“ Pourquoi l’homme ne peut-il subsister éternellement comme le ciel et la terre ? C’est parce qu’il se laisse aveugler par ce qu’il voit et ce qu’il entend, parce qu’il se laisse séduire par ses sensations et ses perceptions. Son corps, qui n’est qu’une chose illusoire, l’enchaîne comme des ceps de fer ; il recherche avec trop d’ardeur les moyens de vivre, et ne sait pas étouffer les passions désordonnées ni les appétits sensuels. De là vient que le saint homme déracine et expulse les illusions du siècle ; il s’abaisse pour nourrir sa volonté, et il oublie son corps pour conserver sa pureté. ”
Lao Zi
Résumé
Le Tao Te King, attribué à Lao Zi, est un texte fondateur du taoïsme, explorant les principes du Tao (le chemin universel) et la vertu parfaite. À travers des paraboles et des maximes, il encourage à la simplicité, à l'humilité et à la non-contrainte, dénonçant les excès des désirs humains et des richesses.
Les thèmes de l'harmonie avec la nature, la soumission au ciel et la recherche de la paix intérieure dominent, illustrés par des réflexions sur la vie, la mort et la relation entre l'individu et l'empire. Ce texte, richement commenté, demeure une référence majeure pour comprendre la philosophie taoïste.
Citations de Tao Te King (Lao Zi)
“ Qui pourrait, comme le Tao, suffire complètement au travail qu’exige la production des êtres, et ne refuser à aucun d’eux l’assistance dont il a besoin ? Lorsqu’un homme a acquis du mérite, il ne manque pas de s’y attacher (et de s’en faire gloire) . Qui pourrait, comme le Tao, parvenir au comble du mérite et le regarder comme s’il lui était étranger ? Si quelqu’un nourrit lui-même un enfant, il devient nécessairement son maître. Qui pourrait, comme le Tao, porter au suprême degré la vertu qui fait aimer et nourrir les êtres, et ne pas les regarder comme son bien particulier ? ”
“ Quand les hommes du siècle regardent le ciel avec leurs yeux, ils n’en voient qu’un coin étroit ; ils ne peuvent le découvrir dans son immensité. Quelquefois un homme fait le bien et tombe dans le malheur ; quelquefois il fait le mal et obtient le bonheur. Le peuple ne doute point que le filet du ciel n’ait des mailles trop larges et que beaucoup de coupables n’échappent à leur châtiment. Mais, si l’on sait attendre la fin, on ne tarde pas à reconnaître que si le filet du ciel est vaste, si les mailles paraissent écartées, cependant il ne laisse échapper aucun coupable. ”
