Belloni. L'anneau d'Amsis… (1866)
“ Leur visite n'était pas absolument spontanée , au moins celle du premier, qui, après avoir soupiré sans trop de succès pour l'aînée des misses Pôle, s'était insensiblement laissé aller aux coquetteries de la cadette. Adela, rappelée à ses devoirs par une semonce fraternelle et aussi quelque peu par ses propres remords, avait, la veille même, dicté à miss Arabella une épitre dont les termes, habilement combinés, ouvraient la voie' à une réconciliation que Wilfrid déclarait « éminemment désirable. » ”
Delly, Le drame de l'Étang-aux-Biches (1981)
“ Je serai toujours une sauvage, Adélie. Je ne veux pas vivre dans le monde. Si j'étais un homme, je me retirerais dans un lieu désert, comme les ermites d'autrefois. Adélaïde considérait avec perplexité la mince figure un peu tendue, les beaux yeux assombris. Elle sentait qu'Elisabeth parlait sérieusement. ”
Edward Robert Bulwer Lytton, Sandra Belloni. L'anneau d'Amsis… (1866)
“ Lady Gosstree ne se souciait plus guère de prêter sa responsabilité morale aux fugues capricieuses de lady Charlotte et aux coquetteries erratiques de miss Adela, qui, sans trop décourager sir Twickenham Pryme, s'était engagée avec le capitaine Gambier dans une espèce de « petite guerre » passablement périlleuse. Wilfrid n'avait plus qu'une pensée, courir à Londres et savoir ce qu'était devenue Émilia; il alléguait pour prétexte l'état de son père, l'impérieuse nécessité de l'aller rejoindre. Chacun, enfin, avait soif de liberté. ”
“ Les serments des amoureux ne sont que des phrases qui leur servent de prétexte pour parler d’amour. Ce sont les jouets de l’amour, tout comme les baisers. Ce sont de doux liens quand les amoureux ont confiance, mais ils ne lieront jamais ceux qui n’ont pas la foi. Quand Arthur lui avait dit qu’elle seule comprenait ses sentiments, qu’elle seule connaissait, ses pensées, quand elle lui avait répondu par un doux sourire, fallait-il encore autre chose ? Ah ! oui, Adela, il fallait autre chose, il fallait bien plus. ”
“ Vous me direz que je n’aime pas sir Henry. Je lui ai dit que je ne l’aimais pas, dans l’acception générale de ce mot. Mais j’apprécie ses grandes qualités, et je l’épouse avec la ferme intention de faire mon devoir, de me sacrifier pour lui s’il en est besoin, et de me rendre utile dans la position où il me placera. Que puis-je faire de mieux ? Vous, Adela, vous ferez mieux. Je sais que vous trouverez mieux à faire que cela. Il serait meilleur d’avoir aimé et d’avoir épousé par amour le plus pauvre des hommes que Dieu a mis sur cette terre. ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Cahiers personnels ; Notes pour les Journées de Florbelle…
(1953 & 1964)
“ Pendant ce petit dialogue, Adélaïde sonnait. Une sœur ouvre, et, en se jetant aux pieds de la princesse, elle lui dit : — Qui que vous soyez, bénissez-moi, car je suis une grande pécheresse. Adélaïde s’émeut en la relevant : les âmes sensibles s’épanchent, se dilatent toutes les fois qu’on fait vibrer les cordes de leur existence. — Ma sœur, lui dit la princesse, croyez que quelque grands que soient vos péchés, le ciel vous les pardonnera quand il verra votre repentir... Peut-on pénétrer dans cette sainte retraite ? Peut-on s’animer au feu divin de vos âmes célestes ? ”
André-Robert Andréa de Nerciat,
Monrose ou le Libertin par fatalité
(1792)
“ Sachez donc, monsieur, ce qu’est Adélaïde. Bien née, bien élevée, mais pauvre comme un rat, elle fut recueillie par des bigotes qui l’ont placée, pour son édification, comme demoiselle de compagnie chez la baronne, je ne sais comment en demi-odeur de dévotion ; Adélaïde, pourtant, vit avec sa bienfaitrice à la manière de ces temps de caprice et de corruption ; du reste elle est bien, par le cœur, la plus insensible créature qu’il y ait au monde. ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Cahiers personnels ; Notes pour les Journées de Florbelle…
(1953 & 1964)
“ Ainsi que presque toutes les princesses d’Allemagne, Adélaïde était grande et faite à ravir : autant de grâce que de noblesse dans les manières ; autant de finesse que d’instruction dans l’esprit. Naturellement faite pour commander le respect, elle l’inspirait plus souvent que l’amour ”
Ida Saint-Elme,
Mémoires d'une contemporaine. Tome 2
“ Adélaïde, pâle d'effroi, arrive en courant, se jette sur mon lit, et, fondant en larmes: «Oh! mon Dieu!... Oh! madame! Ma pauvre sœur!... C'est le commissaire... Songez à ma pauvre sœur.» Le besoin de consoler et de ranimer Adélaïde me fit retrouver plus de résolution que je n'en aurais eu pour moi-même. ”
Mrs Henry Wood, Le serment de lady Adelaïde. Tome 1 (1878)
“ Et la lady Adélaïde? — Lady Adélaïde était l'une des plus franches et des plus hardies coquettes qui aient jamais fait perdre la tête à un homme; sans mauvaises pensées, après tout, mais absolument sans cœur. En la jugeant sur les apparences, on pouvait la croire douce et charmante. On se trompait du tout au tout. Peu de filles étaient aussi foncièrement égoïstes, quoique peut-être elle n'eût pas conscience de cet égoïsme. Elle était arrivée au château de Dane deux ans auparavant. ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
E.T.A. Hoffmann - Contes fantastiques
“ Les paroles d’Adélaïde me frappèrent en ce moment ; il me sembla que j’avais une secrète intrigue d’amour qui ne pourrait se terminer que par un crime. Les avertissemens de mon grand-oncle revinrent à ma pensée. Que devais-je faire ? Cesser de la voir ; cela ne se pouvait pas, tant que je resterais au château, et je ne pouvais le quitter tout à coup. Hélas ! je ne sentais que trop que je n’étais pas assez fort pour m’arracher au rêve qui me berçait des joies ineffables. Adélaïde me semblait presque une vulgaire entremetteuse, je voulais la mépriser ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Cahiers personnels ; Notes pour les Journées de Florbelle…
(1953 & 1964)
“ Adélaïde, en un mot, est une femme perdue, déshonorée et qui nuirait à votre gloire. — Conduisez-moi vers elle ; c’est avec elle que je veux m’éclaircir ; je ne croirai rien que de sa bouche. — Monseigneur, dit le comte, je ne prétends point vous séparer de votre femme ; il faut qu’elle reparaisse sur le trône, mais elle ne doit plus partager votre lit. Ne vous brouillez point avec le duc de Brunswick, son père ; mais que l’honneur soit aussi sacré pour vous que la politique : en donnant quelque chose à celle-ci, accordez beaucoup à l’autre. ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Cahiers personnels ; Notes pour les Journées de Florbelle…
(1953 & 1964)
“ Le malheur des princes, madame, est de placer souvent leur confiance dans des gens indignes de la posséder : ma naissance et mon inviolable attachement à votre personne ne peuvent faire redouter dans moi de pareils inconvénients. Permettez que je prononce en vos mains le serment d’une éternelle fidélité. — Je vous crois, Mersbourg, répondit Adélaïde : ce que j’ai vu de vous jusqu’à ce moment ne me laisse aucun soupçon sur la franchise de vos sentiments ; et vous ne connaîtrez les chagrins de votre souveraine que pour les adoucir et pour les déguiser... ”
Mrs Henry Wood, Le serment de lady Adelaïde. Tome 1 (1878)
“ Que signifie tout cela, Adélaïde? demanda lord Dane. Avez-vous été effrayée?. Que s'est-il passé? ajouta-t-il presque aigrement, en se tournant vers sa femme, car Adélaïde venait de se cacher la tête entre les mains, comme si elle refusait de répondre. Bruff me dit qu'elle était sur les falaises et qu'elle est revenue au château en criant. Je ne comprends pas. — Je n'y comprends rien non plus, répondit lady Dane. Il est parfaitement vrai qu'elle était sortie, car je l'ai vue et entendue. Il faut que quelque chose l'ait effrayée. ”
Jeanne Louise Henriette Campan,
Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette
(1822)
“ Madame Adélaïde, surtout, eut un désir immodéré d’apprendre ; elle apprit à jouer de tous les instrumens de musique, depuis le cor (me croira-t-on ?) jusqu’à la guimbarde. L’italien, l’anglais, les hautes mathématiques, le tour, l’horlogerie, occupèrent successivement les loisirs de ces princesses. Madame Adélaïde avait eu un moment une figure charmante ; mais jamais beauté n’a si promptement disparu que la sienne. Madame Victoire était belle et très-gracieuse ; son accueil, son regard, son sourire étaient parfaitement d’accord avec la bonté de son ame. ”
Mrs Henry Wood, Le serment de lady Adelaïde. Tome 1 (1878)
“ Lord Dane n'avait nullement l'air convaincu. Quant aux fantômes, il avait toujours cru, jusqu'à ce moment, que s'il existait sur la terre une personne peu susceptible de se laisser dominer par de tels enfantillages, c'était bien lady Adélaïde. ”
Mrs Henry Wood, Le serment de lady Adelaïde. Tome 1 (1878)
“ Lady Dane n'était pas mieux; elle était seulement plus calme, mais de ce calme qui généralement précède la mort. Adélaïde Errol, dans la même après-midi, était assise au chevet du lit de sa tante, seule avec elle : Adélaïde Errol, presque méconnaissable depuis cette nuit fatale où elle avait éprouvé une si terrible frayeur. Pâle, amaigrie, la démarche languissante, dans un état de prostration continuelle, le caractère inégal, rien ne pouvait plus l'intéresser ou la distraire, et les étrangers eux-mêmes commençaient à se demander avec étonnement la cause d'un pareil changement. ”
Mrs Henry Wood, Le serment de lady Adelaïde. Tome 1 (1878)
“ Elle s'assit dans son grand fauteuil, auprès du feu, et Adélaïde resta debout près de la fenêtre.La salle à manger était contiguë au salon, à l'extrémité du château. Une de ses fenêtres faisait face à la mer, et l'autre à Danesheld. La matinée était splendide : le ciel bleu, parsemé çà et là de nuages; les haies commençaient à bourgeonner, les fleurs à s'ouvrir ; vrai jour de printemps ! Ce n'était pas toutes ces charmantes choses que regardait lady Adélaïde. ”
