“ Si je monte sur une hauteur et que je regarde au-dessous de moi, je remarque combien la terre est basse. Si je suis dans une plaine et que je lève les yeux, je suis frappé de la hauteur d’une montagne. ”
Monte
Définition et enjeux
Citations sur “monte”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo
“ CE QU’ON ENTEND SUR LA MONTAGNE. O altitudo ! Avez-vous quelquefois, calme et silencieux, Monté sur la montagne, en présence des cieux ? Était-ce aux bords du Sund ? aux côtes de Bretagne ? Aviez-vous l’océan au pied de la montagne ? Et là, penché sur l’onde et sur l’immensité, Calme et silencieux, avez-vous écouté ? ”
Élisée Reclus,
Histoire d’une montagne
“ Pour la première fois depuis bien longtemps, j’éprouvai un mouvement de joie réelle. Mon pas devint plus allègre, mon regard plus assuré. Je m’arrêtai pour aspirer avec volupté l’air pur descendu de la montagne. Dans ce pays, plus de grandes routes couvertes de cailloux, de poussière ou de boue ; maintenant j’ai quitté les basses plaines, je suis dans la montagne non encore asservie ! Un sentier, tracé par les pas des chèvres et des bergers, se détache du cheminot plus large qui suit le fond de la vallée et monte obliquement sur le flanc des hauteurs. ”
Alphonse de Lamartine,
Méditations poétiques
“ Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ; Je promène au hasard mes regards sur la plaine, Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds. Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes, Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ; Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes Où l’étoile du soir se lève dans l’azur. Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres, Le crépuscule encor jette un dernier rayon, Et le char vaporeux de la reine des ombres Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon. Cependant, s’élançant de la flèche gothique, ”
Gaston Deschamps,
Sur les routes d'Asie
(1894)
“ La montagne largement étalée, tantôtronde et onduleuse, tantôt creusée par de brusques crevasses, semble défiler devant nous, avec ses gradins de rochers couleur de perle et l'ombre de ses profondeurs bleues. A mesure que le soleil monte On voit plus nettement les mûriers et les oliviers de la côte, les hameaux couchés aux pentes des collines, et les cimes nues, sillonnées,de torrents et de sentiers. ”
Various, Le Tour du Monde; Île d'Elbe
“ Nous le verrons ici méditer de bâtir, comme un Louis de Bavière, quelque fantastique palais sur les pics de Volterrajo, s'extasier sur le Monte Giove de l'infini du ciel et des nuées qui l'enveloppent, de ses nuits ruisselantes d'étoiles, et aimer à se perdre sous les ombrages touffus, aux sources murmurantes de la montagne de Marciana. ”
Anthologie des poètes du Midi…
“ L’air où se propageaient vos ondes musicales. Et le cloître tintant de leur vol éperdu Paraissait par degrés s’enlever de la terre, À cet alléluia sonore suspendu, Comme un oiseau divin monte dans la lumière. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
“ «Monte-Cristo! dit-il, n'oubliez pas Monte-Cristo!»Et il retomba sur son lit. La crise fut terrible: des membres tordus, des paupières gonflées, une écume sanglante, un corps sans mouvement, voilà ce qui resta sur ce lit de douleur à la place de l'être intelligent qui s'y était couché un instant auparavant.Dantès prit la lampe, la posa au chevet du lit sur une pierre qui faisait saillie et d'où sa lueur tremblante éclairait d'un reflet étrange et fantastique ce visage décomposé et ce corps inerte et raidi. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
“ L’œil du comte se dilata : il savait que l’insulte d’Albert à Monte-Cristo avait été terrible, qu’une pareille insulte, dans tous les pays du monde, entraînait un duel à mort. Or, Albert rentrait sain et sauf, donc le comte était vengé. Un éclair de joie indicible illumina ce visage lugubre, comme fait un dernier rayon de soleil avant de se perdre dans les nuages qui semblent moins sa couche que son tombeau. ”
H. de Amicis, Petits hommes, grandes montagnes (1927)
“ A chaque pas de la montée une nouvelle pointe lointaine, qui semble faite de la substance des nuées, azurée, évanescente, dresse la tête du fond d'une vallée inconnue pour nous regarder, curieuse, derrière les autres ”
Charlotte Dacre,
Zofloya, ou Le Maure (1806)
“ Demain, à la pointe du jour, trouvez-vous dans la forêt : vous suivrez le sentier obscur que vous trouverez à votre gauche, et monterez le rocher qui est au-dessus du bois ; quand vous serez tout en haut, vous verrez un vallon sous vos pieds ”
Sully Prudhomme,
Œuvres de Sully Prudhomme/Poésies 1865-1866
“ J’entends le bruit égal des eaux ; Le feuillage, humble et que nul vent ne berce, Se penche et brille en pleurant sous l’averse ; Le deuil de l’air afflige les oiseaux. La bourbe monte et trouble la fontaine, Et le sentier montre à nu ses cailloux. Le sable fume, embaume et devient roux ; L’onde à grands flots le sillonne et l’entraîne. Tout l’horizon n’est qu’un blême rideau ; La vitre tinte et ruisselle de gouttes ; Sur le pavé sonore et bleu des routes Il saute et luit des étincelles d’eau. Le long d’un mur, un chien morne à leur piste, Trottent, mouillés, de grands bœufs en retard ; ”
Maurice Saint-Chamarand, A genoux devant la Gaule... (1936)
“ Et, de place en place, au fur et à mesure de l'étroite et lente montée, la noble et blanche ou verte montagne, se fond, s'amplifie, s'élève un peu plus, disparaît ou mieux semble disparaître et se travestir en buissons, forêts, rochers et pâturages grimpants, à la vue de l'âme et des yeux. ”
Rudyard Kipling,
Revue des Deux Mondes
“ La montagne fait monter son ravitaillement et ses troupes pendant des milles et des milles sur des routes neuves qui se détachent des grandes artères de la circulation et se divisent en sentiers de mules et sentiers de piétons, se ramifiant à la fin contre les rochers nus et formant un réseau aussi fin et aussi grêle que les racines dessinées sur un diagramme d’histoire naturelle pour illustrer l’attraction capillaire. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
“ Bertuccio sortit. Tous les transports d’une fille revoyant un père chéri, tous les délires d’une maîtresse revoyant un amant adoré, Haydée les éprouva pendant les premiers instants de ce retour attendu par elle avec tant d’impatience. Certes, pour être moins expansive, la joie de Monte-Cristo n’était pas moins grande ; la joie pour les cœurs qui ont longtemps souffert est pareille à la rosée pour les terres desséchées par le soleil : cœur et terre absorbent cette pluie bienfaisante qui tombe sur eux, et rien n’en apparaît au dehors. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
“ Mercédès prononça ces paroles avec une douleur si puissante, avec un accent si désespéré, qu’à ces paroles et à cet accent un sanglot déchira la gorge du comte. Le lion était dompté ; le vengeur était vaincu. — Que demandez-vous ? dit-il ; que votre fils vive ? eh bien ! il vivra ! Mercédès jeta un cri qui fit jaillir deux larmes des paupières de Monte-Cristo, mais ces deux larmes disparurent presque aussitôt, car sans doute Dieu avait envoyé quelque ange pour les recueillir, bien autrement précieuses qu’elles étaient aux yeux du Seigneur que les plus riches perles de Guzarate et d’Ophir. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
“ Et il voulut s’élancer après Monte-Cristo ; mais, comme dans un rêve, il sentit ses pieds prendre racine, ses yeux se dilatèrent à briser leurs orbites, ses doigts recourbés sur la chair de sa poitrine s’y enfoncèrent graduellement jusqu’à ce que le sang rougît ses ongles ; les veines de ses tempes se gonflèrent d’esprits bouillants qui allèrent soulever la voûte trop étroite de son crâne et noyèrent son cerveau dans un déluge de feu. Cette fixité dura plusieurs minutes, jusqu’à ce que l’effroyable bouleversement de la raison fût accompli. ”
“ Il est impossible de remonter la rivière rapide sur laquelle vous êtes arrivés par miracle, et qui court sous des voûtes de rochers. Les montagnes qui entourent tout mon royaume ont dix mille pieds de hauteur, et sont droites comme des murailles: elles occupent chacune en largeur un espace de plus de dix lieues ”
A. Cros, Éléments de géographie (1849)
“ Les arbres et les plantes s'y trouvent en variétés infinies. Sur la terre, on voit des plaines ou vallées, des coteaux ou collines, et des montagnes. Une vallée est une terre basse bornée par des coteaux ou des montagnes ; lorsque cette terre a une certaine étendue, on l'appelle plaine. Chaque vallée est presque toujours traversée par une rivière.Les coteaux, ou collines , sont de petites élévations sur la terre. Vous pouvez facilement monter sur la cime d'un coteau. Les montagnes sont des élévations considérables sur la terre. Il est difficile de faire l'ascension d'une montagne. ”
“ nous nous figurionsQue la vague immobile et lourde des sillonsNe laissait rien flotter ! Mais les plaines racontent,Et la terre, ce soir, a des morts qui remontent ! ”
Adam von Bartsch,
Catalogue raisonné de l'oeuvre d'estampes de Martin de Molitor…
(1813)
“ Une femme traversant à gué un ruisseau coulant au pied d'un rocher surmonté d'arbres et d'arbrisseaux. Le côté droit offre un lointain montueux. 6. Pays montueux. On remarque au milieu du devant un homme vu par le dos , marchant sur un chemin élevé, en passant près de deux pins dont les touffes s'élèvent d'un creux. ”
Friedrich Nietzsche,
Ainsi parlait Zarathoustra
(1891)
“ Je trace des cercles autour de moi et de saintes frontières ; il y en a toujours moins qui montent avec moi sur des montagnes toujours plus hautes : j’élève une chaîne de montagnes toujours plus saintes. ”
George Sand,
Promenades autour d’un village
“ C'est le paradis et le chaos que l'on trouve tour à tour; c'est une suite ininterrompue de tableaux adorables ou grandioses, changeant d'aspect à chaque pas, car la rivière est fort sinueuse, et, comme en bien des endroits elle bat le rocher, il faut monter et descendre souvent, par conséquent voir de différents plans, toujours heureux, ces sites merveilleusement composés et enchaînés les uns aux autres comme une suite de rives poétiques. ”
Gérard de Nerval,
Les Filles du feu
“ Je me trouvais dans un lieu désert, une âpre montée semée de roches, au milieu des forêts. Une maison, qu'il me semblait reconnaître, dominait ce pays désolé. J'allais et je revenais par des détours inextricables. ”
“ Ceci est une parabole triviale, applicable à l’histoire. La montagne, c’est l’Église romaine, qui, dans le passé, domine le monde de sa hauteur et de sa puissance. Le lac profond, c’est l’hérésie, dont la source mystérieuse cache des abîmes et ronge la base du mont. Le voyageur, c’est vous, si vous imitez l’Anglais, qui ne songea point à regarder derrière lui. ”
Jean Coste, Mes quatre premières années de montagne (1927)
“ Imaginez, sous un ciel toujours bleu, au creux de deux montagnes qui changent de couleur à chaque instant du jour, imaginez un vallon dont le sol est un tapis de verdure et de fleurs. Le vent y chante dans les mélèzes et le torrent sur les cailloux. Tout y est fraîcheur, tout y est poésie, on s'y sent heureux même à l'ombre de cette roche altière d'allure monumentale, la Tour. ”
Various, Le Tour du Monde; Dauphiné
“ Ces deux montagnes se distinguent de toutes celles que nous avons vues jusqu'ici par les crêtes abruptes, les arêtes vives des grands et beaux rochers arides de leur sommet; quand le soleil les dore de ses plus chauds rayons, leur couleur éclatante fait un contraste saisissant avec les teintes, plus foncées et plus pâles tout à la fois, des tapis de gazon ou des bois qui s'étendent en pente douce de leur base jusqu'au fond de la vallée. ”
Amédée Achard,
Un Mois en Espagne (octobre 1846…
(1847)
“ Le ciel était en feu et la plaine aride, quand tout à coup nous avons vu se dresser devant nous les masses abruptes d'une montagne où se hérissaient de toutes parts des rochers monstrueux. Un torrent déchire la montagne et la route suit le torrent qui se brise, écume et rampe. La route mord sur le roc pour se frayer un passage à toute minute étranglé par les pans de la montagne, qui se rapprochent et poussent dans l'air des pics informes et des arêtes décharnées. ”
Théodore Pavie,
Revue des Deux Mondes
“ Là, dans un repli du terrain, vous semblez comprimé au fond d’un vaste entonnoir de rochers ; voici qu’une nuée vous enveloppe soudain : tout disparaît à vos yeux, et les mornes sombres qui vous barraient la vue, et le ravin qui ouvrait un abîme à votre gauche, et le torrent qui se précipitait à vos pieds. La pluie tombe, un souffle de brise s’élève, déchire le voile de vapeurs, les emporte du fond du vallon à la crête des monts, et l’éclaircie vous montre les flancs de la montagne tout sillonnés d’éclatantes cascades. ”
Étienne Pivert de Senancour,
Oberman
(1804 - 2e éd, 1833)
“ A votre gauche, les montagnes s’ouvrent, une vallée tranquille s’étend dans leurs profondeurs, un torrent descend des cimes neigeuses qui la ferment ; et quand le soleil du matin paraît entre les pics glacés, sur les brouillards, quand des voix de la montagne indiquent les chalets, audessus des prés encore dans l’ombre, c’est le réveil d’une terre primitive, c’est un monument de nos destinées méconnues ! ”
“ J’ai vu dans les vallons, au pied des monts superbes Le ruisseau tapageur s’endormir murmurant ; J’ai vu dans les vallons couverts de fleurs et d’herbes, La source qui dormait au pied des monts superbes S’élancer de son lit comme un fougueux torrent. ”
Auteur :Zacharías L. Papantōníou, Les Hautes Montagnes
“ Les rochers ressemblaient à d’énormes maisons dont on ne sait pas qui les habite. Sur les falaises poussaient des chênes verts et des arbousiers. Ailleurs elles étaient nues et abruptes comme si on les avait tranchées d’un coup d’épée. Le rocher par-dessus le rocher, la colline par-dessus la colline, c’est ça la montagne. Tout était immense. Et le chemin montait tout en zigzags vers ces hauteurs. Ravis de ce spectacle les jeunes voyageurs regardaient vers les sommets. ”
Marcel Rouff,
Montagnes, édition illustrée de nombreuses photographies
(1931)
“ De nombreux montagnards seront très probablement d' accord avec moi que , dans la montagne , le charme du paysage se trouve à chaque pas gagné sur le monde d' en haut . L' étrange succession des neiges , des rochers , d' une arête dans leur grandiose nudité , de la crevasse large , bleue , aux franges de glace , des grandes dalles lisses aux pentes à pic vers l' espace qui apparaît sans fond , tout cela , en détail comme dans l' ensemble , n' est pas moins admirable que l' horizon sans fin du panorama des sommets . ”
Siméon Pécontal, Ballades et légendes, par Siméon Pécontal (1846)
“ La plaine se perd loin de nous ! Dieu ! que ce sentier est sauvage ! Mon couisier est dans le nuage ! Noirs Esprits, que me voulez-vous? — Viens avec nous. — Tu vas trouver douce compagne, Plaisirs d'amour, plaisirs si doux, Car te voilà sur la montagne Pour danser la ronde avec nous. Soudain la montagne frissonne ; La tempête hurle et bouillonne, De la ronde c'est le signal : Elle s'effare, tourbillonne, Et, sous l'éclair qui l'aiguillonne, Commence le cercle infernal. ”
Charles Delon, Cent tableaux de géographie pittoresque… (1882)
“ Voyez cette belle vallée, largement ouverte au pied de la grande chaîne neigeuse, entre les versants de deux chaînons de contreforts. Comme elle semble bien à l'abri, sous ces remparts énormes qui la défendent! — La montagne est belle ; mais, avec ses orages soudains et ses tempêtes, ses neiges, son hiver sans fin, ses rochers et ses précipices, c'est un séjour effrayant et sauvage, bon pour les chamois et les ours. non pas pour nous. Ses pentes de rochers nus se refusent à toute culture. On peut la parcourir pour en admirer les magnifiques paysages ”
Abrégé d'histoire de la Savoie en 10 leçons… (1913)
“ La montagne qui borne l'horizon, la rivière qui traverse la plaine, la mer éternellement changeante, les mille aspects de la nature environnante, feront le sujet d'intéressantes causeries géographiques et fixeront dans son esprit les premières notions générales. ”
“ Et, comblant les vallons et rasant les coteaux, D’un sol heureux formoit d’insipides plateaux. Par un contraire abus l’art, tyran des campagnes, Aujourd’hui veut créer des vallons, des montagnes. Évitez ces excès. Vos soins infructueux Vainement combattroient un terrein montueux ; Et dans un sol égal, un humble monticule Veut être pittoresque, et n’est que ridicule. Désirez-vous un lieu propice à vos travaux ? Loin des champs trop unis, des monts trop inégaux, J’aimerois ces hauteurs où, sans orgueil, domine Sur un riche vallon une belle colline. ”
Théophile Gautier,
Les Vacances du lundi. Tableaux de montagnes…
(1881)
“ De l' autre côté du gouffre hérissé de sapins et de roches où court l' Eau noire avec une rapidité convulsive , dans une ombre où ne descend jamais un rayon de soleil , au fond d' une coupure de quelques pieds , invisible parfois et trahie seulement par ses sourds abois , s' élève une montagne plus haute encore que celle qui donne son nom au défilé . ”
