“ Nous rentrions dans Nuoro, et les petits pages au dos rouge et à la poitrine de velours bleu, leur long bonnet noir tombant dans le dos, couraient après la voiture ! Et les femmes passaient, la cruche sur la tête, et la gorge en avant, sous la chemisette blanche, avec leur veste rouge. Et un groupe d’hommes, en capotu et en mastruca, se formait autour de la diligence arrêtée. ”
Citations sur “Nuoro”
“ La diligence de Macomer à Nuoro ne met pas moins de sept heures pour franchir le désert de collines et de ravins qui, à l’exception de Bortigallo et Silanus, deux villages près de Macomer, occupe tout le reste de l’espace. Vers la fin de ce parcours, au commencement de la longue et âpre montée qui aboutit au plateau de Nuoro, j’observais Effisio. Il avait certainement l’intention de se montrer impassible ”
“ Nous passâmes près d’un grand édifice arrondi ; à fenêtres grillées, que mon hôte me montra en prononçant le mot prigione (prison) ; et je ne pus m’empêcher de trouver cette prison bien grande pour ce village. Toutefois, si les maisons généralement, étaient petites et laides, elles étaient, du moins, fort nombreuses, car nous nous marchâmes longtemps. Cette prétendue ville de Nuoro me semblait tout bonnement une agglomération de villages. En revanche, j’étais frappé du costume extrêmement pittoresque de toute cette population ”
“ Tout arrive sain et sauf, on ne sait comment, sauf toutefois les malheureuses bêtes, maigres et flétries à faire pitié. L’Ortobene, qui de Nuoro semble un éventail, se creuse et s’étend au-dessus de la première cime, et c’est sur la seconde, plus élevée, que se trouve le sanctuaire, objet de la neuvaine. Une fontaine est sur le chemin à peu de distance du sommet, et j’y rencontrai des filles norésiennes qui venaient d’en haut chercher de l’eau pour les besoins des fluèles. Ce chemin était bordé de touffes d’yeuse et de tentisque, et çà et là de rochers énormes. ”
“ Faute de grange et de cours, les opérations de l’agriculture se font ainsi dans les champs sur le lieu même, et souvent à deux ou trois heures du village. Bientôt, nous nous engageâmes dans la montagne. Si les chemins qui entourent Nuoro ne reçoivent aucune réparation, on peut croire que ceux de la montagne font leurs affaires eux-mêmes, avec la seule aide des eaux du printemps. Parfois, nos chevaux traversaient une suite de petits monticules et de crevasses, reliés par les racines dénudées des chênes-liéges ”
G. Bruno,
Le Tour de la France par deux enfants
“ Il ne peut vivre en pleine terre que sous les chauds climats de la Provence, du comté de Nice et du Roussillon. — Et la Corse, donc, s’écria l’autre marin. Quel pays, quelle fertilité ! Elle a en raccourci tous les climats. Sur la côte, du côté d’Ajaccio, c’est la douceur du midi ; notre campagne est pleine aussi d’orangers, de lauriers et de myrtes, comme votre pays de Nice, camarade. Nos oliviers sont dix fois hauts comme ceux de votre Provence, patron. Et le cotonnier, le palmier peuvent croître chez nous comme en Algérie. ”
Jules Verne,
Cinq Semaines en ballon
(1863)
“ « Nous ne tarderons pas à voir le Niger, dit le docteur ; la contrée se métamorphose aux approches des grands fleuves. Ces chemins qui marchent, suivant une juste expression, ont d’abord apporté la végétation avec eux, comme ils apporteront la civilisation plus tard. Ainsi, dans son parcours de deux mille cinq cents milles, le Niger a semé sur ses bords les plus importantes cités de l’Afrique. — Tiens, dit Joe, cela me rappelle l’histoire de ce grand admirateur de la Providence, qui la louait du soin qu’elle avait eu de faire passer les fleuves au milieu des grandes villes ! » ”
comte Pierre Paul Raoul Colonna de Cesari-Rocca, Histoire de Corse (1916)
“ C’est Terra Nova, qu’enferme un mur d’enceinte. On y accède par une porte d’entrée placée sons la garde d’un capitaine et de soldats de Gênes; la citadelle, où habitaient le gouverneur et les officiers de sa suite, était entourée d’un fossé et l’on y pénétrait à l’aide d’un pont-levis. De larges rues, des places publiques, l’église paroissiale de Sainte-Marie, qui passait pour la plus somptueuse de l’île, avec ses colonnes en marbre de Corse, les stalles de son chœur, les bijoux, dentelles et broderies conservés dans son trésor. ”
Nouvelles parisiennes (1843)
“ Le Niger 1 c'était déjà une première récompense à tous les maux qu'il avait endurés : le Niger, dont le cours fabuleux est un problème pour la science ! le Niger, cette immense masse d'eau qui près de sa source a déjà trois fois la largeur de la Seine, et qui, dit-on, après un parcours de plusieurs milliers de lieues, se perd et s'évapore dans les sables du désert, ou bien roule ses ondes dans les ondes aussi mystérieuses du Nil, ou bien enfin va déverser ses flots dans le golfe dé Guinée ; le Niger ! qui a servi de tombeau à tous ceux qui ont voulu interroger ses destinées! le Niger ! ”
J. F. Simonot, Lettres sur la Corse , ouvrage destiné à faire connaître la véritable situation de ce pays… (1821)
“ Le philosophe , aigri par le chagrin, s'en prit mal-à-propos au pays où Néron l'avait relegué, et il exala sa bile dans quelques vers acrimonieux, qui ne prouvent rien , que sa mauvaise humeur. Juge-t-on les mœurs d'un peuple, du haut d'une tour, dans laquelle on est retenu prisonnier? Il connaissait même si peu la Corse , qu'il dit positivement qu'elle manque d'eau , tandis que cette île est arrosée par une multi- tude prodigieuse de rivières, de ruisseaux et de fontaines , et qu'il y a plusieurs lacs , l'un desquels est situé sur le sommet de la plus haute montagne. ”
Eugénie Dutheil de La Rochère, Tebaldo, ou Le triomphe de la charité… (1856)
“ Les Bastièses, par exemple, et les habitants de toutes les villes du littoral, les paysans même de la Balagne 11, du Nebbio 12 ou du cap Corse, cette partie de l'île la plus laborieuse et la plus rapprochée de la civilisation, ressemblent-ils, croyezvous, aux montagnards de Sartène, d'Ajaccio ou de Corte? Les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Sarrasins, les Aragonais, les Pisans, les Génois, les Anglais, les Français, ont tour à tour possédé la Corse ; chacune de ces nations a imprimé le sceau de son passage sur les populations indigènes. ”
Charles de Susini, La Corse et les Corses : opinions et documents (1906)
“ Dans le Niolo, les habitants sont tous bergers et leur vie n'est qu'une perpétuelle migration de la plaine à la montagne et de la montagne à la plaine. Les pâturages du littoral et ceux de la haute vallée du Golo, sont leurs Pouilles et leurs Abruzzes. Au cap Corse, au contraire, la population adhère fortement au sol. Patiente et laborieuse elle lutte avec courage contre un terrain semé de rochers A Cargèse, on est en Morée; rite, langage, coutumes y sont demeurés maïnotes. Aux environs même du territoire de la colonie, tout concourt à compléter l'illusion. ”
“ Si l’on jette les yeux sur une carte, on voit que, par le dernier arrangement franco-anglais, le littoral de Guinée et la vallée du Niger ont été partagés entre la France et l’Angleterre en deux parties à peu près égales : mais combien est inégale leur valeur ! Le lot détenu par l’Angleterre comprend la côte d’Or, Lagos et la vallée du bas Niger. La côte d’Or est de beaucoup la partie la plus riche, la plus commerçante, la plus industrieuse et la plus peuplée de la côte de Guinée. ”
Théodore Pein, Lettres familières sur l'Algérie… (1871)
“ A la noria ; et notez que nous ne voyons qu'une moitié de ce qui pousse dans ses jardins, car le chemin de fer se gêne peu pour enlever l'autre, sans même s'informer s'il en laisse assez. Ne peut-on, en Algérie, créer des oasis avec la noria, comme on en créerait avec les sources naturelles et les puits artésiens? Il faut dire qu'on y a songé. On a l'ait, dans le pays, quelques essais de noria ; mais c'était la noria en bois avec des godets idem, ou en poterie ou en cuir, la chaîne sans fin était une corde d'halfa. ”
comte Pierre Paul Raoul Colonna de Cesari-Rocca, Histoire de Corse (1916)
“ Les fiers descendants de Sambocuccio, de Sampiero et de Paoli, les fils de ceux qui tombèrent à Ponte-Novo pour la liberté—durement acquise—et pour la patrie expirante, ont l’âme trop haute pour se résigner à une vie mesquine, à un rôle effacé... Et la Corse, que son isolement insulaire met à l’écart des trépidations d’un monde américanisé, s’ouvre au progrès qui féconde la glèbe et enracine un peuple. ”
comte Pierre Paul Raoul Colonna de Cesari-Rocca, Histoire de Corse (1916)
“ La vaste conque granitique du Niolo, d’où le Golo s’échappe par des gorges sauvages, abrite un peuple de bergers «couverts de poils» qui ont gardé, notamment dans la piève d’Asco, les mœurs d’autrefois. C’est une race de travailleurs, rude et vaillante. «Nulle part, dit un vieux dicton corse, on ne travaille{2} autant que dans le Niolo.» Entre les hautes vallées du Golo et du Tavignano, sur un seuil élevé, Corte commande le passage de l’Ouest à l’Est: ce fut, au XVIIIe siècle, le centre politique de l’île. ”
Bernard Louis Chauvelin, Mémoires historiques sur la Corse par un officier du régiment de Picardie… (1889)
“ Qu'on pèse chaque difficulté, et qu'on juge si l'on est fondé, depuis le peu d'années que la Corse appartient à la France, d'exiger de ce peuple la même industrie que des Français. Je vois que dans les villes et leurs environs, où la tranquillité a dû être établie, plus soutenue et plus fréquente que dans l'intérieur du pays, les habitants y travaillent leurs terres comme ailleurs. Peut-être bien, n'y font-ils pas autant d'ouvrage dans un jour que nos cultivateurs mais ils y restent toute la journée, et tous les jours de la semaine. ”
Pierre Conte-Grandchamps, La Corse : sa colonisation et son rôle dans la Méditerranée… (1859)
“ Opposez à l'isolement de la Corse un courant régulier de voyageurs et d'émigrants, qui traverseront l'île dans toute sa longueur pour se rendre de France en Italie ou en Afrique ; aux rivalités des familles puissantes, une justice égale pour tous ; au mépris du travail, la colonisation ; établissez des rapports quotidiens entre la Corse et les continents voisins; ouvrez des communications faciles entre les deux versants principaux de la Corse et entre les divers bassins de chaque versant ; donnez à la Corse l'unité qui lui manque ”
Louis Gustave Binger,
Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi…
“ Nous verrions ainsi nos nationaux créer leurs établissements principaux au Cavally, aux Bériby, à la rivière San Pedro, au rio Sassandra, au Fresco, au Lahou, aux Jack-Jack avec le bassin de l’Isi, à Grand-Bassam avec le bassin du Comoë, à Assinie avec le bassin du Tendo et la rivière Bia.De proche en proche, chaque compagnie gagnerait du terrain vers l’intérieur, créerait de nouvelles factoreries avec des écoles, et la civilisation pénétrerait ainsi comme un coin jusqu’au centre de la boucle du Niger. ”
Eugène Lenfant,
Le Niger, voie ouverte à notre empire africain…
(1905)
“ Le Niger est large. A chaque inflexion du fleuve, nous retrouvons des bancs de sable très fin qui se déplacent, s'allongent ou s'élargissent chaque année sous l'influence de la crue.et de ses apports. Nous défilons devant des villages aux cases rectangulaires, entourées de murs en paille tressée recouverte de quelques poignées de boue, habitations misérables qui contrastent avec les cases si propres et si bien faites des Peuls du Moyen Niger que j'ai vues dans mes précédents voyages. ”
Anton-Pietro Filippini, Histoire de la Corse : comprenant La description de cette île… (1888-1890)
“ Ils avaient avec eux quelques Corses de la compagnie de Niccolô qui les guidèrent fidèlement par des lieux sûrs. Pendant la route, Niccolô recueillit les fruits de l'accueil bienveillant qu'il avait fait aux Corses pendant qu'il était à Bastia, parce qu'il n'y eut pas de paysan qui, en le rencontrant, ne se montrât très heureux de lui faire tous les plaisirs et toutes les politesses possibles. Ce qui prouve bien que les Corses, quoique naturellement vindicatifs, n'oublient pas les services reçus et se laissent plus facilement conduire par la douceur que par la sévérité. ”
Charles de Susini, La Corse et les Corses : opinions et documents (1906)
“ Voilà la Corse et voilà l'Algérie. Un jour, et il n'est pas loin peut-être, on maudira le passé, et la France se rappellera avec amertume qu'avec une fraction des trésors dévorés par l'Algérie, elle aurait achevé une œuvre immense, la civilisation du plus beau département de la France, celui qui donne des hommes fiers de l'être, du fer et des forêts séculaires, en un mot de braves matelots et un matériel naval, ce qui fonde la puissance du monde. ”
Georges François, L'Afrique occidentale française (1907)
“ Les régions dont il s'agit sont parmi les plus riches et les plus peuplées de l’Afrique occidentale française ; l'immense vallée du Niger en est l’axe et détermine leur unité. Les intérêts commerciaux y sont déjà considérables, les richesses minières certaines; quant à leur valeur agricole, elle est indiscutable, et c’est à juste titre qu’est escompté,dès maintenant, l’avenir prochain qui verra la vallée du Niger devenir un des grands centres de production cotonnière du monde. ”
E Josset, Cours Moyen et Supérieur. A travers nos colonies… (1901)
“ Après Timbouctou, les plateaux du Sahara, auxquels se heurte le Niger, le forcent à changer de direction. Il coule vers l'est, devient plus impétueux, bondit de rapide en rapide ; puis, prenant sa course vers le sud, il traverse le Soudan et vient finir, au fond du golfe de Guinée, par un vaste delta. Dans la partie inférieure de son cours, le Niger est un fleuve anglais. — Quel malheur que ce beau et grand fleuve ne soit pas français des sources à l'embouchure ! dit Louis, avec un sincère accent de regret. ”
Philippe Le Bas, France. Dictionnaire encyclopédique… (1843)
“ Le-Niolo, situé dans les hautes montagnes limitrophes de la Balagne, est sans contredit le pays le plus original de la Corse, tant à cause de l'âpreté de la nature physique qu'à cause des mœurs de ses habitants. La végétation y est celle des pays du Nord. La terre, couverte de neige une grande partie de l'année, fournit cependant du seigle et quelque peu de blé. On y trouve les deux lacs d'Ino et de Creno, qui sont comme les deux grands réservoirs de la Corse. Le premier donne naissance au Golo, qui, allant de l'ouest au nord-est, se jette à la mer dans la plaine de Mariana ”
Charles de Susini, La Corse et les Corses : opinions et documents (1906)
“ La Corse ne leur doit ni construction de routes, ni dessèchement de marais, ni monuments, ni ports, ni usines; ils sont nés, ils sont morts; ils n'ont laissé qu'un souvenir et des partis. Des adversaires, des inimitiés, voilà tout ce qui a survécu à leur passage rapide; voilà ce qui arrête encore, dans la belle contrée qui vit naître ces hommes remarquables, la marche de l'agriculture, de l'industrie, de la civilisation. ”
Napoléon Susini, Élections insulaires. Discours aux Corses… (1871)
“ La vraie République est née en Corse. L'inégalité insensible dans les fortunes, la subriété, les difficultés de la vie presque partout les mêmes chez nos ancêtres corses, le fier sentiment de la liberté qui les a toujours animés, tout les a portés à proclamer, les premiers en Europe, l'égalité politique des citoyens. ”
Jan Hendrick van Boudyck Bastiaanse, Voyage à la côte de Guinée, dans le golfe de Biafra… (1853)
“ Chacun le sait, les Nègres de la côte de Guinée sont de leur nature paresseux, voleurs, fourbes et trompeurs. L'influence de la civilisation européenne parviendra-t-elle à leur faire comprendre l'odieux de pareils vices et peut-être alors à les en corriger? ”
Antoine François Bartoli, Histoire de Pascal Paoli, ou Un épisode de l'histoire de la Corse (1889)
“ S'il y a encore malheureusement des bandits, des inimitiés sanglantes, des vendette, l'agriculture, le commerce et l'industrie ont. pris un grand développement ; développement qui s'accentuera de plus en plus fort par la progressive exploitation des voies ferrées déjà construites, en voie de construction ou projetées ; l'instruction est répandue dans toutes les classes de la société ; la civilisation a fait d'immenses progrès ; et, aujourd'hui, la Corse n'a guère rien à envier, sous bien des rapports, à beaucoup de départements français. ”
Pierre Conte-Grandchamps, La Corse : sa colonisation et son rôle dans la Méditerranée… (1859)
“ Ces difficultés elles-mêmes font sentir plus vivement la nécessité d'une solution, et conduisent à l'étude d'un plan général de colonisation approprié à la configuration du pays, à la nature du sol et au caractère des habitants. MODE DE CULTURE LE PLUS FAVORABLE A LA CORSE. - Les parties les plus riches et les mieux cultivées de l'île, c'est-à-dire le Cap-Corse, le Nebbio, la Balagne et la Castaniccia, sont couvertes d'oliviers et de châtaigniers; des maisons saines, des villages bien bâtis, annoncent des populations dans l'aisance. ”
