“ Maudit soit le meurtrier d’Antioco !... Non ! non ! l’injure ne restera pas sans vengeance !... Fedele Nieddu, mes cheveux blancs, te maudissent !... Nos petits enfants te maudissent, Fedele Nieddu ! Et les hommes exécuteront l’arrêt des mères et des épouses ! Soit maudit !... Que ta mort soit cruelle !... Et qu’après ta mort tu souffres encore les tourments des meurtriers, toi qui nous as privés d’un fils ! Le chœur des pleureuses répondit par de longs gémissements, auxquels ceux des assistants se mêlèrent. ”
André Léo
Résumé
"Grazia", œuvre d'André Léo, se déroule dans les montagnes de Nuoro, en Sardaigne, autour de personnages tels que Nieddu, Effisio, Grazia et Raimonda, liés par des conflits de vengeance et de justice. L'histoire aborde les thèmes de la vendetta, du meurtre et des tensions entre honneur familial et concorde.
Les dialogues émouvants et les scènes de conflit mettent en évidence les enjeux moraux d'une société rongée par les cycles de haine. L'auteur interroge la nécessité de briser cette spirale, comme le souligne un passage où un personnage appelle à la clémence pour "honorer la Sardaigne et l'humanité".
Citations de Grazia (André Léo)
“ Je ne connais point d’homme dont le sort soit plus misérable. Est-il heureux le bandito de la montagne, qui n’a d’autre abri, sous la pluie et sous la neige, que des rameaux dépouillés, qui manque de pain et vit de rapines, ou de la charité des pauvres pasteurs ? Est-il heureux l’homme chargé de chaines et couché sur la paille, qui mange le dur pain des prisons ? Tel fut longtemps le bonheur de l’amant d’une fille effrontée, qui ose se vanter d’aimer celui dont elle a gâté et perdu la vie ! ”
“ Au milieu de la foule sympathique et joyeuse qui entourait Nieddu, son cœur aussi battait du même rhythme humain et joyeux. Et en face de lui, au premier rang, se tenait Raimonda, qui fière et à ce moment heureuse, le contemplait, oubliant ses craintes dans l’orgueil de son amour. Il sourit et respira largement. Ses yeux doux et inspirés s’agrandirent, et il se mit à chanter sur un air simple et monotone, que sa voix variait par la seule puissance de l’accent, les vers suivants, en les accompagnant sur la guitare d’accords simples, mais vibrants. ”
